Mine du lac Bloom: Cliffs Natural Resources retire ses billes

Cliffs Natural Resources évalue les coûts rattachés à... (Photo fournie par Cliffs Natural Resources)

Agrandir

Cliffs Natural Resources évalue les coûts rattachés à la mise en branle de la phase 2 de la mine du lac Bloom à 1,2 milliard $.

Photo fournie par Cliffs Natural Resources

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Cliffs Natural Resources retire ses billes de l'est du Canada. Le géant minier dit songer sérieusement à se départir de ses actifs canadiens, une décision qui se traduirait par la fermeture de la seule mine qu'elle exploite encore au Québec, celle du lac Bloom, près de Fermont. L'annonce majeure de la société américaine s'accompagne de bien peu de détails, plongeant dans l'incertitude au-delà de 600 travailleurs à Sept-Îles et au Nord-du-Québec.

Cliffs était à la recherche depuis plusieurs mois d'investisseurs pour lancer la deuxième phase d'expansion de Bloom, nécessaire à sa survie. Force est de constater que les efforts du géant minier ont été vains. «Malgré l'intérêt soutenu que démontrent d'éventuels partenaires actionnaires dans la mine [...] l'investissement potentiel n'est pas réalisable dans un délai acceptable», a fait savoir dans un communiqué le président et chef de la direction de la société, Lourenco Goncalves.

Cliffs évalue les coûts rattachés à la mise en branle de la phase 2 de la mine de fer à 1,2 milliard $. Devant l'absence de financement et avec un prix du fer à la baisse, la minière explique n'avoir d'autres choix que «d'analyser» les options pour cesser ses activités au pays, une «solution qui minimisera les sorties de fonds», a ajouté le grand patron. Il a d'ailleurs été impossible mercredi d'avoir d'autres informations sur les orientations du géant, qui n'a retourné aucun de nos appels.

«Dur à suivre»

Même le maire de Sept-Îles, qui a pu s'entretenir à sa demande avec les dirigeants de Cleveland, n'a pas été en mesure d'obtenir plus de détails. «C'est dur à suivre, a lancé Réjean Porlier, en rappelant que lundi encore, Cliffs remerciait une trentaine d'employés et réaffectait des cadres au lac Bloom. On ne comprend pas le but de l'annonce. Est-ce un signal aux actionnaires pour leur dire que l'hémorragie aura une fin?» Selon lui, Cliffs n'a pas non plus fourni d'échéancier ou de date butoir pour une décision finale.

Le syndicat des Métallos interpelle pour sa part Québec pour qu'il aide la société à trouver des solutions pour «sauver» les emplois dans la région. «Ils [le gouvernement] ne reviennent pas d'un voyage en Chine?» lance le permanent syndical, Gilles Ayotte. «Ils doivent avoir contact, il faut travailler ensemble», a-t-il ajouté.

M. Ayotte dit également craindre pour les travailleurs de Sept-Îles, d'où est expédié le minerai. «Si on n'a rien qui descend du lac Bloom, qu'est-ce qu'il va rester à Pointe-Noire?»

Les jours ont déjà été meilleurs pour Cliffs Natural Resources qui depuis 2012 aligne les mauvaises nouvelles. La minière a suspendu les activités de son usine de bouletage de Sept-Îles en juin 2013 avant de mettre un terme aux activités de sa mine Scully à Wabush au Labrador en février. Ces deux annonces ont entraîné plus de 600 mises à pied.

Pour l'heure, la mine du lac Bloom embauche quelque 500 travailleurs, cadres et syndiqués. À Sept-Îles, moins de 90 syndiqués sont toujours en poste alors qu'ils étaient près de 300 en 2012.

Peu d'options sur la table

Avec un prix du fer oscillant autour de 70 $ la tonne, Cliffs serait devant bien peu d'options, selon Serge Morin, premier vice-président de la financière Banque Nationale.

«Soit qu'ils [Cliffs] continuent d'aller de l'avant avec leur plan de se retirer, soit qu'ils se trouvent un partenaire ou soit qu'ils vendent, suppose M. Morin. Et puis, disons que pour les deux dernières options, il ne se passe pas grand-chose.» Selon lui, tant que la capacité de produire du minerai sera plus grande que la capacité d'en consommer sur la planète, les géants devront «fermer leurs mines excédentaires ou celles avec les coûts de production élevés».

Pour l'heure, le milieu économique de Sept-Îles se dit impuissant dans la situation actuelle. «Pour le moment, Cliffs est toujours en opération alors on ne peut poser aucun geste», soutient le président de la corporation économique, Luc Dion. «Le décompte est commencé, ça peut aussi créer des opportunités. Il faut se mettre en mode action et élaborer des scénarios.» Selon lui, l'annonce de Cliffs est un «avis sérieux» dont il faut que la région tienne compte.

«Sans être pessimiste, il faut être réaliste, assure Luc Dion. Sept-Îles est frappé par la baisse de la valeur des ressources naturelles [...] Ça n'enlève rien à la qualité du gisement de Bloom et des infrastructures nouvelles, je ne suis pas inquiet que les actifs puissent être repris par d'autres, mais des mois, des années, ça peut être long», renchérit le président, qui espère que les projets de FerroQuébec et Mine Arnaud pourront «stabiliser» la situation économique. 

La mine du lac Bloom

  • Première mine de fer à être mise en exploitation depuis 35 ans au Québec
  • Début de production en 2010
  • Fondée par Consolidated Thompson
  • Rachetée par Cliffs Natural Resources pour 4,9 milliards $ en 2011
  • Située à 13 kilomètres au nord-ouest de la ville de Fermont

Capacité

  • Phase 1 : 8 millions de tonnes
  • Phase 2 : 16 millions de tonnes
  • Production actuelle : entre 5,5 et 6,5 millions de tonnes

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer