Le gouvernement met la hache dans le cumul des congés de maladie

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Les négociateurs du syndicat représentant 32 000 personnes ont précisé que la partie patronale veut ramener de 12 jours à 7 jours les journées pour congé de maladie. Celles-ci seraient payées, en fin d'année, aux employés qui ne les utiliseraient pas.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le gouvernement Couillard veut mettre un terme au cumul des congés de maladie chez les fonctionnaires. Il vise à diminuer l'allocation de temps pour libération syndicale. Il ne donne aucun signe qu'il entend remettre en question la sécurité d'emploi.

Le Syndicat de la fonction publique du Québec est revenu désabusé d'une rencontre avec le Conseil du trésor, portant sur les aspects qui ne sont pas liés au salaire dans le renouvellement des conventions collectives des employés de l'État. Le Syndicat défendant les professionnels du gouvernement, lui, s'est dit «consterné» par l'ensemble des propositions patronales.

«Sans grande surprise, le gouvernement ne nous a pas fait de cadeau avec ses demandes», a laissé tomber Maryse Rousseau, vice-présidente au SFPQ. «Parce qu'il est vraiment en demande.»

Les négociateurs du syndicat représentant 32 000 personnes ont précisé que la partie patronale veut ramener de 12 à 7 jours les journées pour congé de maladie. Celles-ci seraient payées, en fin d'année, aux employés qui ne les utiliseraient pas.

Surtout, Québec veut éliminer en cinq ans les banques de congés pour maladie que se sont constituées certains fonctionnaires. Sa proposition est de le faire en ne remboursant que 70 % de leur valeur, a signalé Christian Daigle. Pour les deux syndicalistes, la question des congés pour maladie constituera «la principale perte» pour les syndiqués dans ce qui leur a été dévoilé, en matinée.

Selon le SFPQ, la vaste majorité de ses membres n'ont que peu de journées accumulées dans leur réserve. Mme Rousseau a qualifié de «mythe» la rumeur voulant que des fonctionnaires aient dans leur banque 250 ou 300 jours de congé à prendre. «C'est vraiment une minorité.»

A-t-il été question de la permanence d'emploi des employés de l'État? a-t-on demandé à Maryse Rousseau. «Ce n'est pas venu sur la table», lors de la réunion, a-t-elle répondu.

«Vous comprendrez que ce seront des négociations ardues», a repris Mme Rousseau en rappelant que le gouvernement n'offre que très peu (3 % sur cinq ans) en matière de rémunération. Conjugué aux changements que le gouvernement veut apporter au régime de retraite, notamment en haussant l'âge pour y accéder sans pénalité à 62 ans, Maryse Rousseau a prédit des départs massifs vers la retraite.

Selon elle, 2000 à 3000 personnes pourraient se prévaloir d'une préretraite. Au lendemain du dévoilement des offres générales, lundi, a-t-elle mentionné, «les téléphones ont déjà commencé à sonner chez nous. [...] Ç'a créé une panique. Avec les conditions que nous avons, la fonction publique ne sera certainement pas attractive.»

Même discours chez les professionnels

Le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec est sur la même longueur d'onde que ses collègues du SFPQ. Richard Perron s'est montré «consterné de voir le gouvernement foncer dans la mauvaise direction» avec ses propositions.

Le leader syndical a vu une nette contradiction entre les offres du Conseil du trésor et les bons mots du premier ministre Philippe Couillard qui n'hésite pas à vanter la qualité des employés de l'État.

Le gouvernement «est en train de dégrader» l'ensemble des conditions de ses travailleurs. «Déjà que les salaires ne sont pas au rendez-vous, pensez-vous que les jeunes vont vouloir venir travailler» pour l'État? a-t-il poursuivi.

Richard Perron a avancé que le gouvernement Couillard est en train de provoquer «un exode vers la retraite». Un tel mouvement ne fera qu'accentuer la perte d'expertise au sein de l'État, a-t-il plaidé. Il s'est cependant refusé à avancer un chiffre sur le nombre de personnes susceptibles de précipiter leur départ.

Le président du SPGQ n'a pas voulu identifier la proposition qui heurte le plus ses membres. Il a plutôt décrié le tableau général que présente le gouvernement. «C'est le manque de respect et de considération» qui ferait le plus mal, a-t-il évoqué.

M. Perron a indiqué que les offres sectorielles, portant sur les banques de congés et la libération pour activités syndicales, sont les mêmes que celles présentées au SFPQ. Les représentants des deux syndicats ont souligné que les offres sectorielles sont partielles.

Volonté inébranlable

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a affiché la volonté inébranlable d'abolir la formule permettant aux fonctionnaires de mettre en réserve les congés de maladie qu'ils n'utilisent pas et de s'en servir pour partir plus tôt vers la retraite.

«C'est le gros bon sens», a fait valoir M. Coiteux aux journalistes. Dans les réseaux de l'éducation et de la santé, cette disposition n'existe pas et «il faut ramener les choses dans des proportions plus raisonnables».

Le député-ministre de Nelligan a qualifié la disposition de «très généreuse. Ça donne lieu à une dette pour le gouvernement, qui est énorme.»

M. Coiteux s'est cependant refusé à fournir le moindre chiffre sur le passif que cela engendre. «Ça vaut beaucoup, beaucoup d'argent», s'est-il borné à répéter.

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