Le Fonds de solidarité FTQ investira 1,6 milliard $ pour les «gazelles»

Une ligne de production chez Les Ruchers Promiel... (Photo fournie par Les Ruchers Promiel)

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Une ligne de production chez Les Ruchers Promiel de Château-Richer, qui a profité de l'aide du Fonds de solidarité FTQ pour passer d'une production artisanale à une production industrielle.

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(Québec) Le Québec ne compte pas suffisamment de gazelles, ces entreprises à forte croissance qui sont les principales sources de création d'emplois. Pour elles et pour toutes les autres, le Fonds de solidarité FTQ entend investir 1,6 milliard $ au cours des trois prochaines années.

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Pour le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin, le Québec manque cruellement de gazelles. Des entreprises qui réussissent à faire grimper leur chiffre d'affaires de plus de 10 % par année. 

Photothèque Le Soleil

C'est l'annonce qu'a faite, mercredi, le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin, à l'occasion d'une allocution prononcée devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec.

La société de capital de développement n'a pas l'habitude de dévoiler à l'avance ses intentions d'investissement. D'abord, pour ne pas mettre au parfum ses rivaux sur le marché des investissements et ensuite, pour ne pas éventuellement se faire accuser de ne pas livrer la marchandise promise.

«C'est en ligne directe avec ce que nous avons investi au cours des trois dernières années», a mentionné M. Morin.

Au cours de son dernier exercice financier, le Fonds de solidarité FTQ a injecté 550 millions $ dans l'économie québécoise. Près de 70 % de ces sommes ont pris le chemin de PME de moins de 100 employés. Possédant un actif de 10,1 milliards $, le fonds a enregistré, l'an dernier, un bénéfice net record de 774 millions $ et un rendement annuel de 8,3 %.

«Nous étions présents en 2009 alors que le crédit était complètement gelé partout. Ce fut d'ailleurs, pour nous, une année record d'investissements. Nous annonçons, aujourd'hui, que nous serons encore présents notamment pour combler les lacunes actuelles du côté du financement des entreprises», a indiqué M. Morin en ajoutant que l'élimination graduelle des crédits d'impôt pour les fonds de travailleurs d'ici 2017 décrétée par le gouvernement fédéral n'allait pas empêcher le Fonds de solidarité FTQ de réaliser ses objectifs d'investissement au cours de trois prochaines années. Par contre, rien n'est moins assuré pour la suite des choses.

«Dans le dossier de la coupure du crédit d'impôt, nous avons perdu la première manche contre Ottawa. Toutefois, nous n'avons pas perdu la partie. Il y a des élections fédérales qui s'en viennent», a signalé Gaétan Morin qui craint que l'élimination du crédit d'impôt décourage l'épargne chez les Québécois et pousse le Fonds de solidarité FTQ à réduire son volume d'investissement dans quelques années.

Il a tenu à insister sur l'effet de levier que représente le crédit d'impôt. «Ce n'est pas une dépense, mais un investissement. Pour chaque dollar de crédit d'impôt, nous investissons 5,68 $. En tenant compte des retombées fiscales, le retour sur l'investissement pour les gouvernements se fait en moins de trois ans.»

Secteur manufacturier, toujours favori

Le secteur manufacturier demeurera le secteur chouchou du Fonds de solidarité FTQ. 

«En général, au Québec, les investisseurs sont un peu plus frileux par rapport au secteur de fabrication. Ce n'est pas notre cas», a précisé Gaétan Morin en signalant que le secteur des nouvelles technologies ne passait pas sous la table, récoltant en moyenne 20 % des investissements.

Pour Gaétan Morin, le Québec manque cruellement de gazelles. Des entreprises qui réussissent à faire grimper leur chiffre d'affaires de plus de 10 % par année.

«Ces entreprises à forte croissance - on en compte 7 % dans l'univers des PME québécoises - créent jusqu'à 35 % des nouveaux emplois. Malheureusement, quand on se compare aux autres provinces canadiennes, nous ne sommes pas dans le peloton de tête. Dans certaines provinces, le pourcentage d'entreprises que l'on dit en forte croissance peut atteindre 12 % à 13 %.»

