EXFO préoccupée par les copieurs chinois

Président du conseil et pdg d'EXFO, Germain Lamonde... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Président du conseil et pdg d'EXFO, Germain Lamonde est préoccupé par la protection de ses produits technologiques. À l'interne, il a même institué une «commission d'enquête» pour voir comment des industriels sans vergogne pourraient s'y prendre pour copier les nouveaux produits de la compagnie québécoise.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Je vous montrerais deux appareils, l'un fabriqué par nous à Québec et l'autre copié par quelqu'un quelque part en Chine, et vous n'y verriez que du feu.»

Président du conseil et pdg d'EXFO, Germain Lamonde est préoccupé par la protection de ses produits technologiques. À l'interne, il a même institué une «commission d'enquête» pour voir comment des industriels sans vergogne pourraient s'y prendre pour copier les nouveaux produits de la compagnie québécoise qui fournit des équipements de tests pour les joueurs du monde des télécommunications. «Nous en sommes devenus carrément paranoïaques», a-t-il confié au Soleil.

EXFO vend en Chine depuis plusieurs années. Après les États-Unis, il s'agit de son marché le plus important. Parmi ses clients les plus fidèles, EXFO compte entre autres China Mobile - le plus grand opérateur de téléphonie mobile au monde qui comptait en 2013 plus de 755 millions d'abonnés (2013) - China Telecom et Huawei. «EXFO est une marque très respectée en Chine.»

Une marque respectée et... copiée!

Même boîtier. Mêmes couleurs. Même technologie. Il ne manque que le logo EXFO sur l'appareil. Et évidemment, le produit se vend beaucoup moins cher qu'un authentique produit EXFO. Certains copieurs chinois vont même jusqu'à prétendre que c'est la compagnie qui a chipé leur idée de génie!

Heureusement pour EXFO, le plagiat se limite à ses appareils de base et non à ses produits haut de gamme.

Le phénomène n'a cessé de prendre de l'ampleur ces dernières années. «C'est difficile de faire respecter nos brevets sur nos propriétés intellectuelles et sur le design de nos produits», estime M. Lamonde. «Les pressions occidentales sont pourtant fortes sur la Chine pour qu'elle respecte les droits internationaux en matière de brevets. Les Chinois commencent à réaliser qu'ils n'ont plus le choix. Toutefois, ils ne sont pas pressés de passer à l'action. La Chine a son propre agenda.»

«Pour l'instant, nous nous efforçons à fabriquer des produits qui seront les plus difficiles à reproduire illégalement. Tout ça en sachant très bien que, d'ici deux ou trois ans, les copieurs auront trouvé le truc pour commettre leur délit.»

D'où l'importance pour EXFO de continuer à investir massivement dans la R et D afin de conserver ses longueurs d'avance sur les tricheurs.

Cap sur l'accélération de la rentabilité

Après un millésime ordinaire en 2013, EXFO a quelque peu relevé la tête en 2014 même si les ventes ont chuté de 4,7 % et que la rentabilité n'a pas été suffisante au goût de son fondateur et des analystes. EXFO a généré un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) de 14,4 millions $US (ou 6,2 ,% des ventes) au cours de l'exercice financier 2014 comparativement à 17,3 millions $US (ou 7,2 % des ventes) l'année précédente.

Un ralentissement des activités aux États-Unis - les grands joueurs de l'industrie des télécoms étant davantage préoccupés à réaliser des acquisitions et des fusions qu'à investir dans leurs équipements - et un rétrécissement des marges bénéficiaires ont pesé lourd dans les résultats d'EXFO en 2014. Ça joue du coude dans l'industrie et les concurrents d'EXFO ont baissé les prix.

L'action d'EXFO (TSX : EXF) à la Bourse de Toronto en a pris pour son rhume, chutant de près d'un dollar au lendemain de la publication des résultats de l'exercice 2014 le 8 octobre dernier. Lundi, elle a clôturé à 3,85 $, en hausse de 5 ¢.

Les trois derniers trimestres de 2014 laissent cependant poindre des jours meilleurs en 2015. Germain Lamonde fait état d'une croissance de 6 % à 10 % des commandes au cours de cette période. «Les perspectives pour 2015 sont meilleures et nous allons nous concentrer à améliorer nos revenus et à accélérer notre rentabilité.»

Pour y arriver, EXFO entend continuer à miser gros sur le marché du sans-fil, à accroître sa présence auprès de la quinzaine d'opérateurs qui règnent sur le marché mondial des télécommunications et à offrir à ses clients des produits «intelligents» qui permettent à ces derniers d'accroître leur productivité.

Absent du marché du sans-fil il y a six ans à peine, EXFO y a réalisé 32 % de ses ventes totales l'an dernier.

Bon an mal an, l'entreprise continue à gruger des parts de marché à ses concurrents. «C'est comme à la petite école. Quand l'examen est difficile, il faut essayer de faire mieux que les autres élèves de la classe. C'est ce que nous réussissons à faire», souligne M. Lamonde en assurant qu'EXFO est une entreprise en santé. Pas de dette et près de 60 millions $US dans son compte de banque.

EXFO ne fabrique pas des produits bas de gamme, mais des «Mercedes», comme l'indique celui qui a mis au monde son entreprise alors qu'il était étudiant à la maîtrise en optique à l'Université Laval. Son défi est de convaincre les opérateurs à payer plus cher pour des appareils qui leur en donneront pleinement pour leur argent.

EXFO compte sur 1600 employés répartis dans 25 pays, dont 600 à Québec et à Montréal.

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