Emploi en octobre: début d'automne triste à Québec

Dans la région de Québec, le taux de chômage était de 5,4 % en octobre... (Shutterstock, bluraz)

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(Québec) Dans la région de Québec, le taux de chômage était de 5,4 % en octobre comparativement à 5,7 % le mois précédent. Une bonne nouvelle? Pas vraiment.

Si le taux de chômage a baissé, c'est en raison du fait qu'il y a moins de chômeurs en quête active d'un nouveau gagne-pain.

«Pour un troisième mois consécutif, la population active a diminué dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec», signale l'économiste principal de Québec International, Louis Gagnon. La population active s'est repliée de 1,4 % le mois dernier.

Selon ce dernier, la région couvrant principalement le territoire des villes de Québec et de Lévis comptait 422 800 emplois en octobre, soit 4800 de moins par rapport à septembre. Le moins grand besoin de main-d'oeuvre dans le secteur de la construction et des «soubresauts» dans celui des services sont les principaux coupables de la perte de près 5000 emplois le mois dernier. Le portrait n'est pas si noir, fait remarquer M.Gagnon, en rappelant que la RMR comptait tout de même près

de 6000 emplois de plus qu'à la même période l'an dernier.

«Malgré un début d'automne grisâtre, le marché de l'emploi demeure favorable à Québec et le bilan des 12 derniers mois est là pour nous le rappeler. La diversification de l'économie, les signes de reprise du côté manufacturier et le départ imminent de projets résidentiels et non résidentiels sont autant de facteurs qui soutiendront le besoin de main-d'oeuvre dans les prochains mois.»

Au Canada

Au Canada, le taux de chômage a chuté de 6,8 % à 6,5 % en octobre en raison de la création de

43 100 emplois. Une performance qui en suivait une meilleure encore alors que le pays avait enregistré un gain de 74 100 emplois en septembre.

«L'expression consacrée "trop beau pour être vrai" semble prendre tout son sens dans ce cas-ci», commente l'économiste principal de Desjardins, Benoit P. Durocher.

Il fait valoir que la plupart des prévisionnistes s'attendaient à une perte d'emplois en octobre après le gain «exceptionnel» répertorié le mois précédent.

«Si l'on se fie à la relation usuelle entre l'évolution de l'emploi et la croissance économique, une telle progression du marché du travail est habituellement accompagnée d'une variation annuelle du PIB réel d'environ 3 %. Or, nos plus récentes projections indiquent que la croissance annuelle du PIB réel pourrait n'être que de 2,3 % en moyenne au troisième trimestre et au quatrième trimestre de 2014», signale M. Durocher, en ajoutant qu'il serait étonnant que la Banque du Canada se laisse influencer par la performance des deux derniers mois au pays. «La poursuite des incertitudes, avec notamment la baisse des prix des matières premières, incitera plutôt la Banque du Canada à laisser son taux directeur à 1,00 % jusqu'à l'automne 2015.»

Avec la création de 33 200 emplois, c'est le secteur de la fabrication qui a mené la charge au Canada en octobre.

Au Québec

Dans la Belle Province, les chiffres sont moins réjouissants. Statisque Canada fait état de la perte de

14 200 emplois.

Le taux de chômage fait un léger bond, passant de 7,6 % à 7,7 %.

«Les gains des mois de juin à septembre - environ 16 000 nouveaux postes - ont été pratiquement éclipsés par la perte de 14 200 emplois en octobre», fait remarquer l'économiste principale de Desjardins, Joëlle Noreau, en rapportant que depuis 12 mois, le Québec comptait près de

30 000 travailleurs de moins.

«Il faudrait des résultats appréciables en novembre et en décembre pour terminer l'année avec un bilan positif au Québec», signale-t-elle. «L'optimisme économique qui s'affiche avec de plus en plus d'assurance aux États-Unis devrait avoir des répercussions sur le niveau de l'emploi de ce côté-ci de la frontière dans les prochains mois. Cependant, il faudra peut-être attendre 2015 pour en voir les effets concrètement au Québec.»

Puisqu'il est question des États-Unis, le taux de chômage a diminué de 5,9 % à 5,8 % en octobre en raison de la création de 214 000 emplois.

Au Québec, les pertes d'emploi les plus importantes ont été enregistrées dans les secteurs de la santé, de l'administration publique et de l'information, de la culture et des loisirs. Par contre, des gains sont apparus dans ceux de la construction et du manufacturier.

Plan de relance réclamé

Dans l'arène politique, les partis d'opposition ont soutenu, hier, que l'«incurie» du gouvernement libéral était directement responsable de la contre-performance du Québec en matière de création d'emplois. Ils réclament le dépôt immédiat d'un plan de relance. En campagne électorale, le PLQ promettait la création de 250 000 emplois en cinq ans. 

Selon le porte-parole du PQ en matière d'emploi, Dave Turcotte, le climat d'austérité entretenu par les libéraux nuit à la confiance des investisseurs.

Son collègue de la CAQ, André Lamontagne, n'a pas manqué de souligner que le Québec avait perdu

82 000 emplois depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux alors que l'Ontario en avait gagné 50 000.

«Un chiffre négatif ce mois-ci, ce n'est certainement pas une bonne nouvelle», a indiqué le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, à Radio-Canada. «C'est une situation qui nous préoccupe bien entendu.»

«Ce qui est important, ici, c'est de renverser la tendance», a-t-il avancé. «Les pertes d'emplois des 18 mois précédents ont été très importantes aussi. Il faut renverser la tendance. L'investissement privé a commencé à augmenter au deuxième trimestre cette année, alors qu'avant il avait diminué pendant une année et demie. Ce n'est pas suffisant, il faut continuer.»

Le président du Conseil du Trésor soutient que le gouvernement doit mettre en place un climat propice à l'investissement privé qui, lui, créera de l'emploi.

Outre la relance de l'investissement privé, M. Coiteux souligne les résultats des exportations québécoises. «On a de très bonnes statistiques sur les exportations, explique-t-il. Avec le retour de l'investissement et avec la poursuite de cet élan des exportations, on a totalement confiance que les emplois vont être au rendez-vous.»

5,4%
Taux de chômage dans la région de Québec
7,7%
Taux de chômage au Québec

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