Gestion centralisée de la taxe sur l'hébergement: «ponction sans garantie» de retour

Québec veut aussi administrer les millions de dollars... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Québec veut aussi administrer les millions de dollars provenant des hôtels et des gîtes des 22 associations touristiques régionales.

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(Québec) La volonté du ministère du Tourisme de centraliser la gestion de la taxe spécifique sur l'hébergement (TSH) est considérée par le réseau des associations touristiques comme un désaveu des efforts de promotion en région. Le regroupement des associations touristiques régionales (ATR) refuse de céder la gestion des millions amassés, surtout que Québec ne propose, selon lui, aucun plan structuré de mise en marché.

La nouvelle publiée dans Le Soleil de samedi faisait état que le gouvernement libéral veut que chacun des établissements d'hébergement impose une taxe de 3,5 % par nuit à ses clients dans l'objectif de faire augmenter leur cotisation commune annuelle de 49 à 67 millions $. Désormais, Québec veut aussi administrer les millions de dollars provenant des hôtels et des gîtes des 22 associations touristiques régionales.

«La proposition nous a surpris. Et elle suscite aujourd'hui de vives préoccupations. Le président-directeur général chez ATR associées du Québec, François- G. Chevrier, dit ne pas comprendre la position du gouvernement dans ce dossier. Je ne vois pas l'objectif poursuivi ni les avantages qui découleraient d'une gestion centralisée.»

L'une des craintes est que seulement une partie des sommes récoltées dans chaque région y retourne. «On fait une ponction dans les hôtels de chaque région, sans avoir de garantie que cet argent va revenir», lance le pdg. Il y voit aussi un désaveu des stratégies de mise en marché élaborées dans les régions touristiques.

«On nous lance cette proposition, mais on ne nous dit pas en quoi elle serait plus efficace et on ne démontre pas que le système actuel est inefficace, argumente-t-il. Au contraire, M. Chevrier soutient que chaque ATR est la mieux placée pour identifier ses besoins spécifiques.

«Chaque région n'a pas la même maturité touristique. Chacune investit donc l'argent de la taxe sur l'hébergement où elle croit que c'est le plus profitable. Pour l'une, ce sera dans le développement de l'offre touristique tandis qu'une autre pourrait vouloir investir davantage dans la mise en marché. Chaque ATR gère son argent selon ses spécificités. Si l'argent est géré de façon centralisée, est-ce que les différences régionales seront respectées?» questionne-t-il.

Et c'est là où le bât blesse. «Nous n'avons aucune réponse parce que le gouvernement n'a pas de plan marketing à l'international. Ça fait un bon moment que nous le soulignons. Nous demandons au Ministère de produire un plan-cadre pour la mise en marché à l'international. Actuellement, il n'y en a pas et il nous demande de lui confier l'argent des régions sans savoir comment il sera investi. C'est un peu comme lui faire un chèque en blanc», ajoute le représentant des ATR.

Les deux tiers de la taxe annuelle sur l'hébergement proviennent de Québec et Montréal. Elle procure 720 000 $ en Chaudière-Appalaches, soit 60 % du budget marketing de la région. Dans Charlevoix, la taxe génère 1,4 million $ annuellement.

En fin de semaine, la porte-parole de la ministre du Tourisme, Dominique Vien, soulignait que le gouvernement voulait «être le plus efficace possible» dans la foulée de la révision de son modèle d'affaires pour le développement de l'industrie touristique. Le plan 2012-2020 vise à hausser les dépenses en tourisme de 5 %. Le Québec est confronté à un déficit touristique à 3,4 milliards $.

La taxe spécifique sur l'hébergement (TSH) a été instaurée en 1997. À l'époque, elle a fait l'objet de vifs débats dans certaines régions du Québec où les hôteliers étaient récalcitrants à l'idée de se voir ponctionner une somme d'argent par l'État pour faire la promotion des attraits de leur coin de pays. Ils ont accepté avec la garantie que l'argent soit géré par le milieu. «Je comprends leur préoccupation par rapport à l'entente morale prise à l'époque», spécifie M. Chevrier.

Comme le milieu de l'hôtellerie, celui des ATR se positionne donc unanimement contre la centralisation de la gestion de la taxe. Aucune décision n'est encore arrêtée et les discussions se poursuivent.

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