Les coops génèrent 250 millions d'emplois dans le monde

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Monique F. Leroux, présidente du Mouvement Desjardins, a rappellé mardi que les emplois dans les coopératives sont des emplois de qualité «qui contribuent à la stabilité économique et à la prospérité durable des pays».

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Les coopératives sont de grands créateurs d'emplois. Au Québec, le Mouvement Desjardins est le premier employeur privé, alors que la Coopérative fédérée et Agropur font partie des plus grands employeurs de la province.

Il n'est donc pas étonnant que l'étude «Coopératives et emploi : un rapport global» démontre que l'emploi coopératif touche au moins 250 millions d'habitants de la planète.

Dévoilée lors du Sommet international des coopératives, mardi, et réalisée par CICOPA, l'organisation internationale des coopératives industrielles et de services, l'étude affirme que les coopératives contribuent à la pérennité des emplois, à une économie durable et au bien-être des travailleurs. «Près de 12 % de l'ensemble de la population active des pays du G20 travaillent dans les coopératives», souligne-t-on.

Depuis le début du sommet, les organisations hôtes de l'événement que sont le Mouvement Desjardins et l'Alliance coopérative internationale répètent que le monde coopératif crée des emplois stables, durables tout en ayant fait la preuve que leur modèle résiste mieux aux crises économiques.

Monique F. Leroux, présidente du Mouvement Desjardins, rappelle que ce sont des emplois de qualité «qui contribuent à la stabilité économique et à la prospérité durable des pays où les coopératives sont présentes».

Dans un climat économique instable comme connaissent certains pays d'Europe, le modèle coopératif pourrait être une voie d'avenir pour la création d'emplois. D'ailleurs, l'Organisation internationale du travail (OIT) indique qu'il y a actuellement dans le monde un nombre incroyable de chômeurs, soit plus de 200 millions de personnes. La situation est surtout dramatique chez les jeunes avec de nombreux emplois précaires ou à temps partiel. Cela provoque des niveaux historiques de migrations.

L'étude de CICOPA, précise-t-on, a réussi à faire le lien entre les données chiffrées et les sentiments par rapport aux emplois. Elle «analyse les données objectives disponibles sur l'emploi coopératif et la perception subjective des personnes qui travaillent dans ces entreprises». 

On y trouve les profils les plus divers que ce soit des travailleurs-membres dans une coopérative de travail associé du secteur de la construction, des travailleurs d'une coopérative de consommateurs, des agriculteurs membres d'une coopérative agricole, des employés d'une institution financière coopérative.

Les auteurs ont consacré 10 semaines de travail dans 10 pays : Argentine, Brésil, Canada, États-Unis, Afrique du Sud, Japon, Corée, Inde, Italie et Espagne. Ils ont rencontré les gens et observé «comment les travailleurs, les travailleurs-membres et les producteurs indépendants travaillent et comment ils se rapportent à leur coopérative», souligne la présentation de l'étude. 

L'étude révèle aussi que «des régions visitées sont caractérisées par un taux très important d'emplois coopératifs comme à Gangwon, en Corée du Sud, où il est proche des 23 % de la population active occupée ou en Émilie-Romagne, en Italie, où il approche des 15 %».

Les auteurs considèrent que «le niveau particulièrement élevé de l'emploi coopératif dans ces régions est de bon augure pour le potentiel d'emploi du modèle coopératif partout dans le monde». 

Pour Bruno Roelants, secrétaire général de CICOPA et coauteur de l'étude, des écarts de salaire inférieurs par rapport aux autres types d'entreprises, une grande sécurité de l'emploi, une répartition équilibrée de l'emploi entre les zones urbaines et rurales et une vision centrée sur les personnes sont quelques-unes des caractéristiques qui expliquent la contribution de l'emploi coopératif à l'emploi en général. Il affirme que les politiques publiques devraient tirer profit «de cette longue expérience en matière de création et de consolidation de l'emploi».

Un modèle bancaire qui inspire confiance

Les membres des coopératives des caisses d'épargne et de crédit sont plus nombreux à être satisfaits (51 %) des services alors que 25 % seulement des clients des institutions bancaires ont le même avis. 

Les coopératives font donc meilleure figure que les banques en matière de résolution de problèmes, indique le rapport 2014 Global Consumer Banking Survey de l'entreprise Ernst and Young (EY).

Kaenan Hertz, associé délégué membre de l'équipe Expérience client du groupe des Services financiers d'EY à New York, a présenté les principales conclusions de ce rapport lors d'un petit-déjeuner-causerie sur «les façons dont les coopératives arriveront à bien cerner les comportements de leur clientèle, tant aujourd'hui qu'à l'avenir».

Présent au Sommet international des coopératives pour étudier les enjeux liés aux coopératives financières, EY compte sur plusieurs de ses leaders mondiaux sur place «pour expliquer des façons dont les coopératives peuvent innover pour bâtir et conserver des avantages concurrentiels», indique-t-on.

Expérience du client

Selon M. Hertz, la façon dont est traité un client par le prestataire de services financiers est le critère déterminant de son degré de confiance. «Quand un client souhaite qu'on l'aide à régler un problème, c'est un moment décisif de la relation, affirme-t-il. Si le traitement de ce problème n'est pas adéquat, le risque de perdre le client est bien réel.»

Or, selon l'étude, c'est l'expérience positive ou négative vécue par un client au cours du traitement de ses problèmes qui l'incite à ouvrir ou à fermer un compte.

Parmi les problèmes les plus souvent mentionnés, il y a le dysfonctionnement des services bancaires en ligne ou mobiles, la perte ou le vol de cartes. On note aussi que les plus difficiles à régler concernent les cas de différends au sujet des frais de service, des erreurs relatives à des paiements ou à des dépôts, les demandes d'information sur des demandes de prêt refusées.

«Les clients veulent avoir l'impression que leur institution financière se soucie de leur satisfaction, et pas seulement de son propre bénéfice, poursuit M. Hertz. Les coopératives et les caisses d'épargne et de crédit ont tout intérêt à offrir une bonne expérience client. Les avantages vont au-delà de la simple fidélisation de leur clientèle. Les consommateurs satisfaits qui ont confiance en leur prestataire de services financiers sont plus portés à lui confier davantage d'actifs, à y ouvrir de nouveaux comptes et à le recommander.»

L'amélioration de l'expérience client devient donc le point central de la confiance dans l'institution financière, qu'elle soit une coopérative ou non. 

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