Polycor redevient une propriété québécoise

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«Il n'est pas rare d'entendre dire qu'il est difficile pour les entreprises qui ne sont pas de Montréal ou de Toronto d'attirer des capitaux américains dans leur coin de pays. Nous nous efforçons de prouver le contraire» - Le président et chef de la direction de Polycor, Patrick Pérus

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(Québec) Ce n'est pas tous les jours que des gens d'affaires de Québec peuvent racheter leur entreprise, vendue à des Français en 2007, avec un financement de plus de 20 millions $ provenant des États-Unis.

C'est pourtant le tour de force que vient de réaliser l'équipe de direction de Polycor, une entreprise spécialisée dans l'extraction et la transformation de la pierre naturelle.

«Il n'est pas rare d'entendre dire qu'il est difficile pour les entreprises qui ne sont pas de Montréal ou de Toronto d'attirer des capitaux américains dans leur coin de pays. Nous nous efforçons de prouver le contraire», explique au Soleil le président et chef de la direction de Polycor, Patrick Pérus.

Polycor a annoncé, jeudi, que l'équipe de direction de l'entreprise de 320 employés - dont 240 s'activent au Québec - avait reçu un coup de pouce de plus de 20 millions $ pour racheter la totalité du capital de son actionnaire français - Rocamat - et pour rembourser l'investissement réalisé dans l'entreprise par le Fonds de solidarité FTQ il y a plusieurs années.

L'aide vient de PNC Mezzanine, une filiale de la banque PNC de Pittsburgh en Pennsylvanie.

Polycor n'est pas une parfaite inconnue chez nos voisins du sud. Elle y réalise 70 % de ses ventes. Des ventes qui ont totalisé 60 millions $ en 2014 au Canada et aux États-Unis. «Les Américains nous connaissent. Ils savent ce que nous faisons et ce que nous pouvons faire», souligne M. Pérus.

Fondée en 1987 par Irénée Bouchard, Charles Belzil et Jean-Nil Bouchard, Polycor avait été vendue, en 2007, à des financiers européens et pour se joindre à la famille de Rocamat, le premier producteur mondial de calcaire.

Rocamat, comme l'ensemble des entreprises françaises, traverse une période difficile en raison d'une économie européenne titubante. La compagnie a amorcé, ces derniers mois, une importante restructuration de ses affaires et a décidé, notamment, de se départir de ses actifs moins stratégiques, comme Polycor.

En 2013, Rocamat avait vendu 35 % de Polycor à l'équipe de direction de l'entreprise à Québec. Les billets verts de PNC Mezzanine permettent maintenant à l'équipe de direction de mettre la main sur l'ensemble des actifs de la compagnie qui redevient une propriété québécoise.

Croissance de 10 % par an

Pour Patrick Pérus, les astres sont parfaitement alignés pour permettre à Polycor de poursuivre son ascension. Depuis 2011, elle a enregistré une croissance annuelle de plus de 10 % de son chiffre d'affaires. Une performance qui devrait être égalée, selon lui, en 2015 et en 2016.

«Toutes les raisons sont permises pour être optimistes avec la reprise du marché américain - la principale destination de nos produits - la baisse du dollar qui nous rend plus compétitif, la chute du prix du pétrole et les récentes acquisitions que nous avons réalisées, notamment celle d'une carrière et d'une usine de pierre à savon en Virginie. Nous sommes d'ailleurs en mode acquisition. Nous évoluons dans une industrie très fragmentée et des opportunités se présentent à nous fréquemment.»

Possédant 25 carrières et des usines au Canada et aux États-Unis, Polycor transforme le granit, le marbre, le calcaire, la pierre à savon et le verre recyclé en tranches, en tuiles, en mosaïques, en bordures et en produits d'aménagement paysager. Elle produit plus 1,5 million de pieds cubes de blocs bruts par année.

Son marché principal est celui de la construction. Polycor ne vend pas directement aux consommateurs, mais aux fabricants de comptoirs de cuisine par exemple. «Dans une maison sur 20 dans l'est du Canada et le nord-est des États-Unis, le comptoir de cuisine est fabriqué avec de la pierre naturelle Polycor.»

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