Offres salariales de Québec: «il s'ennuie du bruit des casseroles»

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Louise Chabot, du Secrétariat intersyndical des services publics

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(Québec) Les syndicats des secteurs public et parapublic fustigent des offres salariales «faméliques» et le «pillage» du régime de retraite de leurs membres. Ils promettent de fédérer tous les mécontents des politiques du gouvernement Couillard et de mettre en branle la «plus grande mobilisation» jamais vue au Québec.

«On a l'impression qu'il s'ennuie du bruit des casseroles», lance Louise Chabot, du Secrétariat intersyndical des services publics.

«C'est pire que ce qu'on avait imaginé même dans nos pires cauchemars, renchérit le président de la Fédération autonome de l'enseignement, Sylvain Mallette. À la veille de Noël, c'est à se demander si le gouvernement n'a pas voulu faire une suite au film Le Père Noël est une ordure

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a confirmé lundi aux représentants des quelque 540000 salariés des secteurs public et parapublic qu'il ne leur propose rien d'autre qu'un gel salarial les deux premières années de leur prochain contrat de travail et des hausses de 1% annuellement les trois suivantes. Loin, très loin, des demandes des organisations syndicales, lesquelles réclament 4,5% par an pendant trois ans.

Québec veut par ailleurs faire passer l'âge de la retraite de ses employés de 60 à 62 ans. Leur rente serait de plus calculée selon la moyenne du salaire des huit meilleures années et non plus des cinq.

«Ce gouvernement n'aime pas ses salariés», laisse tomber la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Régine Laurent. Il veut les «chasser» de l'appareil public. Il veut les «appauvrir».

Mme Laurent prévoit des départs massifs de salariés qui voudront prendre leur retraite à la lumière des nouvelles mesures mises sur la table.

Le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, ne comprend pas. Selon lui, il n'y a «aucune justification» à ce que Martin Coiteux vienne jouer dans un régime de retraite «déjà financé à 50/50» et où les «déficits sont assumés moitié-moitié par l'employeur et les employés».

M. Cadieux invite le gouvernement à reporter l'atteinte du «déficit zéro» d'au moins un an. «C'est complètement idéologique», dit-il.

Tous les syndicats sont à l'unisson. «Subordonner la qualité de vie d'environ 550000 employés de l'État au nom du retour à l'équilibre budgétaire relève d'une idéologie dangereuse», croit Richard Perron, du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec.

«Ajustements» nécessaires

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, parle d'«ajustements» nécessaires. «Si on avait moins pris le gouvernement pour un père Noël dans le passé, je pense qu'on ne serait peut-être pas dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui. Le contexte économique du Québec oblige à des remises en question importantes et nécessaires.»

M. Coiteux explique que les ajustements salariaux «reflètent l'absence de marge de manoeuvre».

Il note qu'en plus de 3% au cours des cinq prochaines années, les syndiqués auront droit, en vertu des actuelles conventions collectives, à une augmentation supplémentaire de 1% le 31 mars prochain -dernier jour des actuels contrats de travail.

Il fait de plus valoir -en le soulignant - que son gouvernement ne remet pas en question les augmentations liées à la progression dans les échelles salariales. Quelque «40% des employés de l'État, qui sont en progression salariale, verront leurs salaires augmenter en moyenne de 3,6 % par année, en sus des propositions gouvernementales».

Le grand argentier de l'État nie catégoriquement que les modifications proposées au régime de retraite visent à inciter le plus d'employés possibles à partir rapidement. Le régime «n'est pas à l'abri des pressions financières que connaissent tous les régimes de retraite à prestations déterminées».

L'homme fort du gouvernement Couillard invite les grands syndicats «à ne pas aborder cette ronde de négociation dans un esprit d'affrontement». Du même souffle, il leur laisse cependant peu d'espoir pour la suite des choses. «Sera négociable ce qui est raisonnable dans le contexte des finances publiques» et ce qui respecte «la capacité de payer des citoyens», insiste-t-il.

Les dépenses de rémunération représentent près de 60% de l'ensemble des dépenses de programmes. La hausse de 3% sur cinq ans correspond à un ajout récurrent de 1,2 milliard$, calcule le Conseil du trésor.

La SQ

Martin Coiteux soutient que les syndiqués de la Sûreté du Québec ne bénéficieront pas d'offres particulières cette fois-ci. Les «principes généraux» s'appliqueront à tous.

Généralement, les policiers de la SQ et le Conseil du trésor règlent une fois que tous les autres syndicats se sont entendus ou que de nouveaux contrats de travail ont été imposés par le gouvernement.

Plusieurs soupçonnent que c'est toujours ce que cherchent les gouvernements afin de pouvoir compter sur ces policiers si la paix sociale devait être rompue.

Les «ajustements» du gouvernement

Voici, de façon technique, les «ajustements» mis sur la table par le gouvernement de Philippe Couillard.

1. En ce qui a trait aux salaires :

  • Pour la période allant du 1er avril 2015 au 31 mars 2017 : chaque taux et chaque échelle de traitement en vigueur au 31 mars 2015 sont maintenus sans majoration.
  • Pour la période allant du 1er avril 2017 au 31 mars 2018 : chaque taux et chaque échelle de traitement en vigueur le 31 mars 2017 sont majorés de 1 % avec effet le 1er avril 2017.
  • Pour la période allant du 1er avril 2018 au 31 mars 2019 : chaque taux et chaque échelle de traitement en vigueur le 31 mars 2018 sont majorés de 1 % avec effet le 1er avril 2018.
  • Pour la période allant du 1er avril 2019 au 31 mars 2020 : chaque taux et chaque échelle de traitement en vigueur le 31 mars 2019 sont majorés de 1 % avec effet le 1er avril 2019.

2. En ce qui a trait au régime de retraite :

  • Report de l'âge de la retraite sans réduction de 60 à 62 ans.
  • Pour les départs à la retraite à compter du 1er janvier 2017 :
a) augmentation de 4 % à 7,2 % par année de la réduction applicable pour une prise de retraite anticipée;

b) augmentation de la période du calcul du traitement admissible moyen aux fins de la rente de cinq à huit ans.

  • Instauration d'un mécanisme d'ajustement automatique de l'âge d'admissibilité à la retraite sans réduction, en fonction de l'évolution de l'espérance de vie.

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