Des économistes envisagent une autre baisse du taux directeur

Dans l'ordre, Marc Lévesque, d'Investissements PSP, Stéfane Marion,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dans l'ordre, Marc Lévesque, d'Investissements PSP, Stéfane Marion, de la Banque Nationale, Clément Gignac, de l'Industrielle Alliance, et François Dupuis, du Mouvement Desjardins

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Remis de leurs émotions de la veille - ils n'avaient pas vu venir la décision de la Banque du Canada de baisser son taux directeur de 1,00 % à 0,75 % -, les économistes ont refait leurs devoirs. Deux d'entre eux, François Dupuis, économiste en chef au Mouvement Desjardins, et Stéfane Marion, stratège en chef à la Banque Nationale, avouent qu'ils ne seraient pas surpris de voir le taux directeur chuter à 0,50 % en 2015.

Ce dernier fait valoir que le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, voudra sans doute être «conséquent» et se donner une «assurance supplémentaire» lorsqu'il aura sous la main le contenu des budgets du gouvernement fédéral - dont le dépôt a été reporté - et des gouvernements provinciaux. «La Banque du Canada ne connaît pas encore les paramètres avec lesquels elle aura à travailler. Aurons-nous des budgets qui stimuleront la croissance ou qui, au contraire, vont la restreindre?»

Pour François Dupuis, une glissade prolongée des prix du pétrole pourrait forcer la main de la Banque du Canada à diminuer son taux préférentiel à 0,50 %.

En compagnie de leur collègue Marc Lévesque, économiste en chef chez Investissements PSP, MM. Dupuis et Marion participaient, jeudi, au traditionnel dîner-conférence sur les prévisions économiques organisé par le Cercle finance du Québec et animé par Clément Gignac, vice-président à l'Industrielle Alliance.

Les experts s'entendent pour dire que le cours moyen du baril de pétrole devait augmenter en 2015 pour s'établir entre 60 $US et 68 $US. Il affichait, jeudi, 46,31 $US. Quant à la devise canadienne, elle devrait continuer à s'échanger à 78 ¢US et 82 ¢US. Le huard valait 81 ¢US.

Selon François Dupuis, «à court terme, la chute des prix de l'essence aura des conséquences inégales et amplifiera l'incertitude» à l'échelle planétaire.

Évidemment, ce phénomène va appuyer la croissance, notamment au Canada et aux États-Unis, «mais elle n'arrivera pas à contrebalancer le climat de morosité outre-mer. Les problèmes géopolitiques continueront d'alimenter l'incertitude». Chez nos voisins du sud, François Dupuis constate que les Américains n'ont jamais été aussi confiants depuis le jour de la capture de Saddam Hussein. «Ils ont retrouvé leur esprit animal. Ils ont retrouvé le goût de prendre des risques.»

L'Ouest souffre

Pour les consommateurs, la vie est belle, résume Stéfane Marion. L'essence et la nourriture coûtent moins cher. Les taux d'intérêt sont bas. Le marché du crédit se porte bien. «Et la Bourse devrait continuer à générer des rendements minimalement raisonnables», estime Marc Lévesque.

Selon M. Marion, personne ne doit perdre de vue la place prépondérante occupée au Canada par l'industrie pétrolière. La chute de 41 % des prix de l'or noir finira par affecter l'ensemble de l'économie du pays. Ce n'est pas pour rien que le gouverneur de la Banque du Canada a cru bon de passer l'action mercredi.

«N'oublions pas que 71 % de tous les emplois créés au Canada en 2014 l'ont été dans les cinq provinces de l'Ouest, le coeur de l'industrie pétrolière.» Il a aussi rappelé que l'Alberta représentait 33 % des emplois au Canada. On y réalisait 36 % des ventes au détail au pays. «Je ne dis pas que le Canada va tomber en récession parce que l'Alberta va mal», a-t-il tenu à préciser.

N'empêche que le prix du pétrole n'augmente pas, les provinces productrices seront moins riches et il y aura moins de sous dans la cagnotte de la péréquation. En 2014, le Québec a eu droit à 9,5 milliards $ à ce chapitre.

«Comment fait-on au Québec pour compenser le fait que la péréquation pourrait être réduite?»

Pour le stratège en chef de la Banque Nationale, le Québec devra alors miser sur l'accroissement de sa productivité et une meilleure intégration des immigrants.

Selon Stéfane Marion, les immigrants qui débarquent au Québec sont plus éduqués que ceux qui s'installent dans les autres provinces. Par contre, ils éprouvent plus de difficultés à se dénicher un emploi et ils reçoivent une rémunération inférieure à celles des immigrants des autres provinces. «Ce n'est pas pour rien que l'on perd systématiquement entre 20 % et 25 % par année.»

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