Les ingrédients pour devenir une gazelle sont connus : avoir de la vision, miser sur l'innovation, se doter d'une souplesse organisationnelle, connaître son marché et ses clients sur le bout de ses doigts, développer un réseau d'affaires et assurer une gestion avant-gardiste de ses ressources humaines.

«L'élément déclencheur, c'est la volonté de croître de l'entrepreneur qui ne laissera pas passer les opportunités.»

Il a cité le cas de trois entreprises de la région de Québec, Maibec, le Groupe Renaud et Les Ruchers Promiel.

D'une attraction touristique (le Musée de l'abeille de Château-Richer), Promiel est passée d'une production artisanale à une production industrielle. Après avoir perdu un client important, l'entreprise de Redmond Hayes s'est remise en question. «M. Hayes a compris la nécessité de se tourner vers l'international et de devenir une entreprise mondiale. Aujourd'hui, Promiel réalise 35 % de ses ventes à l'étranger, notamment en Chine.»

L'une des vedettes de la commission Charbonneau, le Fonds de solidarité FTQ, a «traversé une tempête» au cours des derniers mois, a souligné M. Morin qui est en poste depuis le mois de juin dernier. Une période trouble qui a forcé l'organisation à moderniser sa gouvernance. Des tribulations qui, de l'avis de Gaétan Morin, n'ont pas miné la confiance des Québécois dans l'outil de développement économique qui a participé à la création, au maintien et à la sauvegarde de plus de 170 000 emplois dans la Belle Province.

«Nous avons récolté 787 millions $ l'an dernier lors de notre campagne de souscription. Il s'agissait de l'une des trois meilleures années au cours de la dernière décennie. Les Québécois sont capables de faire la part des choses.»

Préserver l'expertise des CLD

Maintenant que le glas des Centres locaux de développement (CLD) a sonné et que leurs responsabilités aboutiront dans la cour des villes ou des MRC, le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin, souhaite que les édiles ne jettent pas le bébé avec l'eau du bain.

«Au fil des années, il s'est développé une grande expertise en matière d'investissement et d'accompagnement des entrepreneurs dans les CLD. Il ne faudrait pas la perdre», a commenté M. Morin qui participait, mercredi, à un événement de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec. Il a tenu ses propos avant que le premier ministre Philippe Couillard annonce la signature d'un pacte fiscal transitoire avec le monde municipal et la mort des CLD.

Ces organismes géraient de nombreux fonds d'aide aux entreprises, notamment les 87 fonds locaux de solidarité (FLS). La gestion de ce fonds relèvera dorénavant des villes ou des MRC.

«Est-ce une bonne affaire? Il faudra en savoir davantage sur le type de gouvernance qui sera adopté par les villes et les MRC avant de se prononcer. Ce que je peux dire, actuellement, c'est qu'il faut être vigilant à l'égard de l'expertise qui a été développée dans les CLD», a précisé Gaétan Morin.

À Québec, le maire Régis Labeaume doit, dans les prochains jours, donner les détails sur la structure de gouvernance qui prendra les guides du développement économique local dans la capitale et sur l'avenir de la quarantaine d'employés du CLD de Québec qui fermera vraisemblablement ses portes le 31 décembre.

Dans un communiqué de presse, le Fonds de solidarité FTQ et les Fonds locaux de solidarité FTQ font savoir que pendant la période de transition prévue en 2015 pour la mise en oeuvre de la gouvernance du développement économique local, ils travailleront avec tous les acteurs «selon les décisions prises localement, afin d'assurer que les atouts qui ont fait des FLS un élément clé du succès des entrepreneurs soient retenus, notamment en ce qui a trait à la présence d'acteurs socioéconomiques sur les instances décisionnelles d'investissement».

Depuis leur création en 1991, les FLS ont investi 104 millions $ dans 3369 projets dont la valeur totale atteignait 1,5 milliard $. Ces investissements ont permis de créer et maintenir plus de 31 000 emplois. 

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