Avalanche sur les plus hauts sommets de France

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La compagnie Mode Avalanche, présidée par Jean-François Caron, livrera cette année entre 5000 et 6000 manteaux et pantalons pour habiller le personnel de 14 des plus importantes stations de ski en France.

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(Québec) La griffe québécoise Avalanche s'impose de plus en plus dans les domaines skiables français, autrichiens, suisses et italiens. «Nous sommes devenus le principal fournisseur d'uniformes pour les employés des stations de ski en France», affirme le président de Mode Avalanche, Jean-François Caron.

La compagnie de Québec livrera, cette année, entre 5000 et 6000 manteaux et pantalons pour habiller le personnel des remonte-pentes, les travailleurs de montagne, les moniteurs et les patrouilleurs de 14 des plus importantes stations de ski en France, dont celles de Tignes, de La Plagne, des Menuires, de Méribel-Alpina, de Val-d'Isère et de Chamonix. Chacun de ces grands domaines skiables peut compter entre 1500 et 2000 employés.

Pour Avalanche, il s'agit des premières retombées d'un contrat de six ans signé avec la Compagnie des Alpes, une filiale de la Caisse des Dépôts et consignations - la Caisse de dépôt et placement des Français - spécialisée dans la gestion de domaines skiables et de parcs d'attractions, dont le Parc Astérix et les musées Grévin.

Un contrat décroché après un long processus de qualification. «Pas moins de 200 échantillons ont été confectionnés et des essais ont duré pendant plus d'une saison», explique Jean-François Caron en rappelant que les uniformes sont différents d'une station à une autre. «Chaque station a ses propres couleurs, ses logos distinctifs et ses commanditaires.»

Depuis l'an dernier, le nom d'Avalanche a fait son apparition en Autriche et en Suisse. Cette année, l'entreprise qui a habillé les journalistes et les techniciens de CBC et de Radio-Canada lors des Jeux olympiques de Turin (2006) et de Sotchi (2014) tente une percée en Italie, un marché plein de potentiel, assure M. Caron, en soulignant que l'Europe représentait maintenant 40 % du chiffre d'affaires de la compagnie.

Le marché mondial des uniformes pour les employés des stations de ski compte peu de joueurs. Parmi eux, la Norvégienne Helly Hansen et l'Américaine Spyder. Pas des deux de pique.

«Généralement, nous acceptons de confectionner des produits que nos concurrents ne veulent pas faire étant donné que la commande n'en vaut pas la peine à leurs yeux. Nous, nous aimons prendre des risques. Ça finit toujours par rapporter quelque chose quelque part.»

Croître dans l'«industrie de la guénille»

C'était à la demande des dirigeants de la Station de ski de Stoneham qui voulaient habiller leurs employés que Francine Poulin avait mis au monde Avalanche en 1986.

En 1997, Jean-Francois Caron et un petit groupe d'actionnaires de Québec achetaient l'entreprise pour lui donner un second souffle et étendre ses tentacules vers les marchés étrangers, notamment aux États-Unis et surtout en France, «le plus grand marché du ski au monde avec l'Autriche». Le Fonds de solidarité FTQ a sauté dans le toboggan, avec un financement de plus de 300 000 $, pour accompagner Avalanche dans ses projets d'expansion.

À l'époque, Avalanche affichait un chiffre d'affaires de 800 000 $ et comptait neuf employés.

M. Caron estime que c'est un exploit, dans l'«industrie de la guenille», de tenir le fort pendant près de 30 ans comme le fait Avalanche. «Je dois lever mon chapeau devant Louis Garneau qui est toujours en affaires après plus de 30 ans.»

Au cours des dernières années, la compagnie a pris la décision d'aller faire assembler ses vêtements au Viêtnam.

