La Corporation des carrossiers demande un grand ménage

Michel Bourbeau, président et chef de la direction... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Michel Bourbeau, président et chef de la direction de la Corporation des carrossiers professionnels du Québec, et Me Caroline Gagnon, vice-présidente aux affaires juridiques

Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

(Québec) Selon des études de marché des fabricants de peinture pour les carrossiers, le Québec pourrait faire vivre aisément 700 entreprises de débosselage et de peinture au Québec sans difficulté. Le problème, c'est qu'il y a 1800 carrossiers, sans compter les entrepreneurs qui travaillent au noir. Pire, aucune règle n'encadre ce secteur professionnel qui génère plus de 1 milliard $ en retombées économiques.

Pour la Corporation des carrossiers professionnels du Québec (CCPQ) il est grand temps de faire le ménage et d'assainir le marché. Car toutes les entreprises ne sont pas membres de la corporation avec ses règles, un code d'éthique et des exigences en matière de qualification. La CCPQ regroupe 400 carrossiers qui effectuent près de 60 % des travaux dans l'industrie au Québec. Parmi ses membres, il y a aussi des assureurs et des fournisseurs.

Michel Bourbeau, président et chef de la direction CCPQ, et Me Caroline Gagnon, vice-présidente aux affaires juridiques, il faut absolument des règles pour encadrer la profession et faire le ménage à cause du travail au noir et des entreprises délinquantes qui ternissent la réputation des entreprises sérieuses.

«Il faut assainir l'industrie, réclame Michel Bourbeau. C'est une question de sécurité pour les consommateurs, pour la santé des employés qui travaillent dans des conditions inadéquates, pour l'environnement et pour la sécurité sur les routes en étant assuré que les travaux ont été exécutés dans les normes. Nous devons être certains que le conducteur ne perde pas de morceaux sur l'autoroute à 100 km/h à cause de travaux mal faits.»

Sans encadrement, les dangers croissent avec le temps, et l'État perd de l'argent. «L'exercice d'encadrement que nous proposons n'a pas de coût pour le gouvernement, continue Me Gagnon. Il n'y sera pas nécessaire d'embaucher des inspecteurs, mais il faut des règles claires et contraignantes comme dans d'autres secteurs, comme les maîtres électriciens par exemple.»

Selon eux, il y a trois possibilités pour un encadrement idéal. La loi pourrait obliger les carrossiers à détenir un permis et à verser un cautionnement pour régler les litiges, comme c'est le cas avec les agences de voyages, les vendeurs itinérants. Il y a déjà des règles pour les recycleurs dans le secteur de l'automobile, les vendeurs de véhicules d'occasion et les concessionnaires.

La deuxième idée concerne l'obligation de la CCPQ qui a des règlements, l'expertise et le personnel pour assumer l'autorégulation de l'industrie. La troisième option serait une modification de la Loi de la protection du consommateur pour que l'Office de la protection du consommateur (OPC) assure l'encadrement comme elle le fait dans plusieurs domaines tout en récupérant certaines fonctions appartenant à la Société de l'assurance automobile du Québec en ce qui a trait aux travaux des carrossiers.

Comité de travail

Lors du récent symposium de la CCPQ, le ministre des Transports du Québec (MTQ), Robert Poëti, s'est engagé à mettre sur pied un comité de travail formé de gens de son ministère, de l'OPC et de la corporation pour étudier les besoins d'encadrement de l'industrie des carrossiers. Cela pourrait même se traduire par l'obligation de détenir un permis pour les ateliers de réparation des véhicules accidentés.

Il a affirmé que les préoccupations de la CPPQ rejoignent les objectifs du MTQ, puisqu'un encadrement adéquat de l'industrie serait un bénéfice pour la sécurité des automobilistes.

«C'est important, car les carrossiers sérieux et professionnels misent sur de hauts standards de qualité, sur la formation de leur personnel et sur des équipements de pointe de haute technologie pour faire des réparations» qui respectent les normes des fabricants des automobiles, conclut Michel Bourbeau convaincu de la nécessité de «faire le ménage dans l'industrie de la carrosserie».

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