RISQ : le premier réseau Internet du Québec a 25 ans

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Aujourd'hui, le RISQ est propriétaire d'un réseau à haut débit de quelque 6000 kilomètres au Québec, principalement en fibre optique, pour relier 150 établissements d'enseignement universitaire, collégial, des centres de recherche et quelques commissions scolaires.

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(Québec) La majorité des 750 000 utilisateurs du réseau Internet dans les universités, cégeps et centres de recherche du Québec ne le savent probablement pas, mais tout ce beau monde utilise le premier réseau Internet privé créé au Québec en 1989.

Au milieu des années 80, l'informatique est passée du mode quincaillerie à un outil essentiel pour les chercheurs universitaires. Car ces chercheurs jouaient un rôle essentiel dans la crédibilité et la notoriété des universités. Et le transfert des données devenait le nerf de la guerre pour attirer et retenir les chercheurs.

«La création d'un réseau reliant autant les ordinateurs au sein d'une même université que les universités entre elles est rapidement devenue le grand projet de ces gestionnaires en informatique. Un projet ambitieux qui en cachait un autre dont ils n'étaient même pas encore conscients : ils allaient ainsi devenir les pionniers au Québec de l'une des plus grandes innovations technologiques qu'allait connaître l'humanité, Internet», indique-t-on dans l'historique du Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ).

À cette époque, se souvient Michel Vanier, directeur général du RISQ, les entreprises commerciales de télécommunications ne croyaient pas en l'avenir d'Internet, encore moins du Web. Les compagnies offraient des forfaits de transfert de données numériques et considéraient Internet comme une concurrence. Elles finiront par prendre le train en marche vers 1994.

Or, 25 ans plus tard, le RISQ (www.risq.qc.ca) est propriétaire d'un réseau à haut débit de quelque 6000 kilomètres au Québec, principalement en fibre optique, pour relier 150 établissements d'enseignement universitaire, collégial, des centres de recherche et quelques commissions scolaires.

«Le réseau du RISQ répond aux exigences techniques pour la recherche et la formation avec tout ce qui existe comme données disponibles», poursuit M. Vanier. «Nous fournissons des liens avec des taux de transfert de 40 gigabits par seconde. En janvier, nous pourrons offrir des liens à 100 gigabits, d'abord dans la région de Montréal.» Le RISQ sera le premier à offrir un tel taux de transfert.

Mais ce dont il est le plus fier, c'est l'absence de frais additionnels pour le trafic des données. Les centres de recherche et les institutions d'enseignement ont des frais de base qui servent à payer les coûts du réseau et son entretien, mais il n'y aura jamais de surprise avec des quotas de données comme cela se voit avec les fournisseurs de services Internet. Dans le monde de l'éducation et de la recherche, les données sont la matière première.

«Ainsi, un chercheur du Québec échangeant des données pour ses recherches avec le projet Atlas au CERN en Suisse n'aura pas de surprise avec l'échange des données de son département de recherche membre du RISQ», continue M. Vanier. «Il n'y aura pas de frais pour le partage à l'étranger. Lorsque nous étendons notre service dans une région, avant même d'envoyer un courriel ou d'échanger les données, les frais de déploiement du réseau et de son entretien sont des coûts fixes au premier jour comme plus tard dans l'année sans limites de volume. Il n'est pas question de faire payer à l'usage. Ce n'est pas comme l'essence dans l'automobile. Une fois que le réseau est en place, les coûts sont les mêmes avec ou sans le transfert de données.»

*****

Un modèle d'affaires étendu dans le monde

Le modèle d'affaires du Réseau d'informations scientifiques du Québec (RISQ) n'est pas unique au pays. Presque partout dans le monde, l'équivalent du réseau pour la recherche et l'éducation existe, que ce soit aux États-Unis, dans les différentes provinces canadiennes, avec un réseau fédérateur qui se nomme Canarie, en Europe, en Chine, en Inde, etc.

«Tous ces réseaux privés payent pour le coût de leur réseau chacun sur son territoire. Au Canada, Canarie assure l'interconnexion des entités et assume les frais pour les interconnexions internationales. Il n'y a pas de frais à l'usage, c'est unique au monde dans notre domaine», affirme Michel Vanier, directeur général du RISQ.

Ce modèle permet de faire d'économies comparativement aux solutions commerciales, soutient-il. «Au cours des cinq dernières années, la facture totale de nos membres a baissé de 30 %, précise-t-il. Nous avons profité de nouveaux équipements moins dispendieux tout en maintenant un rythme de croissance annuelle du volume des données de 40 à 50 %.»

D'ailleurs, le RISQ mise sur la robustesse de son réseau et sa sécurité, car on souligne que «le milieu de la recherche et de l'éducation échange un très grand volume de données sur le réseau du RISQ. Le poids des données qui transitent sur son réseau au Québec est 10 fois supérieur à celui de Facebook ou de Twitter sur la planète».

Pour ce qui est de l'avenir, le RISQ a commencé à offrir des services de gestion de la sécurité tout en se préparant avec la nouvelle évolution d'Internet, celle de l'infonuagique. Avec les suites logicielles de Microsoft et de Google en nuage, dont l'utilisation de plus en plus courante amènera un volume additionnel considérable des données. Le RISQ assurera gratuitement l'interconnexion avec ces services gratuitement, précise M. Vanier.

Déjà, en 1995, le RISQ a mis sur pied le premier point d'interconnexion public pour que les propriétaires de réseaux échange leur trafic entre eux, le Québec Internet Exchange (QIX). Aujourd'hui, le QIX (www.qix.ca) est devenu un organisme sans but lucratif sous le nom d'Échange Internet de Montréal.

Enfin, pour le monde de l'éducation, M. Vanier soutient que le RISQ a été un élément important contribuant à réduire la fracture numérique avant même que le terme devienne à la mode. «Nous avons l'intention de demeurer à l'avant-garde en matière de télécommunication et de développement numérique», conclut-il.

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