Se lancer en affaires au Québec: pensez-y bien, disent les PME

À peine 31 % des propriétaires de petites et moyennes entreprises au Québec... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) À peine 31 % des propriétaires de petites et moyennes entreprises au Québec recommanderaient à un ami de se lancer en affaires dans la Belle Province. Trop de paperasserie. Trop d'obstacles administratifs. Niveau trop élevé des impôts.

«Des projets d'affaires et de développement, j'en ai, mais le goût de les développer et de les accomplir dans les conditions réglementaires, environnementales, administratives et fiscales actuelles, c'est non», témoigne un garagiste.

«J'ai pu constater l'interférence croissante des politiques gouvernementales avec le fonctionnement de notre entreprise», constate un hôtelier. «Les taxes que je dois percevoir et payer pour nos services ont augmenté et nous devons respecter de plus en plus de règlements. Si ça ne change pas, les gens ne pourront plus faire affaire qu'avec des multinationales.»

Voilà un mince échantillon des témoignages recueillis par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui a diffusé, mercredi, les résultats d'un sondage visant à mesurer la «sensibilité» des dirigeants politiques des provinces canadiennes à la réalité du million de PME au pays qui fournissent un gagne-pain à plus de cinq millions de personnes.

À la lumière du sondage sur la vision entrepreneuriale des gouvernements provinciaux, le Québec «tire de la patte», affirme la FCEI, qui mentionne, par contre, que le coup de sonde avait été réalisé en août, soit avant l'annonce par le gouvernement de Pauline Marois d'une kyrielle de politiques destinées aux PME. «Les politiques telles que la politique industrielle ou celles sur l'innovation et l'exportation peuvent favoriser l'essor de certaines PME, mais nous souhaitons vivement voir des mesures qui bénéficieraient à l'ensemble des PME. Espérons que celles-ci trouveront leur place dans le budget du Québec présenté aujourd'hui», signale l'un des économistes de la FCEI, Simon Gaudreault.

À la question demandant aux propriétaires de PME s'ils étaient susceptibles de recommander le démarrage d'entreprises dans leur coin de pays, le Québec (31 %) et le Manitoba (24 %) obtiennent les pires résultats. À l'autre bout du spectre, on retrouve la Colombie-Britannique (58 %), Terre-Neuve-et-Labrador (68 %), l'Alberta