Rapprochement États-Unis/Cuba: une ombre sur les entreprises québécoises

Honco, une entreprise de Lévis spécialisée dans la... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Honco, une entreprise de Lévis spécialisée dans la conception, la fabrication et l'installation de structures d'acier pour la construction industrielle, commerciale et récréative, a débarqué à Cuba au milieu des années 90. Après quelques années d'accalmie, les affaires cubaines ont repris du poil de la bête pour l'entreprise de Lévis de 350 employés lors des trois ou quatre dernières années.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) L'ombre de l'aigle américain plane au-dessus de la tête de la compagnie Honco, qui brasse des affaires à Cuba depuis près d'une vingtaine d'années.

«C'est certain que ça nous inquiète un peu. Les États-Unis et Cuba sont tellement près l'un de l'autre au plan géographique», constate Carole Lacasse, directrice des ventes et du marketing de l'entreprise de Lévis spécialisée dans la conception, la fabrication et l'installation de structures d'acier pour la construction industrielle, commerciale et récréative.

«Ça ne sera pas différent de ce qui se passe partout ailleurs dans le monde. De la concurrence en affaires, il y en a partout. C'est à nous de demeurer à l'avant-garde et de continuer à démontrer les avantages de nos solutions de construction.»

Au début de la semaine, le président américain Barack Obama et son homologue cubain, Raul Castro, ont pris le monde par surprise en annonçant un rapprochement entre les deux pays. Les liens politiques et commerciaux entre les États-Unis et Cuba sont coupés depuis 1962, à l'époque où le gouvernement cubain avait amorcé une campagne de nationalisation des entreprises américaines installées sur son territoire.

En dépit de cet embargo, les entreprises canadiennes ont continué de brasser des affaires avec ce pays des Caraïbes de 11,2 millions d'habitants. Les échanges commerciaux entre le Canada et Cuba ont totalisé près d'un milliard de dollars en 2013. «En raison de l'absence de la concurrence américaine depuis une cinquantaine d'années, les entreprises canadiennes et québécoises ont bénéficié d'un certain avantage à Cuba», explique Rafael Sanchez, directeur du marché Amérique latine et Antilles chez Export-Québec.

À court terme, il ne croit pas que les entreprises d'ici vont se faire tasser par leurs adversaires américaines. Encore faudra-t-il que Barack Obama réussisse, chez lui, à convaincre les parlementaires républicains et démocrates qui s'opposent bec et ongle à une normalisation des échanges avec les Cubains.

«L'ouverture, au départ, sera très mince, se limitant aux produits de construction pour les projets immobiliers privés et aux équipements de télécommunication. Pour la suite, il faudra voir», signale M. Sanchez.

«Chose certaine, une détente des relations entre les deux pays aura des conséquences positives pour l'économie cubaine. Par la bande, ça provoquera inévitablement des opportunités d'affaires là-bas pour nos entreprises.»

Papier journal et cigares

Honco a débarqué à Cuba au milieu des années 90. Après quelques années d'accalmie, les affaires cubaines ont repris du poil de la bête pour l'entreprise de Lévis de 350 employés lors des trois ou quatre dernières années.

«Nous avons d'abord participé à des missions commerciales organisées par les gouvernements du Québec et du Canada et, graduellement, nous avons bâti de solides partenariats avec des collaborateurs cubains», explique Carole Lacasse en précisant que l'entreprise familiale était présente dans plusieurs pays.

À Cuba, Honco construit principalement des usines et des bâtiments pour les hôtels et les stations touristiques. «Le secteur pharmaceutique connaît présentement une poussée spectaculaire. Les besoins pour la construction de nouvelles installations de production sont grands.»

Par ailleurs, Mme Lacasse confirme que Cuba n'est pas le pays le plus facile pour faire des affaires. Il y a beaucoup de rigidité bureaucratique et réglementaire. Même si Honco traite principalement avec des firmes d'ingénierie, «tout finit par passer par le gouvernement. Vous savez, chaque pays a ses avantages et ses désavantages. Il faut savoir naviguer.»

Selon Rafael Sanchez, Cuba n'est pas une destination à recommander pour la PME peu expérimentée sur les marchés d'exportation en raison de l'omniprésence de l'État. Il parle d'un niveau de complexité supérieur.

En 2013, la valeur des exportations québécoises à Cuba s'élevait à 82,9 millions $. Nos entreprises y vendaient principalement du papier journal, du fil de cuivre, des pièces automobiles et des produits alimentaires, notamment pour approvisionner les hôtels qui reçoivent des milliers de touristes québécois chaque année.

Le Québec importe peu de Cuba : seulement 8,4 millions $ en 2013. Surtout des huiles de pétrole, du charbon de bois et, évidemment, des cigares.

«Il ne faut surtout pas oublier, dans l'équation, l'apport du Québec dans l'industrie touristique cubaine. C'est majeur», fait remarquer Rafael Sanchez.

***

65,5 G$: valeur totale des exportations du Québec en 2013

46,3 G$: vers les États-Unis

1 G$: vers le Mexique

82,9 M$: vers Cuba

Source: Ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, gouvernement du Québec

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer