Reprise de la construction aux États-Unis: Maibec investit 20 millions $

La «grande crise», comme l'appelle le président de... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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La «grande crise», comme l'appelle le président de Maibec, François Tardif, s'est éternisée. Elle a frappé à la fin 2006.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Entreprise familiale travaillant dans la transformation du bois et ayant son siège social à Lévis, Maibec investit 20 millions $ pour moderniser son usine de sciage de bois de construction de Saint-Pamphile. Et ce n'est pas tout. Maibec est à compléter l'acquisition des actifs d'une usine de bois de construction dans le Maine chez nos voisins du sud.

La cause de tout ce branle-bas au sein de l'entreprise qui fait travailler 700 personnes? La fin de la longue et interminable période d'hibernation de la construction aux États-Unis.

Ce marché représente au-delà de 60 % des ventes de Maibec, qui fabrique des revêtements muraux extérieurs en bois (lambris extérieur et bardeau de cèdre blanc de l'Est) et qui fournit du bois d'oeuvre (bois de charpente, colombage, etc.) aux entrepreneurs. Maibec est aussi le plus important ensacheur de paillis de cèdre au Canada.

«Nous savions que nous avions un rattrapage technologique à faire à l'usine de sciage de bois de construction de Saint-Pamphile pour maintenir sa compétitivité», explique le président de l'entreprise, François Tardif. «Le projet de modernisation était dans les cartons depuis déjà quelques années. Nous nous disions qu'un jour, la reprise finirait par se pointer le bout du nez.»

La «grande crise», comme l'appelle François Tardif, s'est éternisée. Elle a frappé à la fin 2006. «C'est un peu mieux depuis seulement un an ou deux. Nous n'avons pas encore retrouvé le rythme d'avant la grande crise.»

En plus de la dégringolade de 75 % dans le secteur de la construction aux États-Unis, Maibec a dû se débattre avec deux autres démons : la hausse de la valeur du huard par rapport à la devise américaine et la chute du prix du bois.

«Qu'est-ce qu'on fait quand la grande crise nous rentre dedans? D'abord, on se calme. Ensuite, on gère pour survivre et attendant le retour de jours meilleurs.»

Au plus fort de la tempête, il ne se construisait qu'entre 500 000 et 600 000 unités d'habitation par année au sud de la frontière. «C'est maintenant rendu entre 1 et 1,1 million unités. La demande a repris du poil de la bête.»

Sans virer dans le jovialisme, le patron de l'entreprise qui a su résister aux vents et aux marées depuis 1946 prévoit que les années qui s'en viennent seront «prometteuses». Au pays de Barack Obama, il pourrait se construire bientôt entre 1,5 et 1,6 million d'unités par année. La demande pour les maisons neuves devrait être au rendez-vous «Il suffit de jeter un oeil à la courbe démographique américaine. Elle pointe vers le haut. Disons que c'est pas mal plus encourageant que de ce côté-ci de la frontière, si vous voulez mon avis.»

Pas de nouveaux emplois

Avec l'investissement de 20 millions $ à l'usine de sciage de bois de construction de Saint-Pamphile, François Tardif estime que celle-ci n'aura rien à envier à la concurrence, et ce, tant au niveau des technologies de fabrication et que des logiciels de gestion.

«L'objectif d'un industriel lorsqu'il injecte des sommes importantes comme nous le faisons, c'est de diminuer ses coûts. Pour nous, ça passe par un meilleur usage de la matière première. Nous voulons sortir plus de planches avec un même arbre. Nous voulons aussi accroître la productivité de nos opérations et obtenir une meilleure agilité pour fabriquer des produits qui représenteront une plus grande valeur», explique M. Tardif en précisant que la mise en activité de l'usine est prévue pour le début de la prochaine année.

Il signale que l'investissement ne s'accompagne pas d'une création d'emplois. Au contraire, l'usine de sciage de bois de construction fonctionnera avec moins de personnel. Il n'y aura pas de mises à pied, a-t-il pris soin de mentionner au Soleil. Neuf salariés vont partir à la retraite. D'autres seront transférés dans l'une ou l'autre des quatre autres usines de Maibec à Saint-Pamphile. Soulignons que l'entreprise est aussi propriétaire de deux autres usines dans la Beauce.

Quant à ses emplettes dans le Maine, François Tardif prévoit que la transaction avec Fraser Timber sera conclue d'ici la fin de l'année.

L'usine de Masardis fait travailler 135 personnes et peut produire annuellement au-delà de 100 millions de pieds en mesure de planche (pmp) de bois d'oeuvre. À titre comparatif, Maibec produit annuellement 120 000 millions de pmp à Saint-Pamphile.

Au-delà d'une augmentation des volumes de bois, M. Tardif estime que cette première incursion de Maibec aux États-Unis saura plaire à ses clients américains qui ne détestent pas voir des partenaires étrangers investir chez eux et créer des emplois dans leur cour.

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