Les États-Unis et la Chine donnent de l'espoir à CO2 Solutions

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Le président et chef de la direction de CO2 Solutions, Evan Price

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(Québec) Entendre les deux plus grands émetteurs de carbone de la planète - la Chine et les États-Unis en rejettent 70 % des émissions totales - promettre qu'ils vont serrer la vis aux entreprises les plus polluantes résonne comme de la musique aux oreilles de CO2 Solutions et d'Evan Price, le président et chef de la direction de l'entreprise de Québec qui a mis au point une technologie enzymatique pour la capture et la réutilisation du dioxyde de carbone (CO2).

«C'est une excellente nouvelle pour nous, mais une mauvaise pour le charbon!» déclare-t-il au Soleil.

Lundi, l'agence fédérale américaine pour la protection de l'environnement annonçait que les milliers de centrales de production d'énergie fonctionnant aux énergies fossiles (charbon et pétrole, notamment) devront réduire leurs émissions de 30 % d'ici à 2030 par rapport au niveau de 2005. Ces émissions sont à l'origine de près d'un tiers des rejets de gaz à effet de serre chez nos voisins du sud. Ce qui équivaut à supprimer une année d'émissions de 150 millions de voitures. Soulignons que les centrales au charbon fournissent la plus grande part de l'électricité américaine (37 %), devant le gaz naturel (30 %), le nucléaire (19 %) et les énergies renouvelables (12 %).

Mardi, pour ne pas être en reste, les Chinois répliquaient.

Un conseiller du gouvernement laissait savoir que le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde allait fixer un plafond d'émission de CO2 à partir de 2016.

Pour Evan Price, ces annonces marquent un tournant.

La qualité de l'air ne s'améliorera pas demain matin. Aux États-Unis, les lobbies qui mettent en doute l'existence même de la thèse des changements climatiques provoqués par l'homme sont déjà sur le sentier de guerre pour tenter de déjouer les plans de Barack Obama. Des poursuites judiciaires seront éventuellement intentées contre le gouvernement américain par des entreprises visées par les nouvelles normes antipollution qui seront inscrites dans la réglementation sur la qualité de l'air (Clean Air Act) à compter de l'an prochain.

«En dépit de tout ça, il y a quelque chose qui vient de changer. Les États-Unis et la Chine viennent de tracer une ligne dans le sable. Ça s'arrête ici. Nous ne pouvons plus continuer à émettre du carbone dans l'atmosphère comme nous le faisons actuellement. Leur intervention va forcer tous les autres pays du monde à prendre position et à emboîter le pas», soutient M. Price.

Sables bitumineux de l'Alberta

Pour répondre à la réglementation proposée par l'administration Obama, des centrales de production d'électricité vont se convertir au gaz naturel. Les plus vieilles fermeront éventuellement leurs portes. D'autres partiront à la recherche de technologies qui leur permettront d'emprisonner l'infâme dioxyde de carbone et l'empêcher de se répandre dans l'atmosphère.

Développée dans les laboratoires de l'Université Laval, la technologie de CO2 Solutions - protégée par un chapelet d'une quarantaine de brevets - est basée sur l'utilisation d'une enzyme présente dans les organismes vivants - l'anhydride carbonique - pour la capture du CO2.

D'entrée de jeu, l'entreprise a tenté d'intéresser les cimenteries et les centrales électriques au charbon à sa plate-forme permettant de réduire les émissions de carbone et la réutilisation à des fins bénéfiques du CO2. «Il n'y a jamais eu de réglementation assez musclée adoptée par les gouvernements pour forcer les joueurs de ces industries à modifier leur comportement. Tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas de règlements avec des dents, il y aura peu d'espoir pour nous de ce côté», commente Evan Price. Dans ce contexte, il était facile de comprendre que les financiers ne se ruaient pas nécessairement aux portes de la société inscrite à la Bourse de Toronto (TSXV : CST, 18 ¢).

Les grandes pétrolières de l'Alberta, elles, s'intéressaient aux travaux de CO2 Solutions. Elles envisageaient une utilisation potentielle du dioxyde de carbone pour aller puiser le pétrole irrécupérable par les moyens traditionnels qui se cachent dans les sables bitumineux. Les gouvernements du Canada et de l'Alberta, ainsi que l'industrie pétrolière, ont alors puisé dans leurs goussets pour épauler l'entreprise de Québec dans le développement de sa technologie. La compagnie pouvait enfin commencer à rêver à la commercialisation de sa découverte.

En avril dernier, CO2 Solutions et Husky Energy s'entendaient pour construire et exploiter une usine pilote servant à capturer environ 15 tonnes de CO2 par jour provenant d'un générateur de vapeur sur l'un des sites de la société pétrolière canadienne en Saskatchewan. Le démarrage de l'usine pilote est prévu pour les premiers mois de la prochaine année et les essais devraient se conclure avant la fin de 2015.

Étant donné que la technologie développée à Québec s'applique aussi bien aux centrales électriques alimentées par des combustibles fossiles que pour la gestion environnementale des sables bitumineux canadiens, CO2 Solutions entend évidemment aller cogner à toutes les portes, notamment aux États-Unis, lorsque l'heure de la commercialisation de sa découverte sonnera.




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