2015 dans la boule de cristal de Desjardins

Que réserve 2015 pour les régions de la Capitale-Nationale et de la... (Shutterstock, Panachai Cherdchucheep)

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(Québec) Que réserve 2015 pour les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches?

Le Mouvement Desjardins a demandé à une équipe de ses économistes de consulter leur boule de cristal et de se risquer à prédire si, dans l'ensemble, l'année 2015 sera un bon cru ou non pour ces deux régions.

Ainsi, ils passent au crible des grands indicateurs comme la démographie, le marché du travail, le marché de l'habitation, les investissements et quelques enjeux régionaux.

Dans ces deux régions, pas moins de 13 milliards $ en projets d'investissement ont été recensés par Québec International. «Un contexte favo-rable», selon les économistes François Dupuis, Mario Couture, Joëlle Noreau et Chantal Routhier, «à l'expansion du marché du travail et à l'attraction de nouvelles entreprises, mais la problématique du bassin de main-d'oeuvre limité perdurera».

Pour la Capitale-Nationale, une «bonne vitalité» économique est donc attendue au cours de la prochaine année. «Les piliers en seront l'accroissement démographique vigoureux, le dynamisme des investissements et la bonne performance de l'emploi.»

Les économistes parlent aussi de «bonne vitalité» pour la région de la Chaudière-Appalaches en 2015. «La reprise attendue dans la foresterie et le manufacturier seront des atouts.»

L'amélioration de la conjoncture économique américaine et le rendement du dollar - évoluant toujours sous la parité par rapport à la devise américaine - aideront les entreprises régionales qui exportent leurs produits et services.

Capitale-Nationale Investissements: vers de nouveaux sommets

«Les investissements dans la région de la Capitale-Nationale sont vraisemblablement appelés à demeurer à des niveaux historiquement élevés, voire à fracasser de nouveaux sommets», avancent les économistes du Mouvement Desjardins.

«Cet élan sera attribuable à la présence de chantiers d'envergure, en cours et en élaboration, dont la construction de l'amphithéâtre, la modernisation de l'Aéroport international Jean-Lesage ainsi que l'élargissement de l'autoroute Henri-IV.»

À l'instar du Québec, les perspectives économiques devraient s'améliorer dans la Capitale-Nationale en 2015, une région qui couvre le territoire de la ville de Québec et des MRC de Charlevoix, de Charlevoix-Est, de La Côte-de-Beaupré, de L'Île-d'Orléans, de La Jacques-Cartier et de Portneuf. La croissance du PIB nominal de la région pourrait même être légèrement supérieure à celle du Québec, soit 3,5 % dans le cas de la province et de 3,6 % dans celui de la Capitale-Nationale.

«Pour cette année et pour l'an prochain, l'économie de la région sera notamment stimulée par la présence de chantiers d'envergure, lesquels favoriseront la création d'emploi et la croissance des investissements. Le secteur des services devrait bien faire, supporté par des industries en expansion, dont la science et la technologie.»

Cette «bonne santé économique» se fera, selon les économistes, en dépit d'un contexte où la concurrence pour attirer et pour retenir les talents ainsi que les entreprises est plus féroce que jamais. Et cette concurrence n'est pas que provinciale. À ce chapitre, ils rappellent que la grande région de Québec, selon une étude de KPMG, affiche les coûts d'exploitation pour les entreprises les plus concurrentiels parmi les agglomérations de 500 000 à 2 millions d'habitants en Amérique, en Europe et en Asie-Pacifique.

À surveiller

 > Marché du travail

Pour 2015, à la faveur d'une économie plus robuste, l'emploi devrait connaître une «accélération». Le taux de chômage demeurera au-dessus de la barre de 5 %.

Les secteurs de la construction, du commerce de détail, des assurances et des hautes technologies demeureront dynamiques. Même constat pour les secteurs de l'éducation, des soins de santé et des services sociaux. Un éclaircissement se pointe le bout du nez dans l'industrie forestière. Par contre, le contexte va demeurer difficile dans le domaine des pâtes et papier. «L'usine Papiers White Birch ne fonctionne pas toujours à pleine capacité en ce qui a trait à la production de papier et les opérations de la machine à carton ont déjà été arrêtées temporairement à quelques reprises depuis la relance», fait-on remarquer. La tendance baissière de l'emploi devrait se poursuivre dans le secteur primaire, en raison, notamment, de la quête constante de gains de productivité, ce qui réduit les besoins de main-d'oeuvre.

Autre ombre au tableau : le gel des embauches décrété par le gouvernement du Québec dans les ministères et les organismes.

 > Investissements

Les économistes rappellent que, selon les prévisions de l'Institut de la statistique du Québec, les investissements atteindront un nouveau sommet dans la Capitale-Nationale en 2014. «Pour 2015, la poursuite des projets d'envergure - comme la construction de l'amphithéâtre (400 millions $), les travaux routiers annoncés par le ministère des Transports (335,9 millions $) et la construction d'immeubles de condos à Beauport (250 millions $) et ceux récemment annoncés maintiendront les investissements à des niveaux historiquement élevés.»