«Nous parvenons, malgré tout, à conserver dans nos produits un contenu canadien dans une proportion de 60 à 65 %. Tout le développement et le design des vêtements ainsi que leur expédition chez les clients se font ici. L'assemblage se fait au Viêtnam. C'est une question de coût, évidemment, et de disponibilité de main-d'oeuvre. «Des couturières à Québec, il n'y en a plus. Nous éprouvons toutes les misères du monde à en trouver pour effectuer des réparations. Ainsi, nous avons pu maintenir l'entreprise en vie et créer à Québec des emplois à valeur ajoutée dans les domaines de la création, du design et du contrôle de la qualité.»

Avalanche s'efforce de fabriquer des vêtements chauds, fonctionnels et durables.

Jean-François Caron fait remarquer qu'Avalanche utilise des tissus japonais «intelligents» qui sont plus légers. Les produits isolants ont aussi grandement évolué, notamment avec l'utilisation des duvets synthétiques qui sont aussi chauds, mais plus faciles d'entretien. Le look s'est également amélioré. «Nous avons moins l'air du Bonhomme Michelin lorsque nous enfilons un manteau!»

«Évidemment, pour l'avenir, nous souhaitons accroître notre chiffre d'affaires, tout en maintenant une certaine rentabilité et en assurant une stabilité dans nos marchés. Nous veillons au grain pour maintenir les emplois et éventuellement en créer de nouveaux.»

En France avec Costco?

Costco établira bientôt ses pénates en France. Avalanche aimerait bien que le géant américain de la distribution l'amène dans ses bagages.

Le pain et le beurre du fabricant de vêtements chauds, confortables, durables et adaptés aux conditions climatiques hivernales ainsi qu'aux besoins spécifiques de ceux et celles qui les portent, c'est principalement le marché des stations de ski qui veulent habiller leur personnel. La vente au détail apporte aussi de l'eau au moulin.

Dans la Belle Province, l'entreprise exploite trois boutiques à Québec et trois autres à Sainte-Anne-de-Beaupré, à Bromont et à Mont-Tremblant.

Avalanche vend aussi ses vêtements dans tous les Costco au Canada.

«Costco nous a ouvert ses portes il y a déjà six ans», explique le président d'Avalanche, Jean-François Caron. Ce dernier parle d'un client «exigeant». Par exemple, tous les tissus utilisés par Avalanche dans la confection des vêtements sont passés au peigne fin par les experts de Costco. Les installations des sous-traitants asiatiques choisis par Avalanche pour fabriquer ses vêtements font l'objet de rigoureuses inspections.

«Nous vivons une belle aventure avec Costco. Le distributeur nous a habitués à la rigueur et au contrôle serré de la qualité. En nous obligeant, en quelque sorte, à améliorer nos façons de faire, il nous a permis de faire un pas important vers l'avant.»

Avalanche est actuellement en discussion avec son puissant partenaire d'affaires afin que ce dernier accepte de vendre les produits québécois dans ses commerces aux États-Unis. Du moins dans les États du nord-est du pays et de ceux du Colorado et l'Utah où la pratique du ski est populaire. «Nous aimerions aussi aller à Paris avec Costco», ajoute M. Caron. En Europe et aux États-Unis, Avalanche n'a pas accès directement aux consommateurs. Le partenariat avec Costco pourrait lui procurer cette opportunité.

«Par contre, nous ne voulons pas aller trop vite avec Costco. Chaque chose en son temps. Assurons-nous, d'abord, de consolider nos affaires au Canada.»

Vêtements pour le vélo

Il n'y a pas que l'hiver qui intéresse Avalanche. Il faut y ajouter maintenant le printemps, l'été et l'automne.

À la demande de Costco, la compagnie québécoise a récemment lancé une ligne de vêtements de vélo en collaboration avec un partenaire italien. Ces produits seront vendus exclusivement dans les magasins Costco du pays dans les prochaines semaines.

«Nous avons fait des tests l'an dernier et la réponse des consommateurs a été positive. Alors, on continue», mentionne M. Caron.

«Cette nouvelle production va nous permettre de garder tous nos employés durant toute l'année», se réjouit-il. «J'ai de bons employés et ça m'a toujours fait quelque chose d'avoir à les renvoyer à la maison deux mois par année lors des périodes plus creuses.»

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