Salon Carrière et formation: la rareté de la main-d'oeuvre fait rager

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Responsable des services du marketing, du recrutement et du développement international au Cégep de Baie-Comeau, Francis Turcotte affirme que le Salon Carrière Formation constitue, pour lui, l'«événement de l'année».

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(Québec) La rareté de main-d'oeuvre pèse lourd sur les épaules des entrepreneurs de Québec. «J'ai l'impression de foncer dans un mur.» L'homme d'affaires et président de la Corporation des parcs industriels de Québec, Pierre Dolbec, s'est fait leur porte-parole, mercredi, à l'occasion de l'ouverture du Salon Carrière Formation de Québec qui se tient, jusqu'à samedi, au Centre de foires d'ExpoCité.

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En compagnie de Guylaine Charest, du Centre de formation professionnelle de La Croisée, Samuel Rouillard se familiarise avec le fonctionnement d'un modèle réduit d'un aplatisseur de canettes.

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«Année après année, le constat est le même. Le problème de la rareté de main-d'oeuvre est criant et majeur. Et tout laisse croire qu'il ne se réglera pas demain matin. Un jour, il faudra bien finir par se réveiller», a martelé le pdg de Dolbec International en énumérant la liste des postes que les entreprises n'arrivent pas à pourvoir : électriciens, soudeurs, manoeuvres, mécaniciens, personnel administratif, etc.

Il voit d'un très mauvais oeil les compressions budgétaires que le gouvernement du Québec impose au système d'éducation. Il se demande aussi si les jeunes sont dirigés vers les bons programmes au moment où ils doivent s'inscrire au cégep ou à l'université. Ils sont trop nombreux, à ses yeux, les élèves et les étudiants qui changent de programme d'une année à l'autre. «Pendant ce temps, nous, les employeurs, nous devons nous passer d'eux.»

Pour lui, l'immigration ne peut être la seule solution. Pierre Dolbec suggère plutôt que le monde de l'éducation se colle davantage sur les besoins des entreprises. «On doit demander aux entreprises ce qu'elles ont besoin et établir les priorités en fonction de ces besoins.»

Selon Emploi-Québec, pas moins de 71 200 postes seront à pourvoir dans la région de la Capitale-Nationale d'ici 2017. Et il y en aura 37 500 autres du côté de la Chaudière-Appalaches.

Faire vivre une expérience

Pour certains métiers et professions, le défi sera de taille, car déjà la pénurie est grave. C'est particulièrement le cas pour les machinistes, les technologues en génie industriel, les programmeurs et techniciens de réseau, les technologues en génie électronique et électrique, les technologues en génie mécanique, les mécaniciens industriels et les spécialistes de la géomatique.

«Pas moins de 1222 postes vacants ont été publiés uniquement sur le site du placement en ligne d'Emploi-Québec au cours des six derniers mois pour ces métiers», a signalé le directeur régional de la Capitale-Nationale d'Emploi-Québec, Michel Gingras. «De plus, l'analyse de la capacité d'accueil des établissements de formation de la région indique que des places sont disponibles pour les formations qui mènent à ces métiers.»

Comme il l'avait fait l'an dernier, le Salon Carrière et Formation, en collaboration avec Emploi-Québec, des centres de formation et des entreprises, s'est donné la mission de faire connaître ces métiers non seulement en distribuant de l'information, mais en faisant vivre une expérience aux visiteurs.

Par exemple, au stand du Centre de formation professionnelle de La Croisée de la commission scolaire de Portneuf, les jeunes pouvaient se familiariser avec le fonctionnement d'un aplatisseur de canettes que l'on trouve dans les supermarchés.

«Expliquer le métier de mécanicien industriel à un jeune sans qu'il voie concrètement ce qu'il sera appelé à faire, ce n'est pas évident», a souligné Guylaine Charest, conseillère en information scolaire et professionnelle. «Avec le modèle réduit qu'on lui présente, ça lui donne une bonne idée», poursuit-elle.

«Le mécanicien industriel qui veille à la réparation et à l'entretien d'un tel équipement doit connaître l'hydraulique, l'électricité, la chaîne d'action pneumatique, le fonctionnement d'un convoyeur et d'un compresseur et les automates programmables. L'élève apprendra tout ça au cours de sa formation de deux ans», a ajouté Mme Charest en informant que le taux de placement des finissants est de 100 %. À son entrée sur le marché du travail, le mécanicien industriel peut s'attendre à gagner entre 50 000 $ et 55 000 $ par année.

«En expérimentant les tâches liées à l'exercice d'un métier ou d'une profession, en visualisant des milieux de travail, en échangeant sur place avec des employeurs et en s'informant sur les programmes de formation qui mènent à l'exercice des métiers issus de la formation professionnelle et de la formation technique au cégep, nous faisons le pari que nous contribuons à faire connaître ses métiers auprès des jeunes», a soutenu Michel Gingras.

Cette initiative semble porter ses fruits puisque le Cégep Limoilou a enregistré une hausse de 21 % des demandes d'admission dans les programmes qui avaient été mis en vedette, l'an dernier, au Salon Carrière et Formation de Québec.

Vingt ans plus tard...

À l'époque, l'événement que l'on appelait le Salon Action Emploi Jeunesse avait regroupé 14 exposants. Un peu plus de 700 visiteurs avaient répondu à l'appel des organisateurs.

Vingt ans plus tard, le Salon Carrière Formation de Québec rassemble pas moins de 235 exposants, dont la plupart des maisons d'enseignement et des centres de formation de l'Est-du-Québec, des entreprises et des organismes d'aide à l'emploi.

Cette année, la directrice générale, Pascale Clément, attend plus de 16 000 visiteurs d'ici samedi. Principalement des élèves des écoles secondaires de la grande région de Québec, mais aussi des adultes qui envisagent de prendre un nouveau virage professionnel et des retraités qui songent à retourner sur le marché du travail.

Le Salon Carrière Formation (www.saloncarriereformation.com) permet aux visiteurs de trouver, dans un seul lieu, toute l'information sur les innombrables programmes de formation et les perspectives de carrière dans les différents secteurs d'emploi.

Responsable des services du marketing, du recrutement et du développement international au Cégep de Baie-Comeau, Francis Turcotte affirme que le Salon Carrière Formation constitue, pour lui, l'«événement de l'année». Le cégep ne compte que 648 élèves et chaque nouvelle personne recrutée à Québec vaut son pesant d'or.

«Avec un ou deux jeunes recrutés ici, ça nous permet de relancer un programme de formation qui avait dû être mis sur la glace faute d'élèves. Ce fut le cas avec le programme de technologie forestière. En recrutant ici à Québec, ça rapporte donc à nos jeunes dans notre coin de pays qui peuvent ainsi avoir accès à plus de programmes», indique Francis Turcotte dont le stand, décoré de peaux de loup et de castor, fait tourner les têtes. Un hymne au plein air et aux grands espaces de la Côte-Nord!

Pour attirer les jeunes au programme de technologie forestière, le collège offre 3000 $ en bourses, un ordinateur portable et un GPS.

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