Pipeline Énergie-Est: l'unilinguisme du rapport déploré

Carte générale du projet proposé et des oléoducs... (TransCanada)

Agrandir

Carte générale du projet proposé et des oléoducs existants de TransCanada

TransCanada

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le déluge d'informations - 30 000 pages - déversées à l'Office national de l'énergie (ONE) par le promoteur du pipeline Énergie-Est l'est sous le couvert de documents titrés uniquement en anglais.

Les sections, dont le contenu est rédigé en français, se limitent à des rapports sur les communications avec des représentants de villes et villages au Québec de même qu'avec des communautés autochtones. Certains dossiers sont entièrement traduits, mais ne se trouvent que sur le site du promoteur TransCanada Pipelines.

C'est un agriculteur de Pintendre, sur la Rive-Sud de Québec, qui a attiré l'attention du Soleil sur l'unilinguisme de la présentation qu'affiche l'Office. Jean Gosselin a d'ailleurs expédié une missive à l'organisme fédéral où il demande «pourquoi une version française des documents déposés n'a-t-elle pas été affichée» sur le site Internet de l'ONE.

M. Gosselin signale que «les personnes et les communautés, dont la langue d'usage est le français, seront pénalisées». Selon lui, il en va de l'équité et de l'intérêt public dans les consultations qui auront lieu sur le mégaprojet que propose TransCanada Pipelines.

En entrevue, il a laissé entendre que la disponibilité de documents uniquement sur les pages Web de TransCanada est insuffisante. Une opinion que rejoint une autre agricultrice, de Saint-Jean-Chrysostome, France Lamonde.

Celle-ci a plaidé qu'il est important d'accéder à de la documentation pour pouvoir «se défendre» lorsque des audiences auront éventuellement lieu. Mme Lamonde, dont les terres seront traversées par l'oléoduc, a évoqué la crainte que des contestations s'appuyant sur des informations qui ne seraient pas déposées officiellement devant l'ONE ne soient pas retenues par l'organisme, lors de l'analyse du projet.

Lundi, l'Office national de l'énergie a d'abord indiqué qu'il ne semblait pas y avoir de documents rédigés en français. Après avoir effectué une recherche, un haut fonctionnaire de l'organisation a signalé que l'entreprise en a soumis quelques-uns. Ils portent essentiellement sur les contacts avec les communautés.

«Approche accommodante»

Jean-Denis Charlebois, le directeur de l'évaluation du projet d'oléoduc Énergie-Est, a insisté sur le fait que «la participation du public [au futur examen] constitue un aspect fondamental de l'Office de l'énergie». M. Charlebois a affirmé que son organisme ne sera pas tatillon si des citoyens se présentent en audiences avec des documents qui n'ont été divulgués que sur le site de TransCanada. «L'Office de l'énergie aura une approche accommodante», a-t-il promis.

Selon les règles de l'ONE, les citoyens, les groupes et les promoteurs peuvent intervenir dans la langue de leur choix. L'organisme, lui, communique en tout dans les deux langues officielles du pays, disent ses porte-parole.

Sur son site Internet, TransCanada informe qu'il «impossible» de tout traduire, étant donné «l'ampleur» de la documentation divulguée et «le temps» pour le faire. Ce qui a été traduit «se rapporte spécifiquement à des installations situées au Québec et au Nouveau-Brunswick et aux travaux et activités générales du projet».

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer