Du jamais-vu: un développement immobilier... à but philanthropique

Le terrain d'une superficie de 22 millions de... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le terrain d'une superficie de 22 millions de pieds carrés accueillera environ 6500 unités d'habitations et des espaces locatifs. «Ce sera une miniville», résume Michel Dallaire, qui a acheté le lot 39 millions $ aux Soeurs de la Charité de Québec, qui l'exploitaient pour nourrir les patients de l'Hôpital Robert-Giffard.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'homme d'affaires Michel Dallaire érigera une «miniville» sur les terres agricoles convoitées des Soeurs de la Charité de Québec dans Beauport. La particularité de ce nouveau projet immobilier d'envergure est que tous les profits de la vente d'unités n'iront pas dans ses poches, mais plutôt... à des oeuvres philanthropiques.

«Ça ne s'est jamais vu, c'est unique au Canada!» s'est exclamé le maire de Québec, Régis Labeaume, qualifiant le geste de l'entrepreneur d'«innovation sociale».

Le terrain à l'ouest de Beauport situé entre l'avenue Saint-Samuel et du Bourg-Royal et d'une superficie de 22 millions de pieds carrés accueillera environ 6500 unités d'habitation incluant des maisons de ville et en rangée, des condos, des appartements ainsi que des espaces commerciaux. Des écoles, un centre communautaire et des parcs devront aussi voir le jour sur le territoire de la dimension de Charny. «Ce sera une miniville», résume le président et chef de la direction chez Cominar.

Le lot a été transféré pour une contrepartie de 39 millions $ à la Fondation Famille Jules-Dallaire par les Soeurs de la Charité de Québec qui l'exploitait par l'intermédiaire de la ferme S.M.A. pour nourrir les patients de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, anciennement l'hôpital Robert-Giffard.

D'ici environ une quinzaine d'années, l'homme d'affaires développera ces terres toujours zonées agricoles qui procureront un toit à près de 20 000 personnes. Tous les bénéfices des ventes, soit environ 150 millions $, iront aux Soeurs de la Charité de Québec ainsi qu'à la Fondation Famille Jules-Dallaire, qui oeuvrent dans la communauté.

Une générosité qui «surpasse les attentes»

Pour la supérieure générale, soeur Carmelle Landry, une seule chose importait : «que les pauvres continuent à être nourris lorsque nous serons parties». Elle ne tarit pas d'éloges à l'égard de la générosité de l'homme qui a «surpassé toutes les attentes».

«C'est de 10 à 15 fois les résultats annuels de Centraide!» a résumé le maire. Les démarches pour obtenir les approbations de Revenu Canada ont été fastidieuses, confie M. Dallaire. Une nouvelle plateforme afin de permettre le «développement commercial pour des fins philanthropiques et d'entraide» a été mise sur pied.

Le dirigeant de Cominar exploitera aussi son nouveau concept de développement immobilier philanthropique à la Maison Mère-Mallet, située dans le Vieux-Québec. Un complexe de 150 condominiums sera construit au nord de celle-ci, offrant un logement à environ 300 nouveaux habitants du quartier historique. Les profits iront aussi à la poursuite des oeuvres des religieuses comme la Soupe populaire et l'accueil d'étudiants en difficultés financières.

«Mon père m'a appris deux choses dans la vie, mon métier dans l'immobilier et redonner à la société», a fait valoir Michel Dallaire tout en espérant que ses projets feront tache d'huile.

«C'était juste du foin, pas des tomates»

Le maire de Québec est persuadé d'obtenir les autorisations nécessaires pour faire dézoner les rares terres agricoles restantes en ville et qui appartenaient aux Soeurs de la Charité dans Beauport. De toute façon, a laissé tomber Régis Labeaume, «c'était juste du foin, pas des tomates» qui étaient cultivées à cet endroit.

«Ça n'appartenait à aucun agriculteur, c'était aux Soeurs de la Charité, ils faisaient du foin tout l'été», a répété le maire. À ses côtés, la vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux, a souligné que la Ville avait «de bons arguments à faire valoir» à la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour changer le zonage à cet endroit.

«Nos couleurs sont annoncées depuis plusieurs années», a-t-elle assuré, ajoutant qu'il s'agissait d'un espace «vraiment stratégique pour l'avenir de la ville [...] C'est à 10 minutes du centre-ville». Selon Régis Labeaume, il s'agit du dernier endroit où l'on pourra construire «des bungalows en plein milieu de la ville».

Avec Valérie Gaudreau

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