L'hôtellerie québécoise souffre de l'hébergement «fantôme»

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Les plateformes numériques comme Airbnb, FlipKey ou HomeAway permettent au commun des mortels de louer un appartement ou une maison sans être soumis aux mêmes obligations qu'un hôtelier.

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(Québec) De gros nuages gris surplombent le secteur de l'hôtellerie au Québec. La croissance du phénomène de l'hébergement «fantôme» n'annonce rien de bon pour les hôteliers.

À travers ce temps orageux, des rayons de soleil réussissent à percer le ciel. Comme la faiblesse du huard, par exemple. Ou encore l'amélioration de la situation économique des ménages américains.

«Le dollar canadien favorisera l'entrée des voyageurs étrangers et il limitera les sorties des Canadiens hors du pays», suggère l'économiste principale du Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau, qui vient de publier un rapport sur l'état du secteur hôtelier au Québec.

Parmi les autres points positifs, elle signale la baisse des coûts de l'énergie et les bas taux d'intérêt qui favorisent la réalisation de projets d'investissement. «Le Canada et le Québec demeurent des destinations sécuritaires pour les voyageurs, ce qui n'est pas un argument négligeable», fait-elle remarquer.

Pour revenir aux nuages gris qui guettent l'industrie, elle mentionne que le niveau d'endettement des ménages canadiens fait en sorte que les familles ont moins d'argent dans leur poche pour voyager.

De plus, les restrictions budgétaires en cours, tant dans le secteur public que privé, ne sont guère propices aux déplacements des travailleurs. «Moins de congrès internationaux sont attendus qu'en 2014 tant à Montréal qu'à Québec.»

Dans son rapport, Joëlle Noreau révèle que le nombre de chambres disponibles n'a cessé de diminuer au cours des dernières années. De 77 000 en 2008 et 2009, il s'établissait à 70 781 en 2014. La récession a évidemment fait son oeuvre. Des hôtels ont mis la clé sous la porte. D'autres ont développé une nouvelle vocation pour se transformer en résidences pour les aînés ou en hébergement pour les étudiants.

Quant au taux d'occupation moyen, il a atteint un sommet (56,1 %) en 2014 après avoir évolué en dents de scie au cours des 14 dernières années.

En ce qui a trait au prix moyen des chambres au Québec, il est passé de 115,80 $ à 121,40 $ entre 2009 et 2014.

Chasse à l'hébergement «fantôme»

La technologie a bouleversé les habitudes des hôteliers qui doivent être maintenant présents sur le Web pour attirer les clients. Certains d'entre eux font appel à des agences de voyage en ligne. Or, ça ne s'avère pas toujours un succès.

«Quelques agences ont des taux de commission qui peuvent atteindre jusqu'à 30 % ou, encore, certaines demandent une avance de commissions sur des séjours qui n'ont pas encore été effectués. Devant ces difficultés, des chaînes hôtelières et les associations hôtelières ont mis sur pied de nouveaux canaux de communication et de distribution. En parallèle, les établissements tentent d'augmenter leurs ventes sur leurs propres sites, mais la compétition est féroce sur les moteurs de recherche où les premiers rangs sont très convoités par les agences.»

Aux prises avec l'hébergement «fantôme», l'industrie hôtelière n'est pas sortie de l'auberge.

Les plateformes numériques comme Airbnb (son potentiel est estimé à un demi-million de logements dans 34 000 villes), FlipKey ou HomeAway permettent au commun des mortels de louer un appartement ou une maison sans être soumis aux mêmes obligations qu'un hôtelier.

«Les arguments du secteur hôtelier contre ce mode de conduite sont les suivants : premièrement, il s'agit d'évasion fiscale de la part des locateurs qui omettent ces revenus dans leur déclaration de fin d'année», explique l'économiste principale. «Ensuite, ces locateurs profitent du marketing servant à faire la promotion d'une destination alors que les sommes destinées à financer ces campagnes sont prélevées à même une taxe additionnelle auprès des établissements officiels. Par ailleurs, le manque de standards dans ce type d'hébergement fait en sorte qu'il n'y a pas d'obligation à se conformer à des normes, alors que les établissements officiels doivent engager des frais pour les respecter.»

Selon Joëlle Noreau, la popularité croissante de l'hébergement «fantôme» répond à un besoin.

«Il faut se demander s'il n'est pas en train de révolutionner le milieu. Un des grands défis du secteur officiel de l'hébergement est de trouver des réponses à cette demande afin de garantir une expérience insurpassable à la clientèle tout en conservant la pérennité de ses activités.»

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