Chute du prix du pétrole: de la musique aux oreilles du ministre Leitão

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão,... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a évoqué une «diminution relativement modeste» des paiements de péréquation sur une période de trois ans si, évidemment, le prix du pétrole albertain demeurait au prix actuel, soit autour de 60 $US le baril.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Un baril de pétrole brut à 60 $US, ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'Alberta. À court terme, par contre, c'est de la musique aux oreilles du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão. «C'est positif. Ça va stimuler les exportations.»

Bien sûr, une Alberta qui souffre des baisses du prix de son or noir, ça peut signifier, pour le Québec, une diminution des revenus provenant de la péréquation. Toutefois, selon le ministre des Finances, une économie québécoise plus vigoureuse pourra «nettement» compenser cette baisse des sommes versées par la province riche aux autres moins bien nanties de la fédération canadienne.

Pour l'année budgétaire en cours, le Québec recevra 9,3 milliards $ par l'entremise de la péréquation, un système de transfert d'impôts permettant d'équilibrer la richesse entre les provinces afin qu'elles puissent être en mesure d'assurer les services publics à un niveau de qualité comparable.

Si le prix du pétrole brut albertain devait demeurer aux alentours de 60 $US le baril, les premiers effets ne devraient commencer à se faire sentir qu'en 2016, a indiqué M. Leitão, qui prononçait une conférence, mercredi, devant près de 500 membres du Cercle finance de Québec. Il a évoqué une «diminution relativement modeste» des paiements de péréquation sur une période de trois ans si, évidemment, le prix du pétrole albertain demeurait au prix actuel. «Honnêtement, je ne pense pas qu'il va demeurer à ce prix-là.» Selon lui, avec la reprise de l'activité économique mondiale, le brut pourrait remonter à 100 $US le baril.

«Ce que je souhaite, c'est que le prix demeure stable. Ce qui est dommageable, c'est le mouvement actuel de yo-yo. Personne ne sait sur quel pied danser.»

Pour le moment, le grand argentier se frotte les mains de voir les entreprises exportatrices québécoises profiter du bas prix de l'essence - et de la glissade du huard provoqué par la chute du prix du pétrole brut - pour accroître leurs activités sur le marché américain.

Austérité

Devant un auditoire averti, Carlos Leitão a évidemment insisté sur l'obligation pour le Québec d'équilibrer les finances publiques. Il a martelé qu'au même titre que la reprise des investissements privés et l'accroissement des exportations, que la nécessité pour les PME d'innover et que le développement de l'économie verte, l'équilibre budgétaire constituait l'une des mesures essentielles à la relance de l'économie québécoise.

Il a rappelé qu'à défaut des mesures adoptées par le gouvernement de Philippe Couillard, le déficit afficherait 5,8 milliards $ cette année et 7 milliards $ l'an prochain. Dans sa mire, le ministre des Finances vise l'équilibre budgétaire en 2015-2016.

«Si nous n'arrivons pas à atteindre cet équilibre, tout le reste n'aura aucune importance», a-t-il mentionné en insistant pour dire qu'il ne fallait surtout pas «lever le pied du frein des dépenses», car le Québec risquerait d'alourdir davantage sa dette. «En raison de l'augmentation des coûts de rémunération de nos employés et de l'ajout continuel de nouveaux programmes et de nouvelles façons de dépenser l'argent de l'État, la pression sur les dépenses est très forte.»

Carlos Leitão n'apprécie pas l'utilisation du terme austérité pour désigner la stratégie du gouvernement libéral en matière de finances publiques. «Ça fait très européen.»

«Ce que nous faisons au Québec n'a aucune commune mesure avec ce qui a été fait et qui se fait encore au Portugal, en Espagne, en Italie et en Irlande. Dans ces pays, toutes les dépenses publiques ont été diminuées. Ici, ce que nous faisons - et ce n'est pas facile - c'est d'en limiter la croissance.»

«Nous le faisons parce qu'il faut le faire, a-t-il insisté. Si nous n'arrivons pas à maîtriser la croissance de nos dépenses, nous n'arriverons pas à l'équilibre budgétaire et, par conséquent, nous en ajouterons une couche sur la dette qui est déjà très élevée [200 milliards $]. Ce n'est pas problématique d'avoir un déficit - relativement petit, on s'entend - si le point de départ est un niveau d'endettement pas si élevé que ça.» Ce qui n'est pas le cas dans la Belle Province, où la dette brute représente 54,3 % du PIB. «Ce n'est pas le moment d'en ajouter à cette dette-là en accumulant des déficits d'opération récurrents et persistants.»

«Continuer de financer les services publics en utilisant la carte de crédit, ce n'est pas soutenable. Cette carte de crédit, ils [les agences de notation] ne nous l'ont pas encore enlevée. Ils nous disent, par contre, de la mettre un peu de côté, sinon elle nous sera retirée.»

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