Oléoduc Énergie Est: pas de «plan B» à Cacouna, mais...

Une étude examine sept autres emplacements que Cacouna... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Une étude examine sept autres emplacements que Cacouna pour l'oléoduc Énergie Est, dont Lévis-Est (photo). Ce secteur aurait nécessité les travaux de construction les moins dispendieux, mais le rejet du projet Rabaska par la population en 2007 semble avoir pesé contre lui.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Il n'y a pas de «plan B» à Cacouna pour le port pétrolier que TransCanada Pipelines veut y construire, affirme la compagnie. Mais elle a en main une étude examinant sept autres emplacements, dont un à Lévis apparaît comme une option valable pour ses installations.

Un rapport daté de septembre 2014 dresse une analyse détaillée de huit endroits. Les noms ont déjà circulé dans les médias au sujet du complexe qui servira de terminal de transbordement pour le pétrole, dont celui tiré des sables bitumineux de l'Alberta, que transportera l'oléoduc Énergie Est.

Il s'agit de Saint-Nicolas, Lévis-Est et du port de Québec, dans la région de la capitale, de même que de Pointe-Saint-Denis, Gros-Cacouna, Île Verte, Île du Bic et Baie-des-Sables, dans l'Est, tous évidemment sur la rive sud du Saint-Laurent.

Le dossier «Méthodes alternatives pour la réalisation du projet» de pipeline en vient à la conclusion que «les sites suivants ont été éliminés dans le cadre de ce processus de sélection initiale». Le port de Québec, Saint-Nicolas, Pointe-Saint-Denis, Île Verte et Île du Bic ont été jugés inadéquats.

Des restrictions à l'utilisation de pétroliers Suezmax, qui peuvent transporter 1,1 million de tonnes de pétrole brut, servent à appuyer ce verdict dans certains cas. Des difficultés techniques à résoudre sont aussi évoquées.

«On ne regarde rien d'autre»

L'aménagement sur les trois emplacements restants ne pose pas de problématique insoluble. Mais Tim Duboyce, le porte-parole de TransCanada, a insisté qu'aucune alternative à l'endroit annoncé ne fait l'objet d'une réflexion.

«C'est Cacouna et il n'y a pas de "plan B". Sur le plan des décisions d'affaires et de développement, il n'y a aucune discussion pour d'autres sites. On ne regarde rien d'autre.»

M. Duboyce n'a pas voulu commenter pourquoi certains emplacements sont écartés tandis que Lévis-Est et Baie-des-Sables répondent aux principaux critères. Le porte-parole a indiqué qu'il ne peut savoir à quel document Le Soleil fait référence. Si des sites sont écartés, c'est sûrement sur la base d'analyse technique, s'est-il contenté de spéculer.

Pétroliers et bélugas

L'analyse jette un éclairage particulier sur le choix de la compagnie. L'aspect financier semble l'avoir emporté sur celui de l'environnement.

Parmi les trois sites, seul Cacouna se trouve «à l'intérieur de l'habitat essentiel désigné du béluga». Les auteurs notent qu'à Lévis, «les mammifères marins ne fréquentent pas» évidemment le secteur tandis que Baie-des-Sables ne pose pas problème à «l'habitat essentiel» du béluga.

Les coûts pour aménager les installations varient. Baie-des-Sables apparaît hors de prix. L'étude évalue qu'il aurait fallu 840 millions $ pour construire le terminal maritime dans la localité située près de Matane. À cela s'ajoutent plus de 675 millions $ pour le raccordement à la conduite principale, 135 kilomètres plus loin, qui doit se rendre à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Construire le complexe de transbordement à Cacouna s'élève, en comparaison, à 700 millions $. Les 40 kilomètres qui séparent cet emplacement du pipeline principal représentent un investissement de 200 millions $.

Lévis-Est aurait nécessité les travaux de construction les moins dispendieux, soit 740 millions $ pour le terminal et 42 millions $ pour se rendre à la canalisation principale. Mais un facteur tout autre qu'environnemental et financier semble avoir pesé contre Lévis-Est.

Les rédacteurs de l'étude rappellent «qu'il est important de mentionner que près de 70 % de la population a voté contre le projet Rabaska, en 2007». Rabaska est ce projet de Gaz Métro pour aménager un terminal de transbordement du gaz naturel destiné à l'exportation. Un mouvement d'opposition s'est fait entendre, mais tout indique que les conditions de marché pour le gaz naturel ont mis sur la glace le projet.

Le port de Québec, une option «pas viable du point de vue économique»

Bâtir sur les terrains du port de Québec le terminal pétrolier de TransCanada aurait représenté assurément une prouesse technique, mais aussi un «défi économique de taille», estime une étude produite en septembre pour le promoteur.

Selon le rapport «Méthodes alternatives pour la réalisation du projet» Oléoduc Énergie Est, le degré de difficulté aurait été très élevé. Les auteurs précisent que «ce site n'a pas fait partie de la seconde ronde de sélection» qui a comparé huit emplacements.

L'écueil le plus important tient au fait que la canalisation pour arrimer les installations portuaires au pipeline principal aurait dû repasser sous le Saint-Laurent. «Le latéral devrait franchir le fleuve, ce qui représente un certain nombre de défis techniques d'importance et n'est vraisemblablement pas viable du point de vue économique.»

Première «à haut risque»

Le Soleil a rendu public un rapport qui présente comme une première mondiale «à haut risque» la première méthode examinée par TransCanada pour que la conduite principale du pipeline franchisse le Saint-Laurent à la hauteur de Saint-Augustin. L'entreprise albertaine examine d'autres procédés qu'une traverse par «forage directionnel horizontal».

Selon le dossier obtenu, l'exploitation d'un tel terminal aurait entraîné «un certain nombre de facteurs opérationnels pour assurer une navigation sécuritaire». Le recours à des remorqueurs se serait imposé pour les grands pétroliers de la classe Suezmax.

«L'emplacement proposé pour le terminal créerait une grave interférence dans l'exploitation actuelle et future des quais 54 et 55», poursuivent les auteurs. Ils précisent que cela aurait nui aux plans d'expansion du port.

En octobre, Le Soleil a révélé que les dirigeants de l'Administration portuaire de Québec planifient l'érection de nouvelles installations pour exporter du pétrole brut provenant des sables bitumineux de l'Ouest canadien. Le rapport de TransCanada laisse entendre que ce ne seront pas des produits pétroliers d'Oléoduc Énergie Est.

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