Le combat de Béton Provincial

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Le président de Béton Provincial, André Bélanger, entend ses rivaux dire que son béton n'est pas québécois, car son ciment n'est pas québécois. De la foutaise, juge-t-il.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Béton Provincial se plaît dans son rôle de David affrontant Goliath.

«Nous aimons nous définir comme le plus québécois des fabricants de béton», déclare le président de l'entreprise, André Bélanger. «Quand un client veut du béton québécois, c'est à notre porte qu'il vient cogner.»

Ça joue du coude dans l'industrie du béton au Québec. Chaque part de marché est arrachée de dure lutte. Béton Provincial bataille férocement contre des concurrents qui sont majoritairement des filiales de grandes multinationales comme Holcim, Lafarge et Italcementi.

«Dans le béton, nous sommes le premier joueur en importance au Québec», affirme André Bélanger qui est aujourd'hui à la tête de l'entreprise fondée en 1960 par son père, Walter. «Dans le secteur du pavage, il n'y a que deux joueurs devant nous.»

Contrairement à ses principaux concurrents, Béton Provincial n'exploite pas une cimenterie. «Le ciment, c'est notre principale dépense. Il est au béton ce que la farine est aux produits de boulangerie.»

Alors quand vient le temps d'acheter son ciment, Béton Provincial ne reçoit pas de cadeau de ses compétiteurs. C'est pourquoi, depuis une douzaine d'années, l'entreprise affiche son autonomie et importe sa précieuse «farine», principalement de l'Asie.

«Pour en arriver à compétitionner avec nos principaux concurrents, il a fallu nécessairement alléger nos coûts de production, notamment en reconsidérant la façon dont nous nous approvisionnions en ciment», explique M. Bélanger au Soleil.

Dans le port de Québec, Béton Provincial a construit un terminal pour recevoir la poudre de ciment et une station de malaxage dotée d'une technologie de classe mondiale lui permettant de fabriquer des ciments à la carte.

André Bélanger entend évidemment ses rivaux dire que son béton n'est pas québécois, car son ciment n'est pas québécois. De la foutaise, juge-t-il.

«La poudre de ciment que nous importons est de qualité supérieure et répond aux normes internationales les plus strictes.» D'ailleurs, il tient à rappeler qu'aux États-Unis, en 2006, les fabricants de béton avaient importé 30 millions de tonnes de ciment et qu'une fois que notre voisin du sud sera pleinement sorti de la crise, il s'en importera encore plus.

Est-ce que Béton Provincial pourrait acheter sa matière première de Ciment McInnis, de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie qui, lui aussi, dérange les mêmes grandes multinationales? «Ça nous fait un fournisseur potentiel de plus», répond André Bélanger.

85
usines de béton préparé
15
usines de pavage
5
usines de béton préfabriqué
450
bétonnières
1600
bétonnières

Le Klondike à Terre-Neuve-et-Labrador

C'est par l'acquisition d'usines un peu partout au Québec que l'entreprise - qui a vu le jour à Matane - a pris de l'expansion au cours des dernières années. Elle compte notamment 85 usines de béton préparé. Rappelons que le béton est un assemblage de matériaux qu'on ne peut pas faire voyager sur des longues distances. C'est pourquoi il faut multiplier le nombre d'usines au fur et à mesure de la conquête de nouveaux territoires. Béton Provincial possède également 17 usines portatives.

La compagnie a véritablement pris son envol en 1973 avec l'obtention d'un contrat pour la fourniture de 260 000 mètres cubes de béton pour la construction de la centrale hydroélectrique Outardes 2. D'autres contrats ont été accordés par la suite par Hydro-Québec pour les projets Manic 5, Eastmain 1 et La Romaine, entre autres.

Le terrain de jeu de l'entreprise - qui produit plus d'un million de tonnes de mètres cubes de béton par année -, c'est le Québec et les provinces maritimes. Au mois de juin dernier, Béton Provincial a mis la main sur deux usines de béton en Outaouais dans l'espoir de flirter avec le marché ontarien.

«Ces dernières années, nous avons surtout cherché à consolider notre position au Québec pour continuer à être un joueur majeur. Ici, les opportunités de croissance n'ont pas manqué. Ce fut le cas, aussi, dans les provinces maritimes.»

Au cours des derniers mois, Béton Provincial a trouvé le Klondike à Terre-Neuve-et-Labrador.

Sur la partie inférieure de la rivière Churchill à Muskrat Falls, deux barrages et une centrale hydroélectrique d'une capacité de production de 824 MW sont en construction. Béton Provincial y a décroché un contrat de pavage d'une valeur d'une quarantaine de millions de dollars et un autre - de plus de 100 millions $ celui-là - pour la construction du complexe hydroélectrique. Tant pour sa division de béton préparé que pour celle du pavage, il s'agissait des deux plus importants contrats jamais obtenus par la compagnie québécoise qui fournit un gagne-pain à 1600 personnes.

Pour la construction du complexe hydroélectrique de Muskrat Falls, Béton Provincial fournira pas moins de 500 000 mètres cubes de béton. Il y a installé deux usines de béton préparé et une usine à glace, car le béton sera fabriqué à basse température pour éviter d'éventuelles fissures. «En volume, c'est 20 fois l'ampleur du projet de l'amphithéâtre de Québec», fait remarquer André Bélanger.

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