Régionalisation de l'immigration: les organismes tirent le diable par la queue

Eva Lopez, directrice générale de l'organisme Intégration communautaire... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Eva Lopez, directrice générale de l'organisme Intégration communautaire des immigrants, Michel Ganache, pdg de Momentum Technologies et Étienne Diatta, un Sénégalais qui a adopté la région de Charlevoix

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Dans le concert de mécontentement qui se fait entendre à l'égard des choix que va prendre le gouvernement du Québec pour atteindre l'équilibre budgétaire, voilà que les organismes de régionalisation de l'immigration se manifestent. Ils sont évidemment inquiets des effets qu'auront les compressions attendues dans un réseau fortement fragilisé en raison d'une situation de sous-financement chronique qui s'éternise.

Directrice générale de l'organisme Intégration communautaire des immigrants de Thetford Mines, Éva Lopez a vu son financement fondre de 140 000 $ à 49 000 $ au cours des dernières années. Elle a dû mettre à pied quatre de ses six employés et mettre la clé sous la porte du bureau qu'elle avait ouvert à Lévis à la suggestion d'Emploi-Québec.

«Dès la première année d'activité à Lévis, nous avons contribué à la création de près d'une centaine d'emplois. Des jobs à 40 000 $, 60 000 $ et à 80 000 $. Nous avons sorti des immigrants de l'aide sociale pour leur procurer de bons emplois», commente Mme Lopez.

Le Réseau des organismes de régionalisation de l'immigration du Québec (RORIQ) regroupe 22 organismes, comme Intégration communautaire des immigrants, dont la mission est de favoriser l'installation dans les régions du Québec des immigrants qui mettent les pieds au Québec et qui prennent racine dans la métropole. Ces organismes se chargent de «vendre» les régions aux immigrants qui, bien souvent, n'arrivent pas à se dénicher un boulot à l'autre bout de la 20. Rappelons que le Québec accueille plus de 50 000 immigrants annuellement.

Au cours des cinq dernières années, pas moins de 5600 immigrants ont établi leurs pénates dans les régions du Québec grâce aux interventions des organismes de régionalisation qui ont organisé, entre autres, plus de 11 000 séjours d'exploration. Ainsi, plus de 3254 emplois ont été créés. Le RORIQ évalue les retombées économiques de la venue dans les régions de travailleurs immigrants à 114 millions $.

Pour les régions et les employeurs, l'arrivée des immigrants dans leur coin de pays est un baume. «En raison du vieillissement de la population, de l'exode de la jeune génération et des pénuries de main-d'oeuvre, nous risquons de perdre nos entreprises», a indiqué Yves Bergeron, conseiller municipal à la Ville de Thetford Mines.

Pdg de Momentum Technologies, Michel Ganache juge que le coup de pouce qu'il reçoit du Service d'orientation et d'intégration des immigrants au travail (SOIIT) de Québec lui permet de trouver la main-d'oeuvre qualifiée qu'il n'arrive plus à trouver dans la capitale. Cette entreprise du secteur des technologies de l'information fournit un gagne-pain à 120 personnes. Plus de la moitié (60 %) sont des immigrants représentant 25 nationalités différentes.

En conférence de presse, lundi, les représentants du RORIQ ont monté aux barricades pour dénoncer l'état de «détresse» dans lequel les organismes se retrouvent. «Nous n'arrêtons pas de gratter les fonds de tiroir», lance Éva Lopez.

Ils ont aussi dénoncé l'absence d'investissements dans les mesures de régionalisation de l'immigration qui est devenue un outil important de développement économique pour plusieurs régions. Ils craignent le démantèlement d'un réseau qui a fait ses preuves.

Ils s'interrogent surtout sur l'utilisation faite par le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion des 320 millions $ qu'il reçoit du gouvernement fédéral pour l'accueil et l'intégration linguistique, culturelle et économique des immigrants.

«Nous et les autres organismes qui venons en aide aux personnes réfugiées et immigrantes, nous ne touchons que 16,4 millions $ de ce montant. Le pire, c'est que nous nous attendons à d'autres coupes, encore plus importantes celles-là», craint Éva Lopez.

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