«Par ailleurs, le Plan québécois des infrastructures 2014-2024 pour la Capitale-Nationale s'élève à 13,7 milliards $. Parmi les projets identifiés pour la région, il y a la phase II du projet de modernisation de l'Aéroport international Jean-Lesage et la relocalisation de l'hôpital de Baie-Saint-Paul.»

Il n'y a pas que dans l'agglomération urbaine de Québec que les investissements tombent du ciel. Dans Charlevoix, le Massif envisage des investissements de 150 millions $ d'ici 2020. Telus, pour sa part, injectera 45 millions $ du côté de Portneuf pour implanter son réseau de fibres optiques. Toujours dans ce coin de pays, Alcoa procédera à la reconstruction de ses deux fours à cuire de son usine de Deschambault. Une affaire de 73 millions $ sur trois ans.

***

Chaudière-Appalaches: un peu d'oxygène dans l'économie

Rares sont les régions au Québec, comme c'est le cas pour la Chaudière-Appalaches, pour lesquelles le secteur manufacturier et les exportations occupent une place aussi prépondérante dans leur économie. Heureusement, pour elles, le pire est passé et 2015 s'annonce plus encourageante.

«En 2015, l'amélioration plus marquée de la conjoncture mondiale - surtout américaine - devrait permettre à l'économie de la région de s'accélérer. Au cours de cette période, cependant, le rythme de l'économie régionale sera légèrement moins vigoureux qu'au Québec. Par ailleurs, l'évolution du huard sous la parité devrait être bénéfique à la croissance des exportations pour Chaudière-Appalaches», prévoient les économistes du Mouvement Desjardins en soulignant que la reprise attendue dans la foresterie, en particulier, apportera un peu d'oxygène. Les signes d'une «bonne vitalité» sont présents : Telus investira 14 millions $ à Saint-Georges afin d'implanter son réseau de fibre optique, les travaux d'élargissement et de dédoublement de l'autoroute 73 se poursuivront, le secteur de la traverse à Lévis subira une cure de jeunesse, le Centre de congrès et d'expositions de Lévis doublera sa superficie et le Carrefour St-Romuald prendra son envol avec l'arrivée de Costco et de Latulippe.

Niveau d'emploi

«La croissance économique de la région suivra de près la tendance provinciale. Les investissements devraient se maintenir à de hauts niveaux et l'emploi devrait afficher davantage de tonus.»

Toutefois, les économistes signalent que la situation économique de la MRC des Etchemins demeurait «préoccupante». «Toutefois, comme le secteur forestier est très présent, la reprise du marché résidentiel aux États-Unis pourrait éventuellement soutenir le niveau d'activité de l'industrie.»

À surveiller

> Marché du travail

L'une des régions affichant le plus bas taux de chômage au Québec, la Chaudière-Appalaches, devrait continuer de bien performer à ce chapitre. Le taux de chômage devrait avoisiner le cap des 5 % en 2015.

Avec un taux de chômage aussi bas, c'est pratiquement le plein emploi dans la région qui couvre les territoires des MRC suivantes : Beauce-Sartigan, Bellechasse, La Nouvelle-Beauce, Les Appalaches, Les Etchemins, L'Islet, Lotbinière, Montmagny, Robert-Cliche et de la ville de Lévis. Ça représente toutefois des maux de tête pour les entreprises qui n'arrivent pas à trouver de la main-d'oeuvre. «De 2013 à 2017, selon Emploi-Québec, il y aura 37 500 postes à pourvoir en Chaudière-Appalaches, dont 87 % pour combler les départs à la retraite. L'enjeu est de taille, soit d'attirer et de recruter du personnel en nombre suffisant afin d'assurer la croissance et le développement des entreprises», notent les économistes.

Dans pratiquement tous les secteurs de l'activité économique de la Chaudière-Appalaches, les perspectives d'emploi sont positives pour l'année qui vient. C'est le cas pour les industries agroalimentaire et forestière, pour le secteur de la construction et celui du commerce de détail. «On note, surtout, le déploiement actuel du pôle Chaudière à la tête des ponts», font-ils remarquer. «À terme, ce sont environ 750 à 1000 emplois qui devraient avoir été générés avec ce développement commercial et industriel.»

La construction navale a aussi le vent dans les voiles avec le Chantier maritime Davie qui compte maintenant plus de 850 travailleurs.

Des secteurs qui tiraient de la patte, il n'y a pas si longtemps encore, affichent aujourd'hui des perspectives d'embauche intéressantes. Les économistes signalent le cas de l'industrie des plastiques. «D'une part, la tendance à la hausse des matières premières s'est grandement estompée depuis un an et, d'autre part, l'économie américaine prend du mieux.»

 > Investissements

Selon Desjardins, les investissements dans la Chaudière-Appalaches seront en baisse en 2014 par rapport à 2013. Ils devraient atteindre 3,1 milliards $, un niveau comparable à la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, ça augure mieux pour 2015.

«Les projets en cours et prévus laissent entrevoir des perspectives de croissance favorables pour l'année prochaine. Le pôle Chaudière poursuit son développement (400 M$), le projet pour implanter des voies réservées aménagées au centre de la chaussée sur le boulevard de la Rive-Sud est en élaboration à Lévis (entre 125 et 150 millions $) et les investisseurs du Quartier Miscéo, toujours à Lévis, prévoient injecter 200 millions $ d'ici cinq à sept ans.»

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