Hasardeux de prédire les effets de la cure minceur de l'État pour Québec

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Mardi, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, annonçait, entre autres, un gel de l'embauche dans les ministères et organismes ainsi que la disparition de 1150 postes.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Quelles seront les conséquences de la cure minceur imposée à la fonction publique sur l'économie de la région de Québec, siège social du gouvernement québécois?

Pour l'économiste principal de Québec International, Louis Gagnon, il est hasardeux, à l'heure actuelle, de s'aventurer sur ce terrain.

Mardi, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, annonçait, entre autres, un gel de l'embauche dans les ministères et les organismes ainsi que la disparition de 1150 postes, notamment par le non-remplacement des fonctionnaires, professionnels et cadres qui partiront à la retraite et la terminaison des contrats du personnel à statut précaire. Au menu également : des économies de 689 millions $ dans la rémunération des employés et la hache dans les budgets de publicité et de commandites des sociétés d'État.

«Il y a encore trop d'inconnues», répond-il au Soleil. Combien de postes seront rayés de la carte à Québec, à Montréal et dans les régions? Quels ministères seront les plus touchés? Quelles catégories d'emploi seront les plus affectées? À quel moment ces mesures commenceront-elles à s'appliquer en 2015?

Louis Gagnon reconnaît que la fonction publique constitue un «atout important» pour la région de Québec. Elle lui apporte une «stabilité» qui l'a aidé à traverser, sans trop de dommages, les derniers bouleversements de l'économie canadienne et américaine. Rares ont été les régions, au Canada, à ne pas avoir trop souffert de la récession de 2009.

Par contre, la fonction publique n'est plus le seul rempart contre les soubresauts de l'économie. Québec n'est plus la région de fonctionnaires qu'elle était jadis et qui piquait du nez chaque fois qu'un gouvernement décidait d'imposer un régime amaigrissant à son administration publique.

«Des efforts importants ont été réalisés au cours des 10 ou 15 dernières années, pour favoriser l'émergence de nouveaux secteurs, comme ceux des technologies de l'information, de l'optique-photonique, des jeux vidéo et des sciences de la vie, et l'expansion d'autres industries comme celle des assurances et des services financiers, par exemple», explique l'économiste principal de Québec International.

Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, le poids des administrations publiques (municipale, provinciale et fédérale) dans la région de la Capitale-Nationale correspondait à 16,5 % du PIB en 2012 comparativement à 18,7 % dans le cas du secteur des finances, de l'assurance et des services immobiliers. De plus, la croissance a été plus marquée dans ce secteur que dans celui des administrations publiques depuis 2008.

«Oui, il s'est créé des emplois dans la fonction publique au cours des dernières années, mais il s'en est créé plus encore dans d'autres secteurs», souligne M. Gagnon en s'inspirant de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada.

On apprend, entre autres, qu'entre 2003 et 2013, l'apport de l'administration publique dans l'emploi total dans la région de Québec avait légèrement diminué, passant de 11,6 % à 11,2 %. Et la plus forte diminution provenait de l'administration publique provinciale avec un recul de 0,3 point de pourcentage.

Pour la période 2003-2013, la croissance totale de l'emploi dans la région de Québec a été de 18,6 %. Pour le secteur des services, elle affichait une hausse de 21 %. Dans le cas des trois administrations publiques, la croissance globale était de l'ordre de 14,1 %, soit 31,7 % du côté des administrations municipales, 13,2 % pour la fonction publique provinciale et de 2,7 % pour celle du gouvernement fédéral.

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