Gaz de schiste: le Conseil du patronat favorable à la mise sur pied de projets pilotes

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Au cours d'une entrevue au Soleil, le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, a indiqué qu'il avait hâte au jour où le Québec pourra comparer sa performance avec celle de l'Alberta, de la Saskatchewan ou de Terre-Neuve, «des provinces qui investissent dans les hydrocarbures et qui font de l'argent».

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(Québec) Préconisant le démarrage de «deux ou trois» projets pilotes d'exploitation de gaz de schiste à l'île d'Anticosti et dans la plaine du Saint-Laurent, le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, estime que le Québec doit cesser de «niaiser avec le puck» au sujet du développement de ses ressources naturelles.

«Nous avons là un potentiel de croissance incroyable, et Québec s'entête à décréter des moratoires. On fait des évaluations stratégiques. Je m'excuse, mais de l'information, on en a déjà en masse. L'exploitation des ressources naturelles, ça se fait ailleurs. Ça se fait correctement aussi. Au besoin, allons voir ailleurs pour vérifier si le Québec pourrait faire mieux encore.»

Au cours d'une entrevue au Soleil, celui qui parle au nom des grandes entreprises a indiqué qu'il avait hâte au jour où le Québec pourra comparer sa performance avec celle de l'Alberta, de la Saskatchewan ou de Terre-Neuve, «des provinces qui investissent dans les hydrocarbures et qui font de l'argent».

De l'avis d'Yves-Thomas Dorval, Québec ferait un pas dans la bonne direction en donnant le feu vert à l'amorce de projets pilotes d'exploitation de gaz de schiste «afin que les gens finissent par comprendre que ce n'est pas la fin du monde».

Il croit qu'il est difficile d'aller chercher l'acceptabilité sociale autour des projets d'exploitation des hydrocarbures alors que le Québec n'a aucune expérience en la matière. En l'absence d'expertise, des groupes se chargent alors d'occuper la place publique et de présenter les «cas négatifs» et de répéter que «c'est ça, la réalité».

Or, selon M. Dorval, la «réalité» est tout autre que celle dépeinte par certains groupes, notamment parce que les technologies ont changé depuis que l'on a commencé à exploiter les hydrocarbures en fracturant le sol dans les années 40.

Avec l'arrivée au pouvoir des libéraux, le «moral» des patrons a pris du mieux, selon Yves-Thomas Dorval. Le discours portant sur la relance des moteurs de l'économie et le redressement des finances publiques sonne comme de la musique à leurs oreilles. Toutefois, les entrepreneurs sont encore «frileux» à l'idée de sortir l'argent pour investir. «Ça va prendre des conditions plus favorables», insiste M. Dorval en soulignant que le patronat attendait toujours de voir de quel bois allait se chauffer le nouveau gouvernement.

Des attentes

Le budget que présentera en juin le ministre des Finances Carlos Leitao en donnera une première indication. C'est toutefois le budget de l'an prochain qui devrait faire foi de tout, estime-t-il, en signalant que le gouvernement aura alors en main les fruits des travaux menés par les commissions sur la fiscalité et sur la révision permanente des programmes gouvernementaux.

Ces derniers jours, le CPQ a eu l'occasion de présenter sa liste d'épicerie au nouveau gouvernement. Pour lui, le ménage dans les programmes gouvernementaux est un exercice incontournable.

«Nos programmes sont tous plus généreux qu'ailleurs au Canada, et ce, malgré le fait que nos revenus sont moindres et que notre fiscalité est plus élevée», indique Yves-Thomas Dorval en précisant qu'il ne fallait pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain. Il faut éliminer ceux qui ne livrent pas la marchandise ou encore les ramener à la hauteur de la «générosité canadienne».

Il pense notamment aux programmes de crédit d'impôt pour la R et D. «Le Québec est l'un des États qui pompent le plus d'argent à ce chapitre. Pourtant, nous sommes l'une des sociétés qui innovent le moins. Je pense aussi au programme pour une maternité sans danger. Le Québec est le seul État au monde à avoir un programme de retrait préventif pour les femmes enceintes ou qui allaitent. Nous n'avons aucun résultat probant sur l'amélioration des issues de grossesse. Nous avons autant de bébés prématurés ou de cas de césariennes qu'ailleurs. On ne voit donc aucune amélioration et ça coûte 225 millions $ aux entreprises.»

Selon le CPQ, Québec doit aussi revoir sa façon de livrer les services à la population.

La fin d'aberrations

Le gouvernement doit aussi mettre fin à des aberrations, notamment au chapitre de la gestion de sa masse salariale.

Yves-Thomas Dorval raconte qu'il est pratique courante, dans les ministères et les organismes, d'offrir de l'assurance salaire à un employé que l'on veut se débarrasser pour qu'il reste à la maison. «C'est plein de cas comme ça. Ce n'est pas des millions de dollars ou des dizaines de millions de dollars que ça coûte en assurance salaire ou en assurance invalidité, mais des centaines de millions de dollars», s'insurge le président du CPQ, qui croit, plus que jamais, que les Québécois sont prêts à faire front.

«Il y a une sorte d'acceptabilité sociale qui s'est faite, ces dernières années, à l'égard de la saine gestion des deniers publics. Les citoyens réalisent que l'on ne peut pas dépenser plus d'argent qu'on en gagne. Ils savent qu'à un moment donné, ça va péter. Le mur se rapproche. Les gens le savent. Ils ne sont pas fous.»

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