Le huard à 75 ¢US, prédit Louis Vachon

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Le dollar à 75 ¢US, «c'est une bonne nouvelle pour l'économie du Québec, car nous sommes de gros exportateurs», affirme le président et chef de la direction de la Banque Nationale du Canada, Louis Vachon.

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(Québec) Un huard à 75 ¢US? Louis Vachon y croit.

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Le président et chef de la direction de la Banque Nationale du Canada, Louis Vachon, donnait une conférence mardi à la Chambre de commerce de Lévis.

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«Je pense que les probabilités sont très fortes pour que l'on se retrouve avec un dollar canadien à 75 ¢», a indiqué, mardi, le président et chef de la direction de la Banque Nationale du Canada qui était le conférencier de la Chambre de commerce de Lévis. «C'est une bonne nouvelle pour l'économie du Québec, car nous sommes de gros exportateurs.»

Et c'est le remède tout indiqué dont le Québec a besoin, à son avis, pour accroître le niveau de ses exportations.

«Au Québec, nous n'avons pas encore récupéré, en termes de volume des exportations, le haut que nous avions connu en 2006-2007. En effet, malgré la reprise des cinq dernières années, le niveau des exportations au Québec est encore plus faible que ce que l'on avait connu en 2006-2007. Et pendant ce temps, le Canada a réussi à battre ses niveaux records d'exportation», a fait valoir Louis Vachon, un fils de Lévis et ancien du Collège de Lévis.

Une situation qui s'explique, selon lui, par le fait que le Québec a perdu, au cours de la dernière décennie, de 10 % à 15 % de sa capacité manufacturière.

«Il y a eu des fermetures d'usine. Des équipements et des emplois ont été transférés. C'est clair que ça va prendre un peu de temps pour rebâtir notre capacité manufacturière. Nous sommes capables de le faire. Les Américains l'ont fait», a plaidé Louis Vachon en soulignant qu'un huard faible pouvait encourager des entreprises qui ont transféré certaines de leurs opérations aux États-Unis ou au Mexique à rentrer au bercail.

«L'élément-clé, au cours des 12 à 24 prochains mois, ça sera l'investissement privé. Et si ça se produit, la création d'emplois suivra», a-t-il mentionné en rappelant que 2014 «n'avait pas été une bonne année pour l'emploi au Québec». Par contre, il constate que le Québec «commence à se réveiller» depuis le début de 2015. Selon les données de Statistique Canada, 33 000 postes ont été créés dans la Belle Province en janvier et février.

Nommé pdg de l'année 2014 au Canada par le magazine Canadian Business - il a aussi remporté le titre de Personnalité financière 2014 par la publication Finance et Investissement -, Louis Vachon estime que le Québec profitera également du regain d'énergie de l'économie américaine. Toutefois, il ne faudra pas que cette dernière s'emporte trop rapidement.

«Il ne faudrait pas que la croissance économique passe à 5 %, par exemple. Si c'est le cas, les taux d'intérêt risquent d'augmenter trop rapidement chez nos voisins du sud et cela pourrait avoir des conséquences sur les taux d'intérêt ici au Canada. Ça pourrait nuire à la reprise économique. Pour nous, le meilleur scénario serait une longue période de reprise aux États-Unis avec un taux de croissance annuelle de 3 %.»

Mondialisation au ralenti

À la tête de la sixième grande banque en importance au Canada et principale institution bancaire au Québec depuis 2007, Louis Vachon estime que le phénomène de mondialisation de l'économie s'essouffle.

«Depuis la crise financière de 2007-2008, le phénomène est en recul. Il y a plus de barrières tarifaires entre les pays. Il y a plus de protectionnisme. Ça ne veut pas dire que la mondialisation reculera complètement, mais je pense qu'elle est en train de ralentir très clairement.»

Par contre, les changements technologiques, eux, ne ralentissent pas. Et pour y faire face, Louis Vachon en appelle à la capacité des entreprises et des institutions d'enseignement à collaborer davantage pour affronter ce grand bouleversement qui aura des impacts sur le monde du travail.

Fondée à Québec en 1859, la Banque Nationale possède un actif évalué à 214,5 milliards $.

Louis Vachon sur...

... les 452 succursales de la Banque Nationale

«Est-ce que nos succursales vont disparaître dans un environnement dans lequel la technologie prend de plus en plus de place? Non, elles ne disparaîtront pas. Elles seront sans doute plus petites. Plus technologiques, mais elles resteront.» Le président et chef de la direction de la Banque Nationale admire le modèle d'Apple. «Y a-t-il une compagnie plus digitale qu'Apple? Et vous savez ce qu'a fait Apple ces 10 dernières années? Ouvrir des magasins un peu partout. Ça montre qu'une stratégie des magasins, quand c'est bien fait, c'est un élément complémentaire essentiel à une stratégie digitale», avance Louis Vachon qui croit au contact humain que doit entretenir une banque avec ses clients. Et des clients, la Banque Nationale en compte 2,4 millions. «Ça demeure un critère de différenciation important» par rapport aux autres institutions. Et les 931 guichets automatiques ne vont pas disparaître non plus! «Nous travaillons même sur une nouvelle technologie qui sera déployée en 2015-2016.»

... l'endettement des ménages

À la Banque Nationale, il n'y a pas eu encore une explosion des pertes sur prêts. Les clients ne font pas la file non plus pour remettre les clés de leur maison parce qu'ils ne sont plus capables de joindre les deux bouts. Oui, l'endettement des ménages québécois est élevé. «Il n'y a pas de crise à l'heure actuelle, mais disons que nous avons atteint un point de vulnérabilité.» En d'autres mots, s'il devait survenir un épisode récessionniste, ça pourrait être une autre histoire. «Ce que l'on veut voir, c'est un ratio d'endettement des particuliers qui se stabilise et qui commence à descendre tranquillement pas vite au fur et à mesure que l'économie s'améliore», signale Louis Vachon en ajoutant que les mesures mises de l'avant par les gouvernements pour resserrer le crédit, notamment pour l'achat d'une résidence, ont visé juste.

... la baisse des prix de l'essence

Si la dégringolade des prix de l'essence fait mal à l'économie canadienne - ce n'est pas pour rien que la Banque du Canada, «comme si elle voulait s'acheter une police d'assurance», a baissé son taux directeur -, elle n'est pas une mauvaise nouvelle pour le Québec et l'Ontario. «Nous avons déjà compté que la baisse du prix du pétrole représentait l'équivalent d'une baisse d'impôt de 1 milliard $ dans le budget des Québécois cette année», note Louis Vachon.

... l'équilibre budgétaire au Québec

Louis Vachon se réjouit du fait que le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, devrait présenter, la semaine prochaine, un budget équilibré pour 2015-2016. «Si la seule façon de créer de la richesse, c'est d'avoir un déficit budgétaire, la Grèce serait aujourd'hui le pays le plus riche au monde!» Selon lui, les déficits structurels à long terme ne contribuent pas à la croissance économique. «Un budget équilibré, c'est très positif. Et de ce côté-là, le Québec va se distinguer très clairement si le gouvernement atteint cet objectif en 2015-2016», indique M. Vachon en rappelant que l'Ontario est aux prises avec un déficit de 13 milliards $.

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