Collusion et corruption: l'opposition se fait «Hydro-sceptique»

Le pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a comparu devant... (Photothèque Le Soleil)

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Le pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a comparu devant l'Assemblée nationale lundi, et déclaré qu'il n'y a pas eu de corruption ou de collusion dans l'octroi de ses contrats.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Hydro-Québec a fait des sceptiques dans l'opposition à l'Assemblée nationale, péquistes aussi bien que caquistes, en déclarant qu'il n'y a eu ni corruption ni collusion dans l'octroi de ses contrats. Que des cas «épisodiques» de malversations, a admis du bout des lèvres le pdg Thierry Vandal.

Lundi, la comparution du patron d'Hydro devant les parlementaires a pris la tournure d'un interrogatoire en règle. À tour de rôle, le député du PQ Bernard Drainville et son collègue de la CAQ Gérard Deltell ont enchaîné les questions sur la façon qu'emploie le plus important donneur d'ouvrage du Québec pour attribuer des ententes contractuelles.

Les deux hommes ont, entre autres, fait écho à la même audience, à la mi-juin, devant la commission Charbonneau. Sans apparaître dans la salle d'audition ou devant les caméras, le témoin «A», un ex-employé des firmes de génie BPR et Roche, a juré que ceux qui contribuaient aux partis politiques espéraient un «retour d'ascenseur, principalement d'Hydro».

Thierry Vandal s'est moqué de ce témoignage «à visage couvert, avec une voix truquée». À son avis, aucun don politique n'a débouché sur un contrat. Le processus d'octroi des contrats - «robuste, rigoureux», a-t-il martelé - empêche une telle dérive, a laissé entendre M. Vandal.

«Je suis là depuis avril 2005 et je peux vous dire que je n'ai jamais vu de telles interventions, ni d'un ancien gouvernement il y a "x" années [celui de Jean Charest], ni de l'ancien gouvernement il y a 18 mois», sous Pauline Marois.

Des cas «épisodiques»

Après avoir laissé entendre qu'il ne s'était rien produit de répréhensible dans l'organisation qu'il dirige, il a convenu «que je n'affirmerai jamais qu'il n'y a jamais eu de malversation dans l'octroi de contrats chez Hydro-Québec. [...] Il peut y avoir des individus qui, de façon épisodique, au fil des années, ont posé des gestes inappropriés, a-t-il reconnu. «Et pour ça, ils ont été congédiés ou il y a eu des mesures disciplinaires», a indiqué aux parlementaires le président et directeur général de la société d'État. Il n'a jamais pu donner d'exemples de contrevenants qui auraient été sanctionnés.

Le péquiste Drainville a mis en évidence le cas d'un contrat de 300 millions $ donné sans appel d'offres. Le pdg a défendu ce système qui serait employé neuf fois sur dix. Le procédé permet aux firmes qui exécutent les travaux de conserver de fortes équipes. La concurrence jouerait entre ces compagnies; en outre, le contrat en question a été un «succès».

MM. Drainville et Deltell ont demandé si Hydro a conduit des investigations après les révélations qui ont émané de la commission Charbonneau et de l'Unité permanente anticorruption. Ils ont réclamé d'obtenir les rapports d'enquête, s'il y en a eu.

Le pdg s'est fait vague. La société d'État n'a pas attendu la commission Charbonneau pour demander à son équipe de vérification interne de se pencher sur les dossiers litigieux. M. Vandal n'a jamais voulu s'engager à divulguer aux parlementaires d'éventuels travaux d'enquête.

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand.... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne) - image 2.0

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Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

Le gouvernement péquiste avait annulé, l'an dernier, le... (Le Soleil, Laetitia Deconinck) - image 2.1

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Le gouvernement péquiste avait annulé, l'an dernier, le projet de construire une minicentrale de 3,3 mégawatts sur la rivière Jacques-Cartier, à Shannon. Ce projet a été réactivé par les libéraux récemment.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

La relance des minicentrales, une décision purement politique

La relance des projets de minicentrales hydroélectriques a été une décision purement politique, a tranché le ministre Pierre Arcand. «On ne peut baser une politique industrielle uniquement sur les profits d'Hydro-Québec.»

Le député-ministre de Mont-Royal s'est interposé, mardi matin, devant le critique péquiste Bernard Drainville qui a questionné de façon serrée le patron d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.

En commission parlementaire sur l'étude des crédits touchant Hydro, M. Drainville est revenu sur les commentaires qu'avait eus le pdg de la société d'État lorsque le gouvernement du PQ avait aboli le programme des petites centrales, en 2012.

L'élu du Parti québécois a cité M. Vandal qui avait alors parlé «d'une bonne décision» par le cabinet de Pauline Marois. «Si c'était une bonne décision d'abolir le programme, ce ne peut être qu'une mauvaise décision de le relancer, non?» a demandé avec insistance M. Drainville.

Thierry Vandal a commencé par répondre que «j'ai toujours dit, et je le répète», qu'Hydro n'a pas la mission de déterminer la politique industrielle du Québec. Le ministre s'est porté à la rescousse du haut fonctionnaire.

L'abandon des minicentrales, «c'était une mauvaise décision politique», a lancé Pierre Arcand. Les petites centrales font partie de ces projets qui peuvent être déficitaires d'un point de vue économique, mais nécessaires, a-t-il suggéré.

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles considère ces aménagements hydroélectriques comme du développement économique. «Nous sommes très conscients du contexte des surplus en énergie» avec lequel se débat Hydro, a-t-il reconnu.

Mais les six projets de minicentrales, revenus à l'agenda gouvernemental, créeront des emplois en régions, notamment pour plusieurs communautés autochtones, «dans des régions où le taux de chômage est assez élevé, a-t-il ajouté. Nous [le Parti libéral du Québec] nous sommes engagés à faire revivre les six projets», a-t-il conclu.

Le ministre et le pdg de la société d'État ont refusé d'indiquer dans quelle mesure l'énergie excédentaire à fort prix des petits aménagements hydroélectriques, mais surtout des parcs éoliens, fera grimper la facture des citoyens. Dans le Journal de Québec, l'analyste Jean-François Blain soutient que les tarifs augmenteront d'au moins 10 % en trois ans.

Le député Gérard Deltell (Coalition avenir Québec) a tenté en vain de savoir si Thierry Vandal était «heureux de la décision politique» de signer des contrats pour l'achat d'énergie pour les minicentrales et les éoliennes. Pour les Québécois, la réponse est toute trouvée, selon le caquiste.

C'est «inacceptable», a soutenu M. Deltell. Un rapport d'experts a établi que les parcs qui produisent de l'électricité par le vent coûteront 140 millions $ par an pendant les prochaines années, a rappelé le député de Chauveau à l'Assemblée nationale.

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