L'innovation doit être au service de la santé, dit Kelly Hadfield

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Kelly Hadfield, fondatrice et directrice générale de la fondation Ghana Medical Help (GMH), et Jean-Yves Roy, directeur de l'INO, montrent des appareils mis au point par l'INO, notamment le système d'analyse Microflow, que l'astronaute Chris Hadfield a utilisé dans la Station spatiale internationale.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) L'innovation par la technologie, notamment celle de l'optique photonique, a la porte grande ouverte pour faire des percées dans le monde médical afin d'aider les populations à risque sur la planète à améliorer leur santé, ce qui aura un impact positif sur l'économie locale et la diminution de la pauvreté dans les pays émergents.

Dans une conférence dynamique à l'Institut national d'optique (INO), vendredi matin, Kelly Hadfield, fondatrice et directrice générale de la fondation Ghana Medical Help (GMH), a invité les chercheurs à se pencher sur des solutions d'appareils miniaturisés, transportables, robustes pour résister dans les environnements extrêmes, et simples à utiliser pour les interventions en santé de première ligne.

«Voir des gens mourir de maladies guérissables demeure inconcevable», affirmait la jeune femme inspirée par son oncle, l'astronaute Chris Hadfield, en racontant des cas qu'elle a vécus au nord du Ghana lors d'un séjour en 2010. Ces histoires bouleversantes l'ont mené à créer la fondation qui est venue en aide à 2 millions de personnes en 2014.

Images à l'appui, elle a montré les conditions pénibles des hôpitaux de campagne dans la région de Sandema, au nord du Ghana, où il y a un médecin pour 100 000 personnes. Les équipements sont désuets, imprécis lorsqu'ils fonctionnent. C'est le cas avec les instruments pour la pression artérielle, qui ne durent pas très longtemps à cause des nombreuses manipulations. Les diagnostics sont alors imprécis et des gens meurent parce qu'on n'a pas pu détecter la bonne maladie. Ou encore, ils meurent parce qu'il n'y a pas d'appareil de surveillance des patients.

Détection de la tuberculose

Elle donne aussi l'exemple de la méthode traditionnelle de détection de la tuberculose, qui prend quatre mois, alors qu'un nouvel équipement permet d'identifier le problème en quelques heures. Le GMH a obtenu de petits appareils de surveillance des patients qui ont permis d'améliorer l'efficacité des hôpitaux de 30 %, alors que 160 000 patients de plus ont été soignés.

En donnant plusieurs exemples de technologies adaptées à des conditions difficiles, Mme Hadfield souhaite un modèle de partenariat public-privé avec l'INO, d'autres entreprises et les hôpitaux du Ghana, un partenariat où son organisation servirait d'incubateur, de laboratoire de tests pour valider les appareils qui pourraient être commercialisés partout sur la planète afin de venir en aide aux gens éloignés des grands centres médicaux. C'est le cas pour l'Afrique de l'Ouest, mais aussi pour le nord du Canada, où les dispensaires des villages dispersés ne sont pas équipés comme les hôpitaux des grands centres urbains.

La miniaturisation a non seulement l'avantage de la portabilité pour les équipements, mais aussi la diminution des coûts, ce qui ne peut être qu'un bénéfice, ajoutait la jeune chercheuse de l'Université Guelph, en Ontario, pour qui la santé globale de la planète est une cause majeure. «Il n'y a qu'à penser à la crise de l'Ebola en Afrique de l'Ouest», insistait-elle pour faire comprendre l'importance de modifier les approches en médecine de base, car la santé est un droit universel.

Le GMH a déjà un partenariat avec l'INO et l'entreprise ChipCare, qui ont produit un appareil portable d'analyse sanguine qui permet de détecter le SIDA et le paludisme à très faible coût, grâce à l'intégration de la photonique.

En invitant les chercheurs de l'INO à mettre leur talent innovateur au service de la production de nouveaux appareils médicaux, Mme Hadfield leur a souligné comment son organisation fait l'éducation et la formation du personnel en même temps qu'un suivi régulier de l'utilisation de la technologie, pour voir l'évolution des nouvelles pratiques autant que l'amélioration de la santé de la population touchée.

L'INO, comme le précise son directeur Jean-Yves Roy, veut être un meneur dans le domaine des applications concrètes de l'optique photonique. D'ailleurs, c'est l'INO qui a mis au point le système d'analyse Microflow que l'astronaute Chris Hadfield a utilisé dans la Station spatiale internationale.

Site Web: www.ghanamedicalhelp.com

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