Ebola: Medicago appelée en renfort

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Medicago a annoncé, mardi, qu'elle avait décroché un contrat du Departement of Health and Human Services du gouvernement américain pour produire trois anticorps à partir de sa technologie permettant de fabriquer des vaccins et des protéines thérapeutiques avec la Nicotiana benthamiana.

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(Québec) Avec sa plante passe-partout - la Nicotiana benthamiana - sous le bras, Medicago met la main à la pâte pour lutter contre le virus tueur Ebola.

Dans ses installations situées dans le Parc technologique du Québec métropolitain, la société biopharmaceutique spécialisée dans le développement de nouveaux vaccins et de protéines thérapeutiques pour traiter des maladies infectieuses s'évertuera, dans les prochains mois, à fabriquer trois anticorps pour traiter les personnes infectées par le virus Ebola.

L'entreprise a annoncé, mardi, qu'elle avait décroché un contrat du Departement of Health and Human Services du gouvernement américain pour produire ces trois anticorps à partir de sa technologie permettant de fabriquer des vaccins et des protéines thérapeutiques avec la Nicotiana benthamiana, une plante australienne appartenant à la même famille que le tabac. 

Une façon de faire moins coûteuse et plus rapide que les procédés traditionnels de fabrication. Medicago a déjà fait la preuve qu'elle est en mesure de produire pas moins de 10 millions de doses de son vaccin contre la grippe saisonnière en un mois.

Président et chef de la direction de Medicago, Andy Sheldon a expliqué au Soleil qu'il existe déjà un médicament expérimental pour traiter les personnes infectées par le virus de l'Ebola. Le ZMapp a été conçu par la société américaine Mapp Biopharmaceutical en collaboration avec l'Agence de santé publique du Canada et l'Institut de recherche des maladies infectieuses de l'armée américaine. 

Étant donné l'ampleur de la fièvre hémorragique qui a débuté en décembre 2013 en Afrique de l'Ouest, l'Organisation mondiale de la santé a autorisé, l'an dernier, l'usage du médicament expérimental sur les humains, notamment sur du personnel médical.

Comme le rapportait l'Agence France-Presse en novembre, cinq des sept premiers patients traités avec le ZMapp en août dernier avaient survécu à la fièvre tueuse.

Production insuffisante

Si le ZMapp est porteur d'espoir, il n'en demeure pas moins que sa production est longue et laborieuse. Les quantités disponibles sont trop faibles pour avoir un effet sur l'épidémie.

«Le gouvernement américain fait appel à notre technologie à base de plante pour vérifier s'il est possible de produire rapidement les trois produits qui composent le cocktail d'anticorps du ZMapp», a indiqué M. Sheldon.

Il a signalé que Medicago n'avait pas attendu le signal des autorités américaines pour commencer à fabriquer les anticorps qui auront une efficacité comparable à ceux mis au point par Mapp Biopharmaceutical. 

«Les résultats préliminaires indiquent que notre technologie est en mesure de produire rapidement des anticorps contre l'Ebola avec des rendements élevés, ce qui pourrait contribuer à accroître les volumes de production et l'approvisionnement mondial», a précisé M. Sheldon, en ajoutant qu'une fois les anticorps produits, ils seront sur des singes infectés par le virus Ebola.

«En produisant des candidats-vaccins contre la grippe H1N1 en 2009 et H7N9 en 2013, Medicago a démontré le potentiel de sa plateforme de production à réagir aux urgences internationales et aux pandémies. Alors que les gouvernements du monde entier sont sans cesse confrontés à des menaces pour la santé comme des souches pandémiques d'influenza et l'Ebola, nous croyons que nous pouvons jouer un rôle de premier plan pour réagir rapidement, pour bâtir une capacité d'intervention et pour constituer des stocks de réserve.»

Fondée à Québec, Medicago a été acquise en septembre 2013 par la société pharmaceutique japonaise Mitsubishi Tanabe Pharma. L'entreprise compte 277 employés, dont 180 sont en poste dans la capitale. Quelques embauches seront faites pour la réalisation du contrat avec l'armée américaine.

Par ailleurs, les études cliniques progressent d'un bon pas dans le cas des deux vaccins, celui contre le virus H5N1 et celui contre la grippe saisonnière H1N1. La société planche aussi sur un vaccin contre le rotavirus qui est la cause la plus courante de diarrhées graves chez les nourrissons et les jeunes enfants et qui provoque plus de 500 000 décès annuellement.

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