Résolu: perte de 120 emplois à Baie-Comeau et à Clermont

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Pierre Richard, président de l'un des deux syndicats des employés de Résolu à Baie-Comeau, juge «impensable de croire que sur la Côte-Nord, on n'est pas capable d'opérer et d'avoir la ressource à des prix compétitifs».

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Steeve Paradis

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Le Soleil

(Baie-Comeau) Les mauvaises nouvelles économiques n'en finissent plus de se succéder pour les régions ressources. Produits forestiers Résolu a annoncé vendredi la fermeture définitive de deux machines à papier au Québec, soit une à l'usine de Baie-Comeau et l'autre à Clermont. Cent vingt emplois sont ainsi perdus, selon la compagnie. Résolu met aussi la clé sous la porte de son usine d'Iroquois Falls, en Ontario, qui compte 180 emplois.

L'arrêt définitif de la machine no 1 à Baie-Comeau, déjà stoppée depuis dimanche dernier, devrait entraîner la disparition d'entre 60 à 80 emplois, d'après le syndicat. En contrepartie, cette fermeture assure la survie pour l'instant de la machine no 3, qui devait stopper le 12 décembre pour une période indéterminée.

À Clermont, l'arrêt permanent de la machine no 4 est prévu autour du 30 janvier 2015. Entre 40 et 50 postes seront supprimés. Avec ces arrêts, il ne restera plus qu'une seule machine à papier en fonction à l'usine de Clermont et deux à celle de Baie-Comeau.

Sur la Côte-Nord, cette annonce de Résolu «déçoit au plus haut point» le maire de Baie-Comeau, Claude Martel. «On avait mis le comité de la crise forestière en place pour assurer la survie des trois machines et on vient nous dire ce matin que c'est fini. Je me demande si on n'a pas travaillé pour rien et j'espère qu'on n'a pas été les dindons de la farce dans cette histoire», a clamé M. Martel, qui se demandait même s'il ne saborderait pas le comité de la crise forestière.

Son collègue de Clermont, Jean-Pierre Gagnon, se dit inquiet pour l'avenir de l'usine. «La faire tourner avec une seule machine, c'est un défi important de la rentabiliser avec les coûts fixes», confie cet ancien travailleur de la papeterie, qui estime que l'économie de Charlevoix «est en chute libre» et que Québec ne semble pas pressé d'intervenir. «Pour le gouvernement, c'est pas juste de nous écouter, c'est d'agir. Mais je ne suis pas un maire très pesant dans la province», a-t-il laissé entendre.

«C'est une mauvaise surprise. On ne s'y attendait pas. Les travailleurs sont brisés. La nouvelle est dure à prendre», a résumé le président du Syndicat des travailleurs du papier de Clermont, Jérôme Tremblay, qui n'a pas caché sa frustration devant la conjoncture. «La compagnie devait fermer deux machines à Baie-Comeau, finalement, on apprend qu'elle en ferme une seule et que c'est nous autres qui payons.»

«Y a-t-il encore une volonté politique de garder l'industrie forestière de la Côte-Nord en vie?» s'est interrogé pour sa part Pierre Richard, président d'un des deux syndicats de l'usine de Baie-Comeau. «Aujourd'hui, force est de constater l'échec du comité technique que le gouvernement avait mis en place» pour régler cette crise, a-t-il lancé en ajoutant que le syndicat allait rencontrer l'entreprise afin de mettre en place un programme incitatif à la retraite.

Tordeuse des bourgeons

Résolu se montre aussi critique du programme de récupération des bois affectés par la tordeuse des bourgeons de l'épinette présenté par le gouvernement. Le porte-parole, Karl Blackburn, juge ce programme «nettement insuffisant» et estime qu'il ne répond «d'aucune façon aux attentes de l'industrie forestière».

Par le biais de ces fermetures, le géant forestier veut retirer du marché 465 000 tonnes métriques de papier journal, question de chercher à redresser un peu les prix. «Dans la dernière année, la demande a diminué de 300 000 tonnes en Amérique du Nord et dans le monde, cette baisse est de deux millions de tonnes», a indiqué M. Blackburn.

Malgré ces nouvelles peu réjouissantes, Karl Blackburn assure que ces fermetures ne signifient pas la fin prochaine de ces deux usines et que, malgré la baisse constante de la demande, «on demeure convaincus que quelque part dans le monde, il y a encore des clients qui vont utiliser du papier. On n'emballera pas un iPad avec un autre iPad», a-t-il conclu. Avec la collaboration de Brigitte Lavoie

Résolu pointe du doigt les groupes environnementaux

Outre les conditions du marché, le coût de la fibre et son approvisionnement ainsi que l'épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette, Résolu pointe aussi du doigt les groupes environnementaux pour justifier son geste de fermer des machines à papier. «Ce n'est pas le seul facteur, mais ça [les actions des groupes écolos] a aussi une influence dans la décision», a déclaré le porte-parole de Produits forestiers Résolu, Karl Blackburn. «Ces gens rencontrent les clients, leur font des menaces à peine voilées et les clients ne veulent pas de problèmes avec les groupes environnementaux», a ajouté le porte-parole, qui soutient au passage que le Québec possède déjà le régime forestier «le plus rigoureux de la planète». On se rappellera que la compagnie a déposé en mai 2013 une poursuite en diffamation de 7 millions $ contre Greenpeace, qu'elle accuse de mener des campagnes fausses et trompeuses afin de nuire à son image et sa réputation. Cette poursuite a été présentée devant la Cour supérieure de l'Ontario.

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