C'est la fin pour la SDE de Lévis

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Au cours des dernières années, la SDE, qui campe le rôle d'un centre local de développement (CLD) sur le territoire lévisien, a investi plus de 9,3 millions $ dans plus de 400 projets.

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(Québec) «Nous comptons sur la Ville de Lévis pour que le travail que nous accomplissons depuis plus de 15 ans se poursuive et qu'elle sache capitaliser sur l'expertise que nous avons développée.»

Raymond Gouin avait le coeur gros lundi.

Directeur général de la Société de développement économique (SDE) de Lévis, il commentait la décision de la Ville de mettre la clé sous la porte, à compter du 31 décembre, de l'organisme d'une douzaine d'employés qui accompagne les gens d'affaires dans la concrétisation de leurs projets de démarrage, de croissance ou de transfert d'entreprise.

Au cours des dernières années, la SDE, qui campe le rôle d'un centre local de développement (CLD) sur le territoire lévisien, a investi plus de 9,3 millions $ dans plus de 400 projets. Des coups de pouce qui ont généré des investissements totalisant près de 130 millions $ et la création ou le maintien de 2800 emplois. Le financement d'entreprise, ce n'est qu'une faible portion du boulot accompli par la SDE. «Nous traitons de 300 à 400 dossiers par année et nous n'intervenons financièrement que dans seulement 10 % d'entre eux. Le gros de notre travail, c'est l'accompagnement des entrepreneurs.»

Avant même la signature, en novembre, du pacte fiscal transitoire entre le gouvernement du Québec et le monde municipal, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait annoncé ses couleurs. Le CLD de Québec - une «instance qui ne fonctionne pas», selon lui - allait disparaître. Le 31 décembre, le CLD fermera boutique. Une quarantaine de travailleurs perdront leur gagne-pain.

À Lévis, le maire Gilles Lehouiller a été moins expéditif. Il a confié le mandat à un comité de réflexion de peser le pour et le contre. Vendredi dernier, Lévis annonçait la fin des émissions pour la SDE. À partir du 31 décembre, les premières mises à pied s'effectueront.

Voyant s'envoler 2,5 millions $ en raison des compressions imposées par Québec dans le pacte fiscal transitoire, Lévis ne voulait pas mettre un sou de plus dans la SDE qui encaissait, pour sa part, une baisse importante de son financement accordé par le gouvernement provincial. Celui-ci fondra de 800 000 $ à 350 000 $ en 2015.

L'entente entre le gouvernement et les villes prévoit aussi que ces dernières n'auront plus à recourir à un CLD pour faire du développement local et du soutien à l'entrepreneuriat sur leur territoire. Elles pourront le faire à partir de leurs propres ressources au sein des équipes en place responsables du développement économique. C'est le choix qu'ont fait Québec et Lévis.

«En devenant responsable des fonctions de développement économique local et de soutien à l'entrepreneuriat présentement exercées par la SDE, la Ville de Lévis aura dorénavant la pleine maîtrise de son développement économique et un plus grand contrôle des leviers de développement sur son territoire», a indiqué le maire Gilles Lehouillier en signalant que cette décision s'inscrivait «dans la volonté de la Ville de maximiser le soutien financier direct aux entreprises, tout en réduisant les frais de fonctionnement et les dépenses de structure. Nous garantissons que toutes les sommes qui nous seront versées chaque année par le gouvernement du Québec à ce chapitre seront intégralement dédiées aux promoteurs et aux entreprises du territoire.»

À partir du 1er janvier, la SDE entrera dans une phase de transition afin que ses principales activités soient intégrées à la Ville de Lévis. L'opération devrait être terminée au printemps 2015. Par la suite, la SDE disparaîtra.

Qu'arrivera-t-il des employés actuels de la SDE qui, contrairement à leurs collègues de Québec, ne sont pas syndiqués?

Raymond Gouin ne peut rien avancer. La Ville de Lévis devra d'abord évaluer ses besoins et ensuite afficher les postes à pourvoir. Seront-ils comblés à l'interne? Lévis ira-t-elle recruter du côté des anciens de la SDE?

Toutes ces questions restent sans réponse pour le moment.

Peu d'effet en Beauce

Dans la Beauce, le remue-ménage dans les structures vouées au développement économique local n'entraîne que peu de conséquences. Moins de six postes seront rayés de la carte sur les territoires des CLD de La Nouvelle-Beauce et de Robert-Cliche et de celui du Conseil économique de Beauce. Dans ce coin de pays, les villes et les MRC ont laissé le soin aux CLD de poursuivre leur boulot auprès des entrepreneurs.

«Nous encaissons un manque à gagner d'environ 250 000 $ en raison des compressions budgétaires, mais nous avons déjà mis de l'avant de nouvelles façons de faire pour accroître notre autofinancement», explique le directeur général du Conseil économique de Beauce, Claude Morin.

Bien qu'il comprenne que «ça fait mal, ce qui se passe à Québec et à Lévis», ce dernier approuve la démarche du gouvernement qui cherche à éliminer les dédoublements en matière de développement économique local étant donné que les grandes villes de Montréal, de Québec et de Lévis ont déjà sous la main des fonctionnaires qui travaillent auprès des entrepreneurs sur leur territoire, ce qui n'est pas le cas des municipalités de moyenne et de petite taille.

Les activités se poursuivent dans les CLD de Portneuf et de Charlevoix

En dépit des coupes annoncées il y a quelques semaines par le gouvernement du Québec, le Centre local de développement (CLD) de Portneuf maintiendra ses services pour la prochaine année.

«Nous tenons à rassurer les entrepreneurs, les organismes et tous nos partenaires : nous poursuivrons notre mission de stimuler l'activité économique en favorisant l'entrepreneuriat et le développement local», a déclaré le président du CLD, Sylvain Germain.

Réunis en assemblée, les 18 maires de la MRC de Portneuf ont choisi le statu quo jusqu'au 31 décembre 2015 afin de «prendre le temps de bien analyser les tenants et aboutissants pour être en mesure de gérer adéquatement la période de transition et de maintenir l'expertise en place».

La mise en oeuvre du Pacte fiscal transitoire a tout de même contraint le conseil d'administration du CLD à adopter un budget réduit. «La situation financière de l'organisme étant favorable, cela permet d'atténuer les impacts, mais nous amène à réduire les dépenses de façon significative», justifie M. Germain.

Du côté de Charlevoix, les services continueront aussi d'être assurés en 2015 grâce aux surplus. Dans la MRC de Charlevoix-Est, des postes seront abolis dès janvier et un comité transitoire évaluera par la suite la situation. Johanne Martin (collaboration spéciale)

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