Énergie: les provinces de l'est doivent s'unir, disent des experts

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Une installation de sables bitumineux en Alberta

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(Québec) Dans une lettre ouverte publiée mercredi matin, un groupe d'une vingtaine de scientifiques et d'experts du domaine de l'énergie presse les provinces de l'est du Canada de développer une politique commune de l'énergie afin, notamment, de faire contrepoids à l'Alberta.

«Au niveau canadien, l'influence de l'Alberta est déterminante. Le seul aspect qui importe pour le gouvernement fédéral, c'est le soutien à la production de pétrole, et ça fait un bon bout de temps qu'on le sent», dit le physicien de l'Université de Montréal Normand Mousseau, un des cosignataires de la lettre ouverte - et qui a coprésidé la Commission sur les enjeux énergétiques, en 2013.

À l'heure actuelle, il existe bien peu de contrepoids à l'influence albertaine sur les orientations que prend le Canada en matière d'énergie, puisque Ottawa n'a pas de politique de l'énergie. Le Québec et l'Ontario ont bien signé quelques ententes en cette matière le mois dernier, en particulier sur des échanges d'électricité (500 mégawatts de chaque côté), mais c'est encore insuffisant, selon le collectif d'auteurs, parmi lesquels on compte plusieurs noms connus dans le dossier de l'énergie, dont M. Mousseau et Pierre-Olivier Pineau, de l'École des hautes études commerciales.

Les provinces de l'est, plaident-ils, ont intérêt à écouler leur électricité sur le marché canadien. Historiquement, les lignes à haute tension ont plutôt été dirigées vers les États-Unis, où les prix étaient plus élevés, mais «c'est moins le cas maintenant parce que les gaz de schiste ont fait chuter les prix, explique M. Mousseau. L'an dernier, d'après notre estimation, le Québec a exporté environ 35 térawattheures d'électricité, mais seulement 10 TWh l'ont été à profit. Le reste a été écoulé à des moments où la demande est très faible.» 

Intérêts communs

Mais au-delà des prix, ces provinces ont clairement des intérêts communs qu'elles pourraient mieux défendre ensemble, selon le collectif d'experts. Ainsi, il s'agit d'une région du Canada nettement plus impliquée que l'Ouest dans la lutte aux changements climatiques. Une bonne partie d'entre elles sont concernées par des projets de transport de pétrole, à propos desquels elles pourraient faire front commun. Les grands réservoirs hydroélectriques du Québec et du Labrador pourraient, en outre, servir à niveler les fluctuations de production des sources renouvelables.

Par un simple jeu de poids démographique, si l'est du Canada accordait ses flûtes sur, par exemple, des normes d'efficacité énergétique, «celles-ci deviendraient de facto la référence nationale», lit-on dans le document.

Et puis, «l'important secteur manufacturier dans le domaine des équipements de transport de l'Ontario couplé à la force émergente du Québec dans les technologies liées aux batteries et aux ressources importantes d'énergie renouvelable du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador offrent une occasion exceptionnelle d'intégration dans le cadre d'un plan stratégique commun pour l'électrification des transports».

Bien qu'ils campent clairement pour une réduction des gaz à effet de serre, M. Mousseau et ses collègues ne font pas une croix complète sur les hydrocarbures. Le fait que plusieurs provinces - en particulier le Québec et le Nouveau-Brunswick - possèdent des réserves de gaz de schiste en fait un autre enjeu commun, selon les auteurs.

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