Patrons et perspectives économiques régionales: très prudents et un peu optimistes

Prudence. Prudence. Prudence. Tout ça assaisonné d'un brin d'optimisme. (Photothèque Le Soleil)

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(Québec) Prudence. Prudence. Prudence. Tout ça assaisonné d'un brin d'optimisme.

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Les dirigeants d'entreprise de la grande région de Québec demeurent confiants par rapport aux perspectives économiques pour la nouvelle année qui vient de commencer. Toutefois, ils montrent une bonne dose de prudence.

Chose certaine, ils n'affichent plus le même élan de confiance qu'il y a deux ou trois ans.

Québec International, la Chambre de commerce et d'industrie de Québec et la Chambre de commerce de Lévis ont dévoilé, vendredi, les résultats de l'enquête sur l'indice de confiance des dirigeants d'entreprise de la grande région de Québec sur les perspectives économiques 2015 pour leur compagnie et pour la région en général. Le coup de sonde, mené par Léger, a été réalisé, entre le 17 novembre et le 4 décembre, auprès de 237 dirigeants d'entreprise de Québec, de Lévis et d'autres municipalités de la grande région de Québec.

Ça fait maintenant cinq ans que les organismes de promotion et de développement économique prennent, de cette façon, le pouls des patrons d'entreprise à l'aube d'une nouvelle année.

Le sondage révèle que, depuis 2012, une baisse d'optimisme de la part des dirigeants à l'égard des perspectives économiques de la région de Québec (voir le tableau). À 77 en 2012, l'indice a chuté à 71,2 en 2013 puis à 65,6 en 2014 pour finalement s'établir à 60,9 pour 2015. Vice-présidente du bureau de Québec de Léger, Caroline Roy, a voulu relativer cette donnée en rappelant que les années 2011 et 2012 avaient été «exceptionnelles» pour la région de Québec qui s'illustrait comme l'une des régions les plus dynamiques au Canada au même titre que celles de Calgary ou d'Edmonton.

Ce n'est pas que la région de Québec que l'optimiste des gens d'affaires s'effrite un peu, mais aussi pour le Québec tout entier.

Par contre, les patrons retrouvent leur grand sourire qu'ils commencent à penser aux perspectives économiques aux États-Unis. Ça peut expliquer pourquoi, de plus en plus, les dirigeants d'entreprise veulent diversifier leur marché. En effet, en 2015, 48 % d'entre eux comptent aller vendre leurs produits à l'extérieur du Québec, principalement aux États-Unis. En 2012, ce pourcentage n'était que de 33 %. «C'est bon signe», commente le pdg de Québec International, Carl Viel, en rappelant que la bonne santé économique des Américains - qui sont les principaux clients des entreprises exportatrices d'ici - signifie que les occasions d'affaires au sud de la frontière risquent d'exploser.

Par ailleurs, pour leur propre secteur d'activité, 65 % des dirigeants d'entreprise entrevoient l'année 2015 avec optimisme. Par contre, l'indice affiche une baisse de huit points de pourcentage par rapport aux perspectives de 2014. Cet indice est d'ailleurs en baisse depuis 2012, fait remarquer Caroline Roy.

***

Enjeux et indices

Les dirigeants d'entreprise ont été invités à déterminer les enjeux majeurs pour la grande région de Québec en 2015. Voici les quatre principaux.

- 70 % la gestion des finances publiques

- 52 % la création d'emplois et la croissance économique

- 41 % la disponibilité de la main-d'oeuvre

- 27 % le développement du réseau routier et du transport en commun

Quatre indices illustrant que les dirigeants d'entreprise de la grande région de Québec sont confiants pour 2015.

- 76 % anticipent une hausse des ventes (80 % en 2014)

- 73 % souhaitent investir dans leur entreprise en 2015 (même pourcentage en 2014)

- 62 % affirment que leur carnet de commandes est aussi bien sinon mieux rempli qu'à pareille date l'an dernier (58 % en 2014)

- 61 % prévoient faire des embauches (même pourcentage en 2014)

Recrutement de la main-d'oeuvre: pire que jamais

Le rythme d'embauche n'est plus celui de 2013, mais les entreprises continuent de recruter de nouveaux talents. Et leur tâche devient de plus en plus difficile.

En 2015, 61 % des dirigeants d'entreprise comptent embaucher du personnel au sein de leur organisation, révèle le sondage portant sur l'indice de confiance des patrons de la région de Québec. Ce pourcentage atteint près de 80 % dans le secteur des technologies d'information, signale Caroline Roy, vice-présidente du bureau de Québec de Léger.

À titre comparatif, en 2013, pas moins de 76 % des dirigeants d'entreprise consultés prévoyaient faire des embauches au cours de l'année. Au terme de l'exercice, 67 % d'entre eux ont respecté leur promesse. Au début de 2014, 61 % des dirigeants avaient fait savoir qu'ils allaient ouvrir leurs portes à de nouveaux travailleurs en cours d'année. Au bout du compte, ils ont été plus nombreux (64 %) à le faire.

C'est principalement pour répondre à la croissance de leurs activités et pour contrer les effets du roulement du personnel - un phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur - que les entreprises sont actives sur le marché de l'emploi.

Par contre, elles sont de plus en plus nombreuses à éprouver toutes les misères du monde pour trouver les perles rares. En effet, 83 % des dirigeants d'entreprise éprouvent «souvent» ou «à l'occasion» de la difficulté à recruter de la main-d'oeuvre dans la région de Québec. Ce pourcentage était de 79 % l'an dernier.

Et comme l'a fait remarquer le président de la Chambre de commerce de Lévis, Jérôme Ratté, la difficulté de trouver des bras et des cerveaux ne se limite plus qu'à la main-d'oeuvre spécialisée, mais aussi à celle ne possédant aucun diplôme. En effet, 27 % des dirigeants qui éprouvent de la difficulté dans le recrutement de personnel souvent ou à l'occasion recherchent de la main-d'oeuvre non spécialisée.

Ce qui préoccupe Alain Aubut, le nouveau président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, c'est de constater que 48 % des dirigeants interrogés par Léger affirment que les difficultés actuelles de recrutement constituaient un frein à la croissance de leur compagnie. Il lance un appel à la mobilisation générale pour attirer à Québec plus de travailleurs des autres régions du Québec et des autres coins du monde.

Le pdg de Québec International, Carl Viel, fait remarquer, pour sa part, que le bassin de main-d'oeuvre est de plus en restreint. Avec 426 400 emplois en 2014, presque 90 % des gens aptes à travailler dans la région de Québec sont en emploi.

Les chiffres de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada publiés, hier, montrent qu'il y a eu création de 4500 emplois dans la région en 2014 par rapport à 2013. Le taux de chômage termine l'année à 5,2 %, l'un des plus bas au pays.

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