Le tourisme à Québec prend une fragile vigueur

La clientèle d'affaires représente 10 % des visiteurs... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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La clientèle d'affaires représente 10 % des visiteurs à Québec, mais rapporte 22 % des recettes touristiques.

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(Québec) Après cinq années de légère décroissance, le tourisme à Québec a repris de la vigueur en 2014. La baisse anticipée des congrès internationaux en 2015 minera-t-elle cette heureuse lancée?

La capitale a cumulé les bons coups ces derniers mois. «À part la restauration, on est en hausse partout», souligne, chiffres à l'appui, le directeur de l'Office du tourisme de Québec, André Roy, en entrevue au Soleil. Les touristes ont été plus nombreux à dormir à l'hôtel, à visiter les boutiques et à profiter des attraits de la ville.

«C'est un peu plus difficile pour les restaurants, notamment avec les travaux sur Grande Allée qui ont commencé après le Festival d'été. Les pancartes, les contraintes pour se rendre, pour se stationner...» André Roy est conscient qu'il y avait des réparations à faire. «Il n'y a jamais de bon moment.»

Si Québec a connu plusieurs grands congrès internationaux cet été, le carnet est beaucoup moins garni pour 2015. «Les très gros congrès, il ne faut pas rêver, ça se booke deux ans à l'avance», dit le directeur de l'Office. «On va travailler plus à proximité, essayer de viser des marchés plus près, en Ontario, au Canada en général, un peu plus aux États-Unis.»

C'est que la clientèle d'affaires est précieuse, explique André Roy. Elle représente 10 % des visiteurs à Québec, mais rapporte 22 % des recettes touristiques. «Les gens d'affaires arrivent ici avec un compte de dépenses, ils découvrent la ville, vont peut-être revenir. C'est un marché qu'il faut maintenir et développer.»

L'austérité qui plane sur le Québec fait-elle craindre pour 2015? «Plus on en parle, plus on accentue le problème», glisse André Roy avec un petit sourire. «Le budget discrétionnaire, le dollar loisir, les gens font plus attention.» Dans la capitale, la clientèle touristique est composée à 73 % de gens qui viennent de partout dans la province.

Mais les Québécois sont aussi attirés par les destinations soleil. Quand il est entré en fonction comme directeur de l'Office il y a un peu plus d'un an, un chiffre l'a particulièrement frappé. Le déficit touristique du Québec est très élevé, soit les gens qui sortent comparativement aux touristes qui rentrent dans la province. Il est passé de - 350 000 personnes à - 3,5 millions de personnes en 10 ans. La raison : les Québécois voyagent de plus en plus à l'extérieur alors que les Américains sont beaucoup moins nombreux à nous visiter depuis le 11 septembre.

Taux de change favorable

Par contre, André Roy mise gros sur le taux de change qui a été très favorable cette année. S'il se maintient en 2015, c'est une bonne nouvelle. «On sait qu'il y a une corrélation très importante entre le taux de change et la venue des Américains chez nous.»

L'Office du tourisme de Québec continue d'utiliser le slogan publicitaire «So Europe, so close» pour attirer la clientèle anglophone. «On joue avec les avantages de la destination, comme une Europe sans décalage horaire», dit son directeur.

L'Office dirige aussi ses efforts vers le tourisme religieux et spirituel. «C'est un produit qui continue d'être en croissance. Nous, on va le supporter, l'aider à se structurer.» André Roy souligne que l'ATR de Québec fait partie d'un regroupement avec trois autres ATR et quatre sanctuaires (la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, l'Ermitage Saint-Antoine du Lac-Bouchette, l'oratoire Saint-Joseph à Montréal et la basilique Notre-Dame du Cap au Cap-de-la-Madeleine) pour travailler en commun à leur promotion.

En 2015, Québec commencera l'année avec les Jeux mondiaux d'hiver des maîtres. S'ensuivront le Carnaval, le Pentathlon des Neiges, le Tournoi pee-wee, la Coupe du monde de surf des neiges. L'Office réserve aussi 200 000 $ pour supporter la diffusion culturelle de l'amphithéâtre.

En revenant sur 2014, le directeur de l'Office mentionne la belle saison des croisières qui a connu une année record, avec 109 escales et 180 000 croisiéristes et membres d'équipage qui ont débarqué dans la capitale.

Il salue la création d'une cellule «grands événements» qui se met en place dès que trois navires sont au port, une nouveauté héritée du Forum de Québec sur les croisières tenu en février. Policiers, pompiers, tout est prévu pour faciliter la circulation, alléger la logistique.

Et le beau de l'affaire, c'est qu'il est possible de planifier ces mesures puisque les dates des croisières sont connues.

Au palmarès des mégasuccès, André Roy nomme enfin le Grand Prix cycliste de Québec et le Championnat de Québec au club de golf La Tempête.

Contre l'abolition du ministère du Tourisme

Récemment, huit intervenants du milieu touristique ont signé une lettre demandant l'abolition du ministère du Tourisme. Leur constat : le gouvernement ne parvient pas à bien «vendre» la Belle Province. Une idée à laquelle André Roy, directeur de l'Office du tourisme de Québec, n'adhère pas.

«Moi, je ne préconise pas la disparition du Ministère. Est-ce qu'il faut revoir sa mission? Ses tâches? À eux de regarder ça», dit-il en soulignant que les ATR associés du Québec ont déposé un mémoire à la ministre concernée, Dominique Vien.

«Notre industrie a évolué énormément depuis les 10 dernières années. Je pense que si on veut être capable de tirer notre épingle du jeu, il faut se poser des questions. Si on veut des résultats différents, il va falloir faire différemment. Tout le monde doit être concerné.»

Que le ministère du Tourisme revoit son modèle d'affaires, il n'est pas contre, «pour revoir un peu la donne».

Le Ministère vise sept millions de touristes de plus et 7 milliards $ en retombées supplémentaires d'ici 2020 en misant sur les événements qui ont le meilleur potentiel d'attraction et feront entrer le plus d'argent neuf au Québec. Les festivités déjà au programme l'été et l'automne prochain seront soutenues, mais pour l'hiver 2015-2016 et la suite, rien n'est promis.

Est-ce que cette réforme inquiète tout de même André Roy pour les activités de Québec? «Ce qu'on entend dans les médias, sur nos événements qui ont moins d'argent en provenance des sociétés d'État, c'est sûr que ça va avoir un impact. Si on peut arrêter de considérer le tourisme comme une dépense, mais plutôt comme un investissement. Investir dans un secteur qui pour 1 $ t'en rapporte 5 $, il me semble que c'est un bon deal pour le gouvernement? Mais ce n'est pas les gens du ministère du Tourisme que je dois convaincre, c'est le ministère du Tourisme qui doit convaincre le Conseil du trésor.»

Le tourisme à Québec en 2014

  • 2,7 % : augmentation du taux d'occupation en 2014 par rapport à 2013
  • 0,8 % : augmentation de l'indice global d'achalandage, qui inclut la fréquentation des hôtels, des restaurants, des boutiques et des attraits
  • 4 % : augmentation de la fréquentation des boutiques
  • 2 % : baisse de la fréquentation des restaurants en zone touristique

Note : Il s'agit des chiffres au 31 octobre, les plus récents dont dispose l'Office du tourisme de Québec. Sans représenter le bilan complet de l'année, ils donnent un bon indice de la situation en 2014.

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