Le gaz naturel se fait attendre dans Bellechasse

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La Coalition gaz naturel Bellechasse a placé des affiches le long des routes de la région de la Chaudière-Appalaches.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) «Pour la survie et l'expansion des entreprises de Bellechasse, la desserte en gaz naturel, c'est aussi important qu'une autoroute», affirme le directeur général du Centre local de développement (CLD) de Bellechasse, Alain Vallières.

Réunis au sein de la Coalition gaz naturel Bellechasse, les intervenants économiques et industriels de coin de pays de la région de la Chaudière-Appalaches viennent de dévoiler les résultats d'une étude d'impact économique sur les retombées du projet de 60 millions $ visant à donner l'accès au gaz naturel aux entreprises bellechassoises.

D'une longueur de 85 kilomètres, la desserte traverserait les municipalités de Pintendre, de Saint-Henri, de Saint-Anselme, de Sainte-Claire, de Saint-Lazare et de Saint-Damien en plus de la partie sud de la ville de Lévis, notamment là où se construit l'Innoparc, un parc à vocation technologique et scientifique.

Pas moins de 115 entreprises, des petites comme des grandes (Prévost Car, Exceldor, IPL), pourraient bénéficier de cette source d'énergie moins coûteuse et moins polluante que le mazout. Le projet permettrait, en effet, d'éviter l'émission de 6000 tonnes de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Pour la réalisation de ce projet, les gouvernements du Québec et du Canada sont appelés à investir 51 millions $. Pour sa part, Gaz Métro a déjà signifié son engagement à mettre tout près de 9 millions $ sur la table.

Selon l'étude réalisée par Deloitte, la venue du gaz naturel dans Bellechasse pourrait générer des investissements de l'ordre de 42 millions $ de la part des entreprises, dont 10 millions $ pour la conversion des usines à l'arrivée du gaz naturel et 32 millions $ en dépenses liées à l'acquisition d'équipements ou à l'agrandissement des installations existantes.

Jusqu'à 700 emplois pourraient voir le jour, dont 540 pendant la construction de la desserte et 150 autres provenant des nouveaux investissements réalisés par les entreprises.

L'arrivée du gaz naturel permettrait une augmentation de la richesse collective de 72,5 millions $. Et les gouvernements en tireraient des bénéfices sous forme de revenus fiscaux et parafiscaux : 7,8 millions $ pour le Québec et 2,8 millions $ pour le Canada.

Des économies d'énergie

Par ailleurs, Deloitte confirme que l'arrivée du gaz naturel se traduira par des économies d'énergie et par une réduction de la facture énergétique des entreprises. Des économies pouvant se chiffrer entre 32 % à 57 % pour celles qui s'alimentent actuellement au mazout. «La productivité de ces entreprises est susceptible de s'accroître par le remplacement d'équipements plus efficaces. Productivité et économies d'énergie créeront un milieu propice à la consolidation de ces mêmes entreprises ainsi qu'à des milliers d'emplois», soutient l'étude financée par la MRC de Bellechasse (20 000 $) et la Ville de Lévis (5000 $).

Alain Vallières signale que la facture énergétique constituait un véritable boulet pour les entreprises.

«Non seulement les industriels nous disent qu'ils retardent des investissements, mais plusieurs affirment qu'ils n'en réaliseront pas tant et aussi longtemps qu'ils n'auront pas accès au gaz naturel», affirme le directeur général du CLD de Bellechasse en signalant que Thetford Mines et la Beauce, des régions voisines de Bellechasse, offrent déjà le gaz naturel aux entreprises de leur territoire. Il en a coûté plus de 25 millions $, en 2011, pour prolonger de 72 kilomètres le réseau de Gaz Métro jusqu'à Thetford Mines. Ottawa avait apporté une contribution de 18,1 millions $ à ce projet.

Alain Vallières cite le cas Kerry, de Sainte-Claire, une filiale d'une multinationale spécialisée dans le développement et la fabrication de saveurs, d'arômes et de produits destinés à l'industrie des aliments et boissons. L'entreprise de 200 employés est constamment en concurrence avec l'une de ses consoeurs qui a pignon sur rue à Savannah en Géorgie et qui, elle, bénéficie du gaz naturel.

«Nous voulons conserver notre vitalité. Dans la santé, on dit souvent que le préventif est mieux que le curatif. Que ça coûte moins cher au bout de la course. Nous préférons donc prévenir avant de se retrouver avec des fermetures d'entreprises sur les bras.»

Pour lui, la balle est maintenant dans des politiciens à Québec et à Ottawa.

Dominique Vien y croit

Jointe par Le Soleil, la députée de Bellechasse, Dominique Vien, qui est aussi ministre du Tourisme, a indiqué qu'elle n'avait pas à être convaincue de la pertinence du projet. Elle en a d'ailleurs fait un engagement lors de la dernière campagne électorale. «L'approvisionnement en gaz naturel apportera un levier important pour Bellechasse. Ça permettra à la région d'être plus attractive. Ça contribuera à la rétention des emplois et ça favorisera la concrétisation de projets d'agrandissements.»

Disant travailler en étroite collaboration avec son collègue fédéral Steven Blaney pour faire avancer le dossier, Mme Vien a signalé qu'elle multipliait les interventions auprès des différents ministères pour trouver une «niche» au projet. Tout en convenant que «les sous étaient plutôt rares à Québec par les temps qui courent», la députée-ministre a insisté pour dire que le gouvernement libéral soutenait aussi la relance économique.

Le bureau de circonscription de M. Blaney n'a pas donné suite aux appels du Soleil.

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