Emploi en novembre à Québec: la mauvaise passe se poursuit

La région métropolitaine de recensement de Québec -... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La région métropolitaine de recensement de Québec - qui couvre principalement le territoire des villes de Québec et de Lévis - a enregistré une diminution de 1500 emplois le mois dernier.

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(Québec) Alors que la Belle Province vient de connaître son meilleur mois en 2014 à ce chapitre, la création d'emplois continue de battre de l'aile dans la région de Québec.

La région métropolitaine de recensement de Québec - qui couvre principalement le territoire des villes de Québec et de Lévis - a enregistré une diminution de 1500 emplois le mois dernier. Une contre-performance qui suit celle d'octobre alors que la région avait essuyé un recul de 4800 postes. La région comptait 421 300 emplois en novembre, le plus faible niveau observé depuis le début de 2014, selon les données publiées vendredi par Statistique Canada.

Paradoxalement, le taux de chômage a dégringolé de deux dixièmes de point de pourcentage pour se fixer à 5,2 %. Le plus bas au Québec. «La baisse de la population active de 0,6 % supérieure à celle de 0,4 % du nombre d'emplois a entraîné ce recul», explique l'économiste principal de Québec International, Louis Gagnon. Un brin découragés, les chercheurs d'emplois restent à la maison plutôt que de s'activer à dénicher un autre gagne-pain.

«Lancé sur les chapeaux de roues en début d'année, le marché de l'emploi a procédé à des ajustements qui se sont prolongés le mois dernier», explique M. Gagnon. «Une fois encore, l'évolution en dents de scie du secteur des services et la détente du marché de la construction, notamment résidentielle, ont eu des effets sur le besoin de main-d'oeuvre.»

L'économiste ne lance pas la serviette. L'année 2014 sera tout de même un bon cru.

«La région traverse une période moins expansionniste au chapitre de l'emploi. Toutefois, les résultats exceptionnels obtenus en cours d'année, notamment en février et en juillet, lui permettront de faire beaucoup mieux qu'en 2013. Selon notre récente révision, la RMR de Québec pourrait afficher un bilan positif d'au moins 5000 emplois en 2014 par rapport à 2013, ce qui lui prévaudrait la première place au Québec et un rendement digne des leaders à l'échelle canadienne.»

Québec 

Alors que le Québec avait perdu 14 200 emplois en octobre, la Belle Province en a gagné 19 600 en novembre. «Ce qui représente le meilleur mois de 2014», fait remarquer le Mouvement Desjardins.

Le taux de chômage a cependant peu bougé passant de 7,7 % à 7,6 %.

Les gains sont notables dans l'hébergement et la restauration (20 800 emplois).

«Enfin, le Québec voit son niveau d'emploi augmenter après des mois d'attente. Toutefois, si les conditions économiques semblent s'éclaircir pour le Québec avec l'activité économique qui s'accélère aux États-Unis, il faut tout de même s'attendre à de la volatilité dans les données sur le marché du travail au cours des prochains mois», signale l'économiste principale du Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau.

La situation est moins rose du côté du secteur manufacturier avec la perte de 9900 emplois en novembre. 

«Alors que les dernières données publiées sur l'activité manufacturière nous laissent entrevoir des tendances positives, le portrait du côté de l'emploi reste inquiétant», constate Audrey Azoulay, directrice des affaires publiques et des relations gouvernementales des Manufacturiers et Exportateurs du Québec. «La croissance annuelle de l'emploi manufacturier est négative depuis le mois de mai, passant de - 0,7 % en octobre à - 3 % en novembre. Le bilan de fin d'année sera triste. Entre janvier et novembre, le secteur manufacturier est passé d'un total de

499 700 à 475 900 emplois.»

Canada

Au Canada, le marché de travail n'a pas été facile en novembre. Près de 11 000 emplois se sont envolés. 

Le taux de chômage a légèrement augmenté grimpant de 6,5 % à 6,6 %.

Le secteur des services y a goûté avec la suppression de 28 000 postes.

Pour l'économiste principal au Mouvement Desjardins, Benoît P. Durocher, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

«Après la forte croissance de l'emploi répertoriée en septembre et en octobre, il est un peu normal que la progression du marché du travail se soit essoufflée en novembre. Malgré tout, la tendance de l'emploi demeure très favorable alors que la moyenne mobile sur six mois affiche un gain moyen mensuel de 21 300 postes.»

États-Unis

La grande surprise vendredi, c'est la performance de l'emploi aux États-Unis.

