Lévis dit non au terminal pétrolier de TransCanada

Pour le maire Gilles Lehouillier, le projet ne... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Pour le maire Gilles Lehouillier, le projet ne représente qu'un faible potentiel de retombées économiques pour Lévis, sauf peut-être lors de la phase de construction du port. Mais ce n'est pas suffisant pour lui.

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) TransCanada a abandonné son projet de port pétrolier à Gros-Cacouna et lorgne Lévis, mais c'est une fin de non-recevoir qu'elle s'est fait servir par le maire Gilles Lehouillier, qui estime que, pour le moment, le projet ne passerait pas dans la population et que les retombées promises sont trop faibles.

«On verra, mais pour le moment, je crois qu'on arrête dès le départ parce que nous sommes à peu près convaincus au conseil municipal que l'acceptabilité sociale n'est pas au rendez-vous, compte tenu des équipements importants qu'on a déjà.»

Le maire fait référence à la raffinerie de Valero et au potentiel projet de terminal méthanier de Rabaska, dans l'est de la ville, qui n'est pas encore mort et enterré. 

Pour le maire, le projet ne représente qu'un faible potentiel de retombées économiques pour sa ville, sauf peut-être lors de la phase de construction du port. Mais ce n'est pas suffisant pour lui. 

L'oléoduc Énergie Est et le port ne rapporteraient que quelques millions de dollars par année en taxes foncières pour les emprises qu'ils occuperaient. En comparaison, Rabaska promettait des revenus de 7 à 8 millions $ annuellement. «Si TransCanada veut avoir des chances d'avoir un accueil dans une municipalité quelconque le long du fleuve, il faudra peut-être qu'ils regardent pour la fiscalité, ce qu'ils peuvent faire pour aider ces municipalités. Est-ce qu'on a intérêt à accueillir un port pétrolier compte tenu des retombées fiscales? Actuellement, la réponse est non.» 

Ce sont les élus qui avaient demandé une rencontre avec les dirigeants de la compagnie pour marquer leurs préoccupations concernant notamment la sécurité liée au passage d'un pipeline sur pratiquement toute la longueur du territoire de la ville. 

Ils ont entre autres appris qu'il y aurait un délai de 12 minutes pour fermer les vannes en cas de bris de la conduite. Une information qui ne les a pas rassurés. «Ce qui va être intéressant de savoir, c'est qu'est-ce qui se passe pendant ces 12 minutes-là? Quelles sont les conséquences de ces 12 minutes, où il peut se passer quelque chose dans la rivière Chaudière», questionne-t-il, en référence à un possible déversement dans le cours d'eau qui alimente 55000 personnes dans l'ouest de la ville.

De plus, les élus se sont inquiétés de ne pas avoir la version finale du tracé du pipeline. Le conseil ne s'oppose pas cependant au simple passage d'un oléoduc sur le territoire de Lévis, à condition qu'il soit installé sur des emprises qui permettent déjà cette fonction dans le schéma d'aménagement, a rappelé le maire Lehouillier. 

En septembre 2013, le conseil municipal, alors sous la direction de l'ex-mairesse Danielle Roy Marinelli, avait déjà coupé court aux velléités de TransCanada en adoptant une résolution pour affirmer qu'il n'était pas question d'implanter un terminal pétrolier sur son territoire. 

Dans leur décision, les élus rappelaient qu'un seul endroit sur le territoire lévisien permet actuellement les activités d'un port pétrolier et qu'il s'agit du quai de la raffinerie Ultramar. «Le conseil en a décidé ainsi, il n'y en aura pas un deuxième [port]. Il faut que ça soit clair. Il faut que les gens de cette compagnie-là le sachent», avait tranché le conseiller Jean-Claude Bouchard, qui s'était autrefois battu contre le projet du terminal méthanier de Rabaska.

Blaney veut s'assurer de la sécurité

Le ministre et député fédéral de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, était pour sa part un fervent promoteur du projet Rabaska et, à l'époque où il avait passé à Ottawa, le gouvernement conservateur lui en avait confié la défense. Mercredi, lorsque questionné sur les intentions de TransCanada, M.Blaney s'est fait prudent, rappelant qu'aucun projet officiel concernant Lévis n'avait encore été déposé par TransCanada.

«Ma priorité numéro un, si un projet m'était présenté, ça serait de m'assurer que le projet est sécuritaire et qu'il respecte les normes environnementales.» En attendant, a-t-il insisté, «il revient au promoteur de démontrer les bienfaits de son projet et d'être en mesure de convaincre la population de sa valeur ajoutée pour la collectivité». Pour sa part, il considère que le transport du pétrole par pipeline est sécuritaire. «Je préfère ça à d'autres modes de transport, routier ou ferroviaire.»

Des milliers de camions sur Marie-Victorin?

La construction du tunnel qui doit être creusé sous le fleuve pour faire passer l'oléoduc Énergie Est pourrait engendrer une circulation monstre sur la route Marie-Victorin à Saint-Nicolas, craint le maire de Lévis, qui tente de parer les coups. 

La terre et le roc qui seront retirés du tunnel lors de son excavation devront être acheminés d'un côté ou de l'autre du fleuve Saint-Laurent. Si cela se fait par Lévis, le maire appréhende la hausse notable de la circulation lourde que cela provoquera. 

«Ce sont des milliers et des milliers de camions qui vont circuler pendant un an sur la route Marie-Victorin. Pour nous, il y a une problématique particulière reliée à ça», a commenté Gilles Lehouillier lorsque questionné hier sur son opposition à l'implantation d'un port pétrolier par TransCanada à Lévis. «C'est sûr qu'on va demander à TransCanada d'avoir son propre chemin de service en dehors de la route Marie-Victorin.»

Restera à savoir où. Du côté sud de la route, on se trouve en territoire principalement résidentiel et agricole et au nord, la forêt domine. On se souvient de la levée de boucliers devant la perspective d'un déboisement à la faveur du développement du secteur Roc-Pointe. La population locale avait forcé la Ville et les promoteurs à faire marche arrière sur le projet initial.

L'administration Lehouillier déplore par ailleurs le manque de transparence de TransCanada. «Avec TransCanada, on n'obtient pas toute l'information. Et ça, c'est un peu dommage, qu'on n'ait pas livré cette information de façon complète.»

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