Hôtel Le Concorde: une clientèle à rebâtir

Sans vouloir divulguer le taux d'occupation de l'hôtel... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Sans vouloir divulguer le taux d'occupation de l'hôtel pour les mois de 2014 , le directeur général du Concorde, Marc Ruest, admet qu'on n'atteint pas les chiffres qu'obtenait Loews à l'époque, mais il s'estime quand même satisfaits de ces premiers résultats.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) La saga du Concorde a laissé des traces. Huit mois après la réouverture du célèbre hôtel de la Grande Allée, plusieurs clients croient encore que l'établissement est définitivement fermé, ou qu'il a été reconverti en résidence pour personnes âgées.

«Notre défi, actuellement, c'est d'être présent, d'être visible pour que les gens sachent qu'on est rouvert. Parce qu'il y en a encore qui pensent qu'on n'est pas ouvert ou qu'on est une résidence pour personnes âgées.» Le directeur général de l'hôtel, Marc Ruest, est conscient qu'il reste encore beaucoup de travail à faire pour rebâtir la renommée - et le carnet de réservations - du Concorde.

Après une fermeture de trois mois au début 2014, et la saga qui s'en est suivie, il a en effet fallu recoller les pots cassés. Rappelons-nous que Loews, qui exploitait auparavant l'hôtel, avait vendu l'édifice au patron des Résidences Soleil, Eddy Savoie, qui avait marqué son intention de convertir la tour de 27 étages en résidence pour aînés. L'administration du maire Régis Labeaume avait bloqué le projet, refusant le changement de zonage nécessaire à la conversion de l'édifice.

Des investisseurs avaient alors manifesté de l'intérêt à développer une formule de condo-hôtel dans l'édifice, mais le maire les avait soupçonnés d'être liés à la mafia. Un règlement municipal avait été voté pour empêcher toute autre vocation que l'hôtellerie, plombant la vente. C'est finalement l'hôtelier Jean-Guy Sylvain qui s'était porté acquéreur du Concorde, qui a rouvert à la fin mai.

S'il faisait alors face à un carnet de réservations vide, Marc Ruest affirme aujourd'hui que les choses se sont améliorées. La période estivale a été payante, avec l'afflux de touristes. Les congrès régionaux recommencent à louer des espaces. Mais on n'a pas encore réussi à assurer le retour des grands congrès d'associations canadiennes ou américaines, qui généralement planifient leurs événements deux à trois ans d'avance.

S'il ne veut pas divulguer le taux d'occupation de l'hôtel pour les mois de 2014, M. Ruest admet néanmoins qu'on n'atteint pas les chiffres qu'obtenait Loews à l'époque.

Présence médiatique

Pour ramener le plus de clients possible dans l'hôtel toute l'année, l'équipe mise sur une présence accrue dans les médias et sur des promotions «agressives». «C'est un travail de longue haleine. Mais on s'attendait que ça prenne environ 18mois pour revirer tout ça de bord. On est pas mal sur cet échéancier-là actuellement. [...] Mais en général, on est quand même satisfaits de nos résultats.»

La véritable vitesse de croisière ne sera probablement pas atteinte avant septembre, a avancé Marc Ruest. D'ici là, on procède à la rénovation des chambres sur les trois étages qui n'avaient pas subi de cure de rajeunissement sous l'ancienne administration. Puisque l'hôtel est maintenant un trois étoiles, il compte moins d'employés - une centaine au lieu de 300 avant la fermeture de l'Astral - et a réduit ses services. Il n'y a plus de service aux chambres et de chasseurs. L'hôtel a cependant réintroduit récemment le service de voituriers.

L'ancien président du syndicat des employés du Concorde, Jacques Fortin, n'est pas à l'aise avec la nouvelle orientation prise par la direction de l'hôtel. C'est pour cette raison qu'il a quitté le Concorde et ses anciens collègues, qui lui manquent d'ailleurs beaucoup. «J'ai préféré réorienter ma carrière plutôt que de continuer dans ces circonstances», a-t-il confié au Soleil. Le nouveau président, Robert Lejeune, n'a pas souhaité nous accorder d'entrevue.

En bref

Des logements? Pas dans l'immédiat

La conversion d'une partie de l'hôtel en résidences n'est «absolument pas» dans les plans de la direction du Concorde à court terme. La Ville et l'équipe du propriétaire Jean-Guy Sylvain ont annoncé la semaine dernière la conclusion d'une entente de principe qui permettra à l'hôtelier de convertir en logements une partie de l'hôtel si on n'atteint pas les objectifs de la relance. Les deux parties avaient limité leurs commentaires, mais lundi, le directeur général Marc Ruest a précisé qu'il s'agissait d'un retour à la normale. «Le zonage revient comme il l'était déjà depuis 40 ans. Ça nous redonne ce que l'hôtel avait avant. Mais ce n'est pas dans nos plans dans l'immédiat» de donner une vocation résidentielle. 

***

L'amphithéâtre et ses retombées alléchantes

La direction du Concorde fonde de grands espoirs sur l'ouverture de l'amphithéâtre pour propulser ses ventes et son attractivité. «On espère que ça va faire une différence. Avec les spectacles et si jamais il y a le retour d'une équipe [de la Ligue nationale de hockey], ça peut nous aider, effectivement», affirme le directeur général de l'hôtel, Marc Ruest. L'établissement hôtelier profitera de la visibilité que Québec gagnera à travers le continent, croit-il. «C'est une équipe professionnelle qui fait le tour de l'Amérique du Nord. Ça peut aider beaucoup la visibilité de la ville de Québec. Les retombées peuvent être extraordinaires», dans un contexte où la concurrence est féroce pour les hôtels. 

***

Engouement qui ne se dément pas pour Ciel!

Depuis son ouverture en octobre, le restaurant Ciel!, qui a remplacé l'Astral au sommet du Concorde, a un carnet de réservations qui ne dérougit pas. Le Soleil a même entendu que le resto était plein... jusqu'en avril! Vérification faite auprès de Sylvie Beaulieu, porte-parole du Groupe Restos Plaisirs, qui gère l'établissement, la liste des réservations n'est pas embouteillée à ce point - il est toujours possible de se trouver une petite place en appelant d'avance - mais «le restaurant est très populaire». À un point tel que même la direction a été surprise par l'engouement, après l'«explosion» des premiers jours d'ouverture. «Ça a été reçu par les gens de Québec comme un cadeau et tout le monde veut en bénéficier et voir les changements qui ont été apportés.»

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