La colère gronde dans le milieu touristique

À l'heure actuelle, le montant de la taxe... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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À l'heure actuelle, le montant de la taxe spécifique sur l'hébergement varie d'une région à l'autre en fonction de ce que les membres des associations ont voté.

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(Québec) Le ministère du Tourisme songe à centraliser la gestion de la taxe spécifique sur l'hébergement (TSH) et à uniformiser le taux perçu pour toutes les régions du Québec. Une proposition qui suscite la grogne autant chez les associations touristiques que chez les hôteliers.

Selon ce que Le Soleil a appris, le gouvernement libéral voudrait que chacun des établissements d'hébergement impose une taxe de 3,5 % par nuit à ses clients dans l'objectif de faire augmenter leur cotisation commune annuelle de 49 à 67 millions $. Ce serait également Québec qui administrerait le magot provenant des hôtels et des gîtes des 22 associations touristiques régionales (ATR). 

À l'heure actuelle, le montant de la taxe varie d'une région à l'autre en fonction de ce que les membres des associations ont voté. Il peut être de 2 ou 3 $, ou encore de 3 % du montant d'une nuitée dans un établissement d'hébergement. Montréal, qui est l'hôte du Grand Prix du Canada, fait figure d'exception avec un taux de 3,5 %. Le ministère du Revenu perçoit cette taxe, mais la redistribue aux régions afin qu'elles élaborent elles-mêmes leur stratégie de promotion. 

La porte-parole de la ministre du Tourisme, Dominique Vien, confirme que parmi d'autres scénarios, celui de centraliser la gestion de la TSH et d'imposer un taux unique est sur la table. Cynthia St-Hilaire refuse par contre de s'avancer sur les montants que le gouvernement souhaite aller récupérer tout en assurant que Québec veut simplement «être le plus efficace possible» dans la foulée de la révision de son modèle d'affaires pour le développement de l'industrie touristique. 

«Dans notre plan 2012-2020, on vise à augmenter les dépenses en tourisme de 5 %», explique Mme Saint-Hilaire, qui rappelle que les Québécois dépensent plus à l'étranger que dans leur province avec un déficit touristique s'élevant à 3,4 milliards $. Des rencontres ont déjà eu lieu cette semaine avec différentes ATR et d'autres membres de l'industrie. «Les discussions se poursuivent», indique la porte-parole, qui assure que «tout est sur la table» et qu'aucune décision n'est encore arrêtée. 

L'opposition s'organise

En Abitibi-Témiscamingue, les acteurs du milieu touristique sont montés aux barricades cette semaine affirmant qu'ils n'entendaient pas se faire dicter quoi que ce soit par le gouvernement provincial. Le vice-président de l'association locale des hôteliers et membre du conseil d'administration de Tourisme Abitibi-Témiscamingue, Jean-Pier Frigon, soutient que les régions ont depuis longtemps prouvé

qu'elles étaient les plus compétentes pour se vendre sur les différents marchés. «La différence entre faire l'amour et le viol, c'est le consentement. Nous n'avons pas l'intention de consentir à un viol collectif!» illustre-t-il. 

Selon M. Frigon, 12 associations touristiques régionales ont déjà montré leur appui en se positionnant contre Québec. C'est le cas de Tourisme Montréal, qui est d'accord avec l'idée d'avoir une vision plus globale pour augmenter les recettes de l'industrie, mais pas en retirant aux acteurs locaux leurs outils. «Nous jugeons que nous sommes les mieux placés à Mont­réal pour gérer l'argent [...] C'est nous qui connaissons le mieux la dynamique dans la métropole», fait valoir le porte-parole de l'organisation, Pierre Bellerose. 

Même son de cloche du côté de Tourisme Chaudière-Appalaches. Annuellement, c'est 720 000 $ qui est perçu dans la région grâce à la taxe, ce qui représente 60 % de son budget en marketing. «C'est certain qu'on préfère garder le contrôle», fait valoir le directeur général, Richard Moreau. Selon lui, si le gouvernement gérait la TSH, il se donnerait le droit de se l'approprier et de dépenser l'argent comme bon lui semble. Dans la région, c'est 2 $ par nuitée qui est perçu, tandis que dans Charlevoix et à Québec, le taux est de 3 %. L'Office du tourisme de Québec n'a pas souhaité commenter le sujet. 

De son côté, le président du conseil d'administration de l'Association hôtellerie du Québec, Alain Girard, soutient que l'argent de la taxe ne doit pas devenir «public» et rappelle que c'est sur une base volontaire que les établissements ont consenti à ce qu'elle soit perçue. «On veut continuer avec le même modèle», résume-t-il, faisant écho à ses membres. 

Le député de Lac-Saint-Jean et candidat à la direction du Parti québécois, Alexandre Cloutier, a dénoncé jeudi sur son compte Facebook ce qu'il qualifie de nouvelles «coupes aux régions».

Un consensus gagné par les ATR en 1997

Instaurée par le gouvernement du Parti québécois en 1997, la taxe spécifique sur l'hébergement (TSH) a fait l'objet de vifs débats dans certaines régions du Québec où les hôteliers étaient récalcitrants à l'idée de se voir ponctionner une somme d'argent par l'État pour faire la promotion des attraits de leur coin de pays. 

Mais les 22 associations touristiques régionales (ATR) ont convaincu leurs membres d'accepter cette contribution volontaire en arguant notamment que l'argent recueilli serait géré par le milieu. Québec en déduit un petit montant pour les frais administratifs. 

Au départ, la taxe était de 2 $ par nuitée. Au fil des années, les règles ont changé, permettant aux ATR qui le désirent de plutôt prélever 3 $ ou 3 % sur le coût de la chambre par nuit. Montréal fait figure d'exception, alors qu'elle a obtenu le droit d'imposer 3,5 %, puisqu'elle est l'hôte du Grand Prix, qui requiert un budget important en promotion.

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