Profession: prospecteurs d'investissements étrangers

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Thierry Champagne et Julie Carrier de l'équipe de prospection des investissements étrangers de Québec International

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(Québec) Une société européenne de l'industrie des arts numériques établira bientôt ses pénates à Québec.

Julie Carrier et Thierry Champagne n'en diront pas plus. Leur boulot est fait. Il ne reste plus qu'à ce nouvel acteur économique d'annoncer sa venue dans la capitale.

Tous les deux sont à l'emploi de Québec International. Ils s'occupent d'investissements d'étrangers. Le terrain de jeu de Thierry Champagne, c'est l'Europe et l'Asie. Les Amériques, c'est le territoire de Julie Carrier.

On peut compter sur les doigts d'une seule main les membres de l'équipe de prospection d'investissements étrangers chez Québec International. 

Heureusement, ils peuvent compter sur les réseaux de délégations à l'étranger des gouvernements du Canada et du Québec, sur des contacts professionnels aux quatre coins du monde et sur des collègues au sein de Québec International qui ont développé une expertise de pointe dans les secteurs économiques porteurs identifiés par la région comme les sciences de la vie, l'optique-photonique, les arts numériques et le divertissement interactif et les aliments santé.

Les données les plus fraîches compilées par l'agence de développement économique régionale montrent que les investissements étrangers confirmés ont totalisé 56,6 millions $ en 2014.

Pas moins de 167 entreprises et nouveaux investisseurs ont été rencontrés par Québec International.

Et en cours d'année, l'agence a réalisé 39 accueils d'investisseurs et de délégations en mission de reconnaissance dans la capitale.

Des résultats qui s'améliorent d'année en année, font remarquer Julie Carrier et Thierry Champagne.

travail de longue haleine  

Rares sont les multinationales qui, sorties de nulle part, vont venir à la porte de nos prospecteurs d'investissements étrangers. Le processus est pas mal plus complexe. Pas mal plus long aussi.

Dans le cas de la société européenne de l'industrie des arts numériques qui aura bientôt pignon sur rue à Québec, Thierry Champagne raconte que le premier contact s'est établi, il y a plus de deux ans et demi, à l'occasion d'une foire internationale.

«Au départ, l'entreprise cherchait à s'implanter quelque part en Amérique du Nord. Nous avons fait un suivi régulier avec elle. Nous lui avons refilé des informations sur les frais d'exploitation d'une entreprise du secteur des arts numériques à Québec, sur la disponibilité de la main-d'oeuvre, sur la présence d'autres grands joueurs de l'industrie, etc.» explique M. Champagne. «Les dirigeants sont venus visiter des locaux à Québec. Ils ont rencontré des partenaires potentiels et ils sont repartis chez eux pour réfléchir à tout ça. Tout au long du processus, c'est à nous de leur démontrer que Québec constitue le meilleur choix.»

Il arrive même parfois que le choix de Québec finisse par s'imposer.

Ce fut le cas, dernièrement, avec une entreprise européenne du secteur des nutraceutiques qui projetait de construire une usine de fabrication en Amérique du Nord. 

«Leur premier choix, c'était les États-Unis. Le Canada ne faisait pas partie des plans. Avec nos partenaires, nous avons pu les intercepter à temps», raconte Thierry Champagne. 

Plutôt que d'ouvrir immédiatement une usine de fabrication, la compagnie a plutôt choisi de travailler avec des PME de Québec pour pousser plus loin la recherche et le développement de nouveaux produits. «Ça n'a pas été facile de les convaincre de modifier leurs intentions initiales. Les dirigeants européens ont dû se pointer à Québec à au moins quatre ou cinq reprises avant de se brancher», signale-t-il en précisant que si la région de Québec joue bien ses cartes, la fameuse usine pourrait finalement être construite ici plutôt qu'ailleurs aux États-Unis ou au Canada.

L'usine Prévost Car de Sainte-Claire, l'une des 208... (PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL) - image 2.0

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L'usine Prévost Car de Sainte-Claire, l'une des 208 filiales d'entreprises étrangères dans la grande région de Québec 

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Une société européenne de l'industrie des arts... (Infographie Le Soleil) - image 2.1

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Infographie Le Soleil

Bichonner les filiales et les maisons mères

Plutôt que de tirer dans toutes les directions pour inciter les entreprises étrangères à s'établir dans la région de Québec, Québec International s'affaire plutôt à traiter aux petits oignons les filiales des multinationales qui ont déjà pignon sur rue ici.

Dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, il y a 208 succursales d'entreprises mondiales provenant d'une vingtaine de pays différents. 

La dernière en lice : l'usine de petits gâteaux Vachon, de Sainte-Marie de Beauce, qui a quitté le giron de Saputo pour joindre celui de Boulangerie Canada Bread, une unité d'affaires de la multinationale mexicaine Grupo Bimbo.

«Plus de la moitié des filiales étrangères implantées dans la région proviennent des États-Unis», informe Julie Carrier. Elles se retrouvent principalement dans les secteurs des technologies de l'information et communication et de l'électronique (33 %), des matériaux à valeur ajoutée et du matériel de transport (18 %), des sciences de la vie (11 %), de la transformation agroalimentaire, de l'environnement et de l'énergie (5 %). Tous des secteurs clés de l'économie régionale.

Julie Carrier, Thierry Champagne et les autres membres de l'équipe de prospection des investissements étrangers chez Québec International travaillent au soutien à la croissance des filiales de sociétés étrangères. Ils collaborent étroitement avec les dirigeants des filiales et des maisons mères pour faciliter la réalisation de projets d'expansion. Que ce soit pour la construction d'une nouvelle usine de fabrication ou encore pour l'implantation d'un centre d'excellence en R et D.

Depuis quelques années, Québec International se fait un devoir de rencontrer systématiquement les dirigeants des filiales des sociétés étrangères établies sur le territoire pour connaître leurs besoins. En 2013, 33 d'entre eux ont reçu la visite de Québec International. L'an dernier, l'exercice a été mené auprès de 42 patrons de succursales.

«Une filiale étrangère qui n'a pas bénéficié d'investissements de la part de sa maison mère depuis cinq ou sept ans commence à être considérée comme une filiale à risque», signale Thierry Champagne.

Batailles coriaces

«Bien souvent, pour une filiale, la concurrence la plus vive ne vient pas de ses compétiteurs immédiats sur le marché, mais bien des autres filiales au sein de la même famille. Et les batailles pour s'approprier les dollars consacrés aux projets d'investissement sont coriaces.»

Et ces batailles, les filiales des sociétés étrangères établies dans la région de Québec en perdent. Elles en gagnent aussi.

C'est le cas d'une entreprise de transformation alimentaire de la région de la Chaudière-Appalaches qui a réussi à damer le pion à une filiale soeur américaine en raison de son taux de productivité plus élevé, de la qualité et de la stabilité de sa main-d'oeuvre.

C'est aussi le cas de Baldor Electric Company qui a choisi de transférer sa production du Mexique vers son usine de Sainte-Claire dans la région de Bellechasse pour les mêmes raisons. Ou encore d'ABB, un chef de file en technologies de l'énergie et de l'automatisation, qui a rapatrié des lignes de production à Québec.

Julie Carrier et Thierry Champagne signalent que plus de 70 % de l'investissement étranger qui se fait sur un territoire provient des sociétés qui comptent déjà sur une filiale sur ce territoire.

 

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