Parlant de la plus forte création d'emplois en près de trois ans chez nos voisins du sud, Francis Généreux, économiste principal au Mouvement Desjardins, signale «qu'avec la baisse des prix de l'essence, tout est en place pour que la croissance économique demeure très vigoureuse aux États-Unis.»

L'économie américaine a créé321 000 nouveaux emplois - un sommet depuis janvier 2012 - dépassant largement les attentes des analystes. Le taux de chômage est resté à 5,8 %, son niveau le plus bas depuis juillet 2008.

Les analystes tablaient dansleur prévision sur la création de 230 000 emplois en novembre.

Les 343 200 visages du chômage

N'essayez pas de tracer le portrait-robot du chômeur québécois. Économiste principale au Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau a tenté de le faire. «En fait, on ne peut parler du visage du chômage au Québec, mais des 343 200 visages du chômage», affirme-t-elle dans une analyse publiée cette semaine.

Joëlle Noreau révèle que celui que l'on pourrait appeler le «chômeur moyen» n'existe pas, que le chômage touche beaucoup de gens et que personne, finalement, n'est à l'abri : hommes ou femmes, jeunes ou plus âgés, diplômés ou non.

À partir des données de l'Enquête sur la population active réalisée mensuellement par Statistique Canada, l'économiste a dénombré, en moyenne, 343 200 chômeurs de 15 ans et plus pour les dix premiers mois de 2014 au Québec.

«Pour faire une image, 343 200 personnes représentent davantage de gens que la population totale de l'Estrie en 2013. C'est encore plus que les villes de Repentigny, de Brossard, de Drummondville, de Granby et de Saint-Georges réunies.»  

En chiffres absolus, la population des chômeurs compte plus d'hommes que de femmes. Les hommes représentent, en effet, 61 % de tous les chômeurs de 15 ans et plus. 

Le chômage n'a pas d'âge non plus. 

Pas moins de 8500 personnes âgées de 65 ans et plus se déclaraient chômeuses.

Et le chômage sévit partout. 

«Ainsi, un découpage par niveau de scolarité permet de voir que l'on compte des chômeurs dans toutes les catégories, peu importe le niveau de formation académique», fait remarquer Mme Noreau. 

«Toutefois, les chiffres gagnent à être lus en parallèle avec le taux d'emploi. On constate que le plus fort contingent de chômeurs, soit un peu plus du tiers [119 100] possède un diplôme ou certificat d'études secondaires. Par contre, ce groupe a un taux d'emploi de 70 % qui est supérieur à celui des chômeurs n'ayant pas de diplôme d'études postsecondaires.»

Avant d'aboutir au bureau de l'assurance emploi, 53 % des chômeurs avaient un emploi; 47 % étaient inactifs, c'est-à-dire qu'ils fréquentaient l'école ou qu'ils tenaient maison. (Voir graphique).

La durée du chômage est très variable. Près de 60 % de ceux qui se déclarent au chômage y sont depuis moins de 14 semaines. Selon Statistique Canada, la durée moyenne du chômage au Québec se chiffre à 22 semaines. «Il y a un fort contingent de chômeurs qui ont cumulé 27 semaines et plus. Ils représentent environ un chômeur sur cinq», souligne Joëlle Noreau.

Travail à temps partiel de plus en plus recherché

Le travail à temps plein demeure celui qui est le plus recherché parmi les chômeurs. En fait, environ 68 % des chômeurs québécois souhaitent dénicher un boulot à temps plein.

«En ce qui a trait à la recherche d'un travail à temps partiel, la comparaison dans le temps révèle qu'il prend une importance grandissante depuis 1990», met en évidence l'économiste de Desjardins. 

«En comparant le pourcentage de chômeurs déclarant chercher un emploi à temps partiel pour les années 1990, 2000 et 2014, on constate une nette tendance à la hausse. Ils étaient 9,6 % en 1990, 13,9 % en 2000 et 21 % pour les dix premiers mois de 2014. Le vieillissement de la population est-il en cause?» pose-t-elle.

«Peu de gens partent du même point pour chercher un emploi», conclut Mme Noreau. «Pour certains, en décrocher un se fera au prix d'une nouvelle formation académique, pour d'autres, d'un déplacement ailleurs dans la province, pour d'autres encore, en aménageant le temps de travail d'une façon différente. S'il est une chose qu'il faut retenir du portrait esquissé brièvement dans cette étude, c'est qu'il ne peut y avoir de solution unique à la réduction du chômage au Québec et que l'amélioration de la conjoncture économique ne fera pas le boulot à elle seule.»

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