Jobillico part à la conquête du Canada

Nicolas Chabot, président et chef de la direction... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Nicolas Chabot, président et chef de la direction de Jobillico, dans la salle des employés au bureau du quartier Saint-Roch. Devant la presse lundi, il était visiblement nerveux et ému de toute l'attention portée à sa jeune compagnie.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Fondée à Québec en 2010, la plateforme Web de recrutement Jobillico doublera son équipe d'employés la prochaine année, ouvrira un bureau anglophone et part à la conquête du marché canadien.

Les choses vont rondement pour l'entreprise du quartier Saint-Roch qui recevait la presse lundi dans ses nouveaux locaux. La firme a pris de l'expansion et occupe maintenant 15 000 pieds carrés de bureau. Une quarantaine d'employés s'ajoutera aux 60 déjà en poste et les dirigeants cherchent encore un endroit pour établir une antenne anglophone qui occupera une vingtaine de personnes.

«Des compagnies sollicitent déjà notre aide partout au Canada», indique le président, Nicolas Chabot.

Comme David contre Goliath, Jobillico se taille une place enviable dans le monde compétitif de la recherche d'emploi. «À chaque jour sur la plateforme, c'est plus de deux fois la capacité du nouveau colisée qui vient se connecter, qui vient voir nos entreprises. C'est 10 % de la population active. On a déjà 400 000 candidats, ça fait beaucoup de gens disponibles», illustre Miguel Nadeau, vice-président et chef des opérations.

5200
entreprises sur le réseau
15 000
offres d'emplois actives
400 000
chercheurs d'emploi
60 000
occasions de carrières
325 000
visites en ligne par semaine
2,2
millions
pages vues chaque semaine

Mais Jobillico, «le secret le mieux gardé à Québec», répétaient lundi les dirigeants, est ébruité par nul autre que Régis Labeaume. «On leur a demandé quel message ils voulaient qu'on passe. Ils ont répondu : "Dites aux gens qu'on existe". C'est une bonne idée!» s'est exclamé le maire, impressionné par l'important trafic sur ce réseau. Il a rappelé le contexte actuel où ce sont les entreprises qui doivent maintenant se vendre et être attrayantes pour les candidats et non l'inverse. «C'est particulièrement vrai dans la région de Québec.»

Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, a renchéri en parlant du taux de chômage de 5 %. «On est en situation de plein emploi.»

La pénurie de main-d'oeuvre, les fondateurs de Jobillico, Nicolas Chabot et Serge Lavallée, l'avaient vue venir alors qu'ils étaient dans la jeune vingtaine. «On a décidé de créer une plate-forme qui allait présenter les entreprises d'une nouvelle façon», résume le premier.

Il explique que traditionnellement, les compagnies en recrutement affichent une offre d'emploi pendant 30 jours et attendent les résultats. «Nous, on a décidé de promouvoir les entreprises et leur possibilité de carrière durant toute l'année et non pas seulement sur la base des offres d'emplois actives. On n'est pas un site d'emplois, on est un réseau d'emplois.»

Devant la concurrence, le secret du succès de Jobillico réside dans cette approche, poursuit Nicolas Chabot qui se compare un peu au CAA. «On s'assure d'être là en tout temps.» Les clients qui adhèrent à Jobillico n'ont pas tous des postes à pourvoir. Mais en étant dans le réseau pour un an, ils se mettent en état de veille, ramassent des curriculum vitae. Et quand survient un départ, ce n'est pas la panique. Des candidats sont déjà pressentis, on leur en proposera rapidement d'autres.

Jobillico, qui accompagne les entreprises, leur propose des attitudes à adopter, soit d'être proactives, d'être attirantes... Durant 12 mois, elles ont une vitrine pour se faire valoir et peuvent déposer un nombre illimité d'offres d'emplois. Selon la taille et les besoins de la compagnie, il en coûte quelques milliers de dollars par année pour bénéficier des différents forfaits.

Démocratiser la recherche d'emploi

Miguel Nadeau souligne que certaines firmes de recrutement XYZ demandent 600 $ pour afficher une seule offre d'emploi. Il en résulte une banque d'offres pour des postes de haut niveau, car tout le monde ne veut pas investir cette somme pour des emplois subalternes. Chez Jobillico, avec un affichage illimité toute l'année, une entreprise peut trouver un concierge ou un directeur général.

«On a démocratisé la recherche d'emploi. Chez nous, des sous-chefs se font appeler par le Château Frontenac. Des camionneurs reçoivent des appels. Ça permet aux gens d'aspirer à de meilleures conditions, à de meilleurs salaires, à être plus heureux», plaide Nicolas Chabot, qui se décrit comme un idéaliste.

Même si le maire Labeaume ne voulait pas qu'il le dise, le président-fondateur de Jobillico révèle avoir un cinquième secondaire. «Mon grand frère se faisait approcher par des entreprises sans avoir envoyé de CV. Moi, j'étais journalier, mais je n'étais pas heureux. J'aurais aimé ça me faire approcher, me faire offrir 2 $ ou 4 $ de plus de l'heure par reconnaissance, parce que je travaille fort. Aujourd'hui, notre plate-forme permet à la population de voir d'autres opportunités.»

Les chercheurs d'emplois ont accès gratuitement au réseau. «En un clic, avec leur CV, avec leur profil LinkedIn, on va leur suggérer automatiquement les postes qui correspondent à leur profil. Mais aussi des opportunités de carrière, des postes qui ne sont pas disponibles présentement, mais pour lesquels ils peuvent déposer une candidature spontanée et avoir des nouvelles dans quelques semaines, quelques mois», expose Miguel Nadeau. L'idée, dit-il, est de créer le match parfait. Entre les gens et les entreprises de la région, de la province, et maintenant du Canada.

Site web de Jobillico: www.jobillico.com/fr

Deux nouveaux employés en six mois

Précinov figure à côté de Labatt et de Telus parmi les entreprises membres du réseau Jobillico. L'atelier d'usinage de Saint-Romuald qui emploie une quinzaine de personnes avait de la difficulté à trouver des ressources spécialisées, comme des machinistes. Inscrite depuis six mois à la plate-forme de recrutement, Précinov a depuis engagé deux employés grâce au réseau. Et quand l'entreprise n'est pas en mode embauche, elle est en mode veille, dit son président, Mathieu Deblois. Si quelqu'un part, M. Deblois a déjà accès à une banque de CV.

L'entrepreneur a investi un peu plus de 2000 $ chez Jobillico pour l'affichage illimité d'offres d'emplois durant 12 mois et pour de l'accompagnement. Une façon de recruter plus économique que de passer par des chasseurs de têtes, a-t-il calculé.

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