La faible huard favorise les exportateurs

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Les salaires payés en dollars canadiens et les marchandises vendues à l'étranger, alors que le dollar américain est fort, donnent un avantage concurrentiel indéniable aux exportateurs.

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(Québec) Le dollar canadien vole plutôt bas depuis quelques mois. Lorsque le huard plonge, certains en profitent, d'autres en subissent les conséquences.

L'avantage est nettement du côté des exportateurs, indiquent le professeur Sylvain Charlebois de l'Université Guelph et l'économiste Mathieu D'Anjou de Desjardins. Les salaires payés en dollars canadiens et les marchandises vendues à l'étranger, alors que le dollar américain est fort, donnent un avantage concurrentiel indéniable aux exportateurs.

Prix compétitifs

«Les produits des manufacturiers canadiens sont plus compétitifs», affirme Mathieu D'Anjou. «Pour les entreprises, ce sera plus de profits, de meilleures entrées de fonds. Ça rend en même temps le coût de la main-d'oeuvre intéressant de ce côté-ci de la frontière.» Ce qui peut non seulement maintenir des emplois, mais amener des embauches en extrapolant les effets d'un dollar à 20 ¢ de moins que son pendant américain.

Dans l'industrie agroalimentaire, l'effet est le même, soutient le professeur Charlebois. «C'est très bon pour les exportateurs, mais aussi pour ceux qui vendent des produits transformés à valeur ajoutée à l'étranger. Mais les importateurs ont perdu une partie de leur pouvoir d'achat et ce sont les consommateurs qui pourraient en faire les frais.»

Fruits plus chers

Par contre, dans les épiceries, la laitue et les fruits importés de Californie coûteront plus cher. Les chercheurs de The Food Institute de l'Université Guelph, dont fait partie M. Charlebois, ont révisé à la hausse en début de semaine leurs prévisions des hausses livrées en décembre. Selon le groupe, le prix des légumes devrait grimper de 5,5 % à 7,5 % en 2015, alors qu'on prévoyait une hausse maximale de 5 %. Du côté des fruits et des noix, la hausse serait de 3 % à 5 % au lieu de 1 % à 3 % comme prévu en décembre.

Toutefois, M. Charlebois apporte une nuance, dans le secteur des fruits et des légumes, les épiciers savent qu'il y a un prix psychologique à ne pas dépasser de sorte que la hausse prévue pour cette portion du panier d'épicerie pourrait être refilée en partie à d'autres produits des marchés d'alimentation.

En même temps que les produits importés coûtent plus cher, les prix des produits cultivés ici, même en serre, pourraient devenir pas mal plus compétitifs dans un proche avenir.

Manufacturiers avantagés

Parmi les industries qui trouvent un avantage à un dollar faible, l'économiste Mathieu D'Anjou mentionne le bois d'oeuvre, qui traînait un peu la patte. Il pourra retrouver de la vigueur sur les marchés. C'est la même constatation avec l'industrie minière, comme l'or extrait ici, par exemple. À un prix de 1200 $US l'once, quand le dollar canadien est à moins de 80 ¢, la compagnie minière reçoit 1500 $ en devise canadienne, ce qui augmente ses profits. Les bas prix de l'essence au cours des derniers mois ont aussi permis une diminution des coûts de production.

Par contre, dans les agences de voyages, il se pourrait bien que les Canadiens aient plus envie de voyager à l'intérieur des frontières qu'à l'étranger à cause de l'augmentation des coûts des visites ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis.

De même, ceux qui doivent importer de l'équipement à payer en dollars américains sont désavantagés, comme les consommateurs qui achètent ces mêmes produits. Cela pourrait ramener l'achat local dans le champ de vision des Canadiens pour de nombreux biens, croit-il.

Dollar à 82 ¢

Quant au dollar canadien, l'économiste de Desjardins prévoit que le dollar canadien sera à 82 ¢ face à la devise américaine d'ici la fin de 2015 dans la mesure où les prix du pétrole se maintiendront ou grimperont un peu. La dernière annonce de la Banque sur Canada abaissant le taux d'intérêt de base à 0,75 % a permis au huard de sortir un peu la tête de l'eau.

Selon lui, la dépréciation de la monnaie canadienne aurait atteint la fin de la descente et s'appréciera tranquillement d'ici la fin de l'année.

Sylvain Charlebois estime lui aussi que le dollar canadien remontera la pente d'ici le début de 2016.

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