Énergie Est: l'approvisionnement en gaz naturel incertain

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Dans un avis publié ce matin, l'«arbitre» du marché énergétique québécois estime qu'on ne pourra pas compter sur les gaz de schiste ni sur le biogaz pour répondre à une partie appréciable des besoins de la province en gaz naturel d'ici 2030.

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(Québec) Dans sa forme actuelle, le futur pipeline de TransCanada pourrait compromettre l'approvisionnement du Québec en gaz naturel, en plus de faire payer les consommateurs de gaz pour un projet qui profitera essentiellement aux producteurs de pétrole, tranche la Régie de l'énergie du Québec (REQ). Mais il ne devrait pas avoir d'effet sur les prix, contrairement à certaines des craintes formulées récemment par Gaz Métro.

Dans un avis publié mercredi matin, l'«arbitre» du marché énergétique québécois estime qu'on ne pourra pas compter sur les gaz de schiste ni sur le biogaz pour répondre à une partie significative des besoins de la Belle Province en gaz naturel d'ici 2030. Les consommateurs de gaz du Québec dépendent donc presque entièrement de la production de l'Ouest canadien et des États-Unis, et tout ce gaz qui transite nécessairement par un «triangle de pipelines» situés en Ontario, entre Toronto, Ottawa et North Bay.

Or si le projet Énergie Est a surtout semé la controverse à cause du terminal pétrolier que TransCanada veut construire à Cacouna, au coeur de ce que les biologistes considèrent comme une pouponnière à bélugas, il implique aussi de convertir un gazoduc de ce fameux «triangle» en oléoduc - et de le remplacer par une autre conduite, plus petite. Le hic c'est qu'en période de pointe, ce gazoduc fonctionne déjà à plein régime et qu'une diminution de sa capacité risque d'entraîner des pénuries. La présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu, ainsi que plusieurs distributeurs ontariens ont multiplié les sorties publiques ces derniers mois pour le dénoncer. Mme Brochu a même parlé d'une facture approchant les 100 millions $ par année pour les consommateurs québécois.

Sur ce dernier point, la Régie lui donne tort, concluant «que le projet Énergie Est aura peu d'impact sur le prix du gaz naturel aux carrefours d'échange de Dawn et AECO. Comme les distributeurs du Québec s'approvisionnent à ces points, le projet Énergie Est affectera peu leur coût de fourniture.»

Cependant, la Régie partage au moins en partie les craintes deMme Brochu au sujet de l'approvisionnement du Québec en gaz naturel. TransCanada, lit-on dans l'avis, calcule que son futur gazoduc à capacité réduite entre North Bay et Ottawa devrait suffire à la tâche parce que d'autres projets de gazoducs sont présentement à l'étude en Nouvelle-Angleterre, et qu'ils réduiraient le trafic dans le «triangle ontarien» s'ils se réalisaient. Or, note l'avis, «aucun d'entre eux n'est encore confirmé. [... Ces] projets demeurent incertains malgré une forte demande.»

Si ces nouveaux gazoducs voyaient bel et bien le jour, cependant, il en résulterait une surcapacité de transport au Canada qui, sans Énergie Est, engendrerait des coûts supplémentaires, indique le document.

Par ailleurs, observe la Régie, «le projet Énergie Est est conçu pour desservir avant tout les expéditeurs de pétrole. La Régie est d'avis que ces derniers devraient assumer les coûts associés au volet pétrolier de ce projet. Le volet gazier de ce projet introduit des coûts et des risques que les expéditeurs de gaz naturel n'ont pas à supporter actuellement [et qu'ils] ne devraient pas être les seuls à les assumer», ce qui est le cas dans la mouture actuelle d'Énergie Est.

Du côté des acteurs concernés, tant TransCanada que Gaz Métro se sont dits «satisfaits» de l'avis de la REQ. «Nous nous réjouissons que la Régie de l'énergie partage la plupart de nos inquiétudes quant au projet Énergie Est et à l'impact pour la clientèle gazière du Québec», a déclaré Stéphanie Trudeau, de Gaz Métro. La compagnie, notons-le, maintient malgré tout que le projet actuel fera augmenter les prix du gaz au Québec.

Chez TransCanada, le porte-parole Tim Dyboyce a souligné le fait que l'entreprise vient d'entamer un nouvel examen des besoins de sa clientèle de l'Est du Canada. «Ce qu'on a toujours dit, c'est que si on nous fait la démonstration qu'on aura besoin de plus de capacité, alors on va l'ajouter», dit-il, précisant du même souffle qu'il serait «spéculatif» de penser que c'est ce qui va arriver.

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