Entreprises technologiques: 10 millions $ pour pallier aux lenteurs gouvernementales

Nicole Martel, pdg de l'Association québécoise des technologies,... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Nicole Martel, pdg de l'Association québécoise des technologies, déplore le fait que les délais associés au remboursement des crédits d'impôt s'allongent d'année en année.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Dans le secteur des technologies de l'information et des télécommunications, une entreprise peut attendre entre 12 et 18 mois avant de pouvoir toucher aux remboursements des crédits d'impôt accordés par les gouvernements.

«Une situation qui place souvent l'entreprise dans une position périlleuse, car elle manque de liquidités pour la poursuite de ses activités», commente la pdg de l'Association québécoise des technologies (AQT), Nicole Martel.

«Au cours d'une année, l'entreprise va débourser, par exemple, 1 million $ dans un projet de R et D. À la fin de l'année, elle va transmettre son rapport de crédit d'impôt à la R et D à Ottawa et à Québec. Ce n'est bien souvent que 12 à 18 mois après la transmission du rapport - et non pas au moment de l'investissement - qu'elle recevra son retour d'impôt de 300 000 $. L'argent arrive finalement dans le compte de l'entreprise plus de deux après l'investissement», explique-t-elle. «Les retards ne forceront pas nécessairement la PME à fermer ses portes, mais elle se verra contrainte de retarder des embauches ou de reporter des investissements visant à améliorer sa productivité ou à accroître ses efforts de commercialisation.»

Nicole Martel déplore le fait que les délais associés au remboursement des crédits d'impôt s'allongent d'année en année. Sans compter qu'il est de plus en plus difficile pour les entreprises d'obtenir les crédits d'impôt à la R et D en raison du resserrement des critères d'admissibilité imposé par Québec et Ottawa.

«En 2102, 65 % des PME de notre secteur avaient bénéficié de crédits en R et D. Ce taux a chuté à 54 % en 2013. Nous jugeons la situation alarmante», indique la pdg de l'AQT, qui parle au nom de 500 entreprises membres et affiliées.

Désireuse de pallier ce problème, l'AQT a annoncé, cette semaine, la création d'un fonds de financement des crédits d'impôt dédié à l'appui de ses membres. Il y a 10 millions $ dans la cagnotte mise en place par Finalta Capital, une filiale du Groupe Centria, l'un des plus importants prêteurs spécialisés dans le domaine de construction résidentielle. «L'AQT est constituée d'entreprises membres qui possèdent un long historique de succès», a indiqué Maxime-Jean Gérin, le président et chef de la direction de Finalta Capital. «Grâce aux termes avantageux que nous proposons, les entreprises atteindront de nouveaux niveaux de compétitivité en accélérant la mise en marché de l'innovation.»

Mémoire

Par ailleurs, l'AQT a déposé, ces derniers jours, un mémoire à la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise et à la Commission de révision permanente des programmes, deux comités créés par le gouvernement libéral qui cherche à rétablir l'équilibre des finances publiques.

Dans sa prise de position, l'association insiste sur l'importance de maintenir un environnement fiscal compétitif. Les entreprises ont besoin de crédits d'impôt et c'est payant, en fin de compte, pour l'ensemble des Québécois.

«Une étude indépendante démontre que le niveau de l'impact des crédits en R et D est impressionnant : 88 % des crédits versés reviennent au Québec dans l'année sous forme de revenus d'exportation. Ces mesures fiscales nous enrichissent collectivement de 88 % de la somme investie par l'État avec des entrées de revenus provenant de hors Québec, et ce, avant même de considérer les impacts sur l'emploi et les autres bénéfices», avance l'AQT, qui constate, par ailleurs que les dernières compressions budgétaires imposées par Québec font mal.

«Selon les entreprises sondées, 63 % indiquent qu'elles retarderont des embauches qui étaient prévues et 33 % craignent de devoir procéder à des coupures d'emplois dans un horizon court terme.»

Finalement, dans son mémoire, l'AQT déplore le peu d'accès aux marchés publics pour les entreprises technologiques québécoises. En effet, 40 % des dirigeants sondés affirment avoir cessé de participer aux appels d'offres, estimant les critères beaucoup trop restrictifs. Par ailleurs, 26 % disent n'avoir jamais pu accéder aux marchés publics, malgré leurs tentatives.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer