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Manne de 105 millions $ pour Supermétal

Dans la cour de Supermétal à Lévis, Jean-François... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dans la cour de Supermétal à Lévis, Jean-François Leclerc, vice-président, division de l'ouest canadien, et Jean-François Blouin, pdg

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La récolte automnale a été fructueuse pour Supermétal. L'entreprise spécialisée dans la fabrication et l'installation de charpentes métalliques a décroché des contrats totalisant 105 millions $.

«Il s'agit d'un beau cadeau de 55e anniversaire», se réjouit Jean-François Blouin, le pdg de la compagnie fondée en 1959 par Léonce et Gérard Bouchard. À l'époque, Supermétal ne comptait qu'une poignée de travailleurs. Aujourd'hui, l'entreprise fournit un gagne-pain à plus de 600 employés à Lévis, à Sherbrooke, en Alberta et en Caroline du Sud. Son chiffre d'affaires avoisine 130 millions $.

Et pour réaliser les nouveaux contrats, Supermétal a besoin rapidement d'une centaine de nouveaux travailleurs, principalement à Lévis et à Sherbrooke.

«Nous cherchons des assembleurs, des soudeurs, des journaliers et des contremaîtres. Idéalement, des travailleurs détenant de l'expérience, mais aussi des gens vaillants qui n'en possèdent pas. Nous allons les former», annonce Jean-François Blouin qui déplore la situation de pénurie de main-d'oeuvre spécialisée dans le secteur de la fabrication au Québec. «Dans notre industrie, les métiers n'ont pas été suffisamment valorisés. Ils sont méconnus. Ça n'encourage pas les jeunes à se tourner vers les programmes de formation professionnelle. Nous n'avons donc pas le choix de recruter des gens ne possédant pas toujours les qualifications requises. C'est la seule façon pour en arriver à combler nos postes.»

D'un océan à l'autre

Dans sa cueillette des dernières semaines, Supermétal a notamment décroché trois contrats au Canada valant à eux seuls un peu plus de 90 millions $.

À Calgary, Supermétal fabriquera et installera la structure métallique d'un nouvel immeuble de

27 étages - la tour Manulife - au centre-ville. Il s'agit d'un contrat de 20 millions $ pour Supermétal qui réalisera ainsi un troisième projet d'importance à Calgary. Ces dernières années, l'entreprise a participé à l'érection d'une première tour de 54 étages et à la construction d'un nouveau terminal à l'aéroport de Calgary. Le montage de la tour Manulife débutera au cours de l'été 2015.

Toujours en Alberta, l'entreprise apportera son expertise à la société MEG Energy, à Christina Lake, qui veut accroître sa production de 150 000 barils par jour. La pétrolière a octroyé un contrat de 35 millions $ à Supermétal pour fabriquer notamment des supports à la tuyauterie. Pour ce projet, Supermétal a du pain sur la planche jusqu'en 2016.

À l'autre bout du pays, à Terre-Neuve et Labrador, la centrale électrique de Nalcor Energy à Lower Churchill fait appel à Supermétal pour construire une nouvelle centrale pour la production de 3000 mégawatts d'électricité par année. Supermétal fabriquera, entre autres, quatre turbines. La livraison du produit se fera en 2015.

En plus de ces trois importants contrats, Supermétal a récolté d'autres commandes de sociétés oeuvrant dans le secteur minier au Canada et aux États-Unis.

Le vent tourne

Les dernières années n'ont pas été une sinécure pour Supermétal et les autres joueurs du monde de l'acier. La récession américaine a fait mal. Les contrats étaient rarissimes. Et quand un appel d'offres tombait du ciel, les entreprises, plus affamées les unes que les autres, soumissionnaient à des prix très bas pour en arriver à garder la tête au-dessus de l'eau. Évidemment, les marges de rentabilité des entreprises en ont pour leur rhume.

«Il y a 10 ans, nous réalisions 80 % de notre chiffre d'affaires aux États-Unis», explique Jean-François Blouin. «Il est passé à 5 % au cours des cinq dernières années.»

Supermétal a profité de l'accalmie pour acquérir, en 2010, une usine d'assemblage en Caroline du Sud, ce qui lui permettait de soumissionner sur des projets publics «protégés» par les règles protectionnistes américaines. L'entreprise québécoise a pu notamment décrocher un contrat à l'Université d'État de la Pennsylvanie.

Heureusement, le vent a commencé à tourner. Et il souffle aussi sur le Canada.

Jean-François Blouin se montre discret sur le contenu du carnet de commandes de l'entreprise. Il assure toutefois que le montant de l'ensemble des contrats en poche est deux fois plus élevé aujourd'hui qu'il l'était il y a 12 mois. «Ça nous enlève un peu de pression. Ça nous permet d'être plus sélectifs dans le choix de nos projets. Ça nous permet aussi d'accroître notre profitabilité, car les marges ont commencé à remonter.»

Conscient que la croissance organique sera difficile au cours des prochaines années, Supermétal - qui se spécialise notamment dans le marché des immeubles commerciaux et des bâtiments industriels complexes - entend demeurer aux aguets en vue de la réalisation d'acquisitions.

En attendant, Jean-François Blouin ne cache pas que le défi de l'heure est celui du recrutement du personnel. «Nous sommes obligés de refuser des contrats, car nous n'avons pas toujours la main-d'oeuvre suffisante pour les réaliser.»

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