Faillites: de plus en plus d'entreprises sur la corde raide

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Le nombre d'entreprises qui ont fait une proposition à leurs créanciers en hausse de 160 %.

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(Québec) Si le nombre de faillites d'entreprises a chuté de 15 % pour les neuf premiers mois de 2014 dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec comparativement à la même période en 2013, le nombre de sociétés qui ont fait une proposition à leurs créanciers pour éviter la banqueroute a bondi de 160 %.

Le constat est moins frappant du côté des consommateurs, mais il témoigne tout de même une tendance.

Selon le Bureau du surintendant des faillites, le nombre de particuliers qui ont déposé leur bilan dans la RMR de Québec - qui couvre principalement le territoire des villes de Québec et de Lévis - a diminué de 12 % au cours des trois premiers trimestres de 2014 par rapport à la même période un an plus tôt. Par contre, les statistiques montrent que le nombre de consommateurs qui ont présenté une offre de règlement à leurs créanciers, comme le permet la Loi sur la faillite et l'insolvabilité, a bondi de 44 %. Ils étaient 173 au terme du troisième trimestre de 2013. Ils étaient 249 à la fin de celui de 2014.

Au Québec, à la fois pour les entreprises et les consommateurs, le nombre de faillites a baissé de 2 %, au cours des neuf premiers mois de 2014 comparativement à la même période en 2013, alors que le nombre de dossiers de propositions avait grimpé de 20 %.

Associé au cabinet de comptables Lemieux Nolet, Martin Poirier y voit les signes d'un ralentissement dans la région de Québec, d'un «resserrement» de l'économie.

Retour du balancier

«Peut-être que l'on a trop surfé sur la vague et que l'on doit, aujourd'hui, subir les effets du retour du balancier», commente M. Poirier en signalant que l'activité de l'insolvabilité dans la région avait pris du poil de la bête depuis le printemps. Ce n'est pas l'ouvrage qui manque pour les syndics de faillite! «Chez Lemieux Nolet, nous avons connu un automne comme il y a longtemps que nous n'avions pas connu.»

«Tant qu'il y a de l'argent qui entre, ça va bien. L'entrepreneur fait ses paiements sans trop se casser la tête. Dès que l'économie commence à se resserrer, l'argent n'entre plus au même rythme. Les mauvais contrats pour lesquels il a brûlé beaucoup d'argent refont surface. Avec les années, la liste des fournisseurs s'est allongée. La marge de crédit aussi. Puis, arrive le jour où les entrées d'argent ne suffisent plus à payer tout le monde», explique Martin Poirier.

C'est alors que l'entrepreneur déposera un avis d'intention en vue de faire une proposition d'arrangement à ses créanciers. Une procédure visant à sauver l'entreprise de la faillite. Des fois, ça marche. Des fois, ça ne marche pas.

«Il y a des entreprises qui sont appelées, un jour ou l'autre, à mourir faute d'un marché en perte de vitesse ou pour une foule de bonnes ou de mauvaises raisons. D'autres entreprises ont tout simplement été victimes d'une malchance. Celles-là, il est possible de les relancer.»

Situation précaire

Dans un sauvetage d'entreprise, tous les emplois pourront être préservés. Dans l'arrangement recherché avec ses créanciers, le Groupe Épicia propose de mettre la clé sous la porte de 14 de ses fruiteries, dont 11 succursales Le Jardin Mobile à Québec. Le prix à payer pour la région : l'élimination d'environ 400 emplois.

Que ce soit pour le Groupe Épicia ou pour toute autre entreprise «sauvée» d'une faillite, ceux et celles qui sont mis de côté se retrouvent dans une situation précaire.

«Sans salaire, ils vont compenser pendant un certain avec les moyens du bord. Et si leur situation ne s'améliore pas, à leur tour, ils iront cogner à la porte de leurs créanciers», souligne Martin Poirier en indiquant que la région de Québec se retrouve aujourd'hui dans un cycle que personne n'est en mesure de prédire où il conduira les entreprises et les consommateurs.

Faillites: un bon bilan... pour l'instant!

Selon les plus récents résultats publiés par le Bureau du surintendant des faillites, la RMR de Québec avait enregistré 429 faillites au troisième trimestre de 2014, soit une baisse de 12 % - 61 faillites de moins - par rapport à la même période en 2013, comme nous l'écrivions dans le texte précédent.

La baisse du nombre de dossiers d'insolvabilité est survenue tant du côté des consommateurs (- 12 %) que de celui des entreprises (- 15 %). Au troisième trimestre, 401 consommateurs avaient déposé leur bilan et 28 entreprises avaient fait de même.

Pour les neuf premiers mois de l'année, le Bureau du surintendant des faillites a comptabilisé 1405 dossiers d'insolvalibilité comparativement à 1489 - une baisse de 5,6 % - par rapport à la même période en 2013. Du nombre, 1298 faillites du côté des consommateurs et 107 de celui des entreprises.

«La région est donc dans la bonne direction pour maintenir son bilan annuel sous la barre des 2000 faillites pour une quatrième année consécutive», signale au Soleil l'économiste principal de Québec International, Louis Gagnon.

«Cependant, le milieu d'affaires de Québec doit encore s'ajuster aux nouvelles réalités économiques, notamment nationales et internationales.»

=> Quelques faillites des derniers mois (grande région de Québec) 

  • Restaurant Yuzu (du quartier Saint-Roch)
  • Théâtre Décibel
  • Recyc-RPM (Beauceville et Saint-Damien)
  • Purgenis Technologies (Montmagny)
  • Innovente (Saint-Patrice-de-Beaurivage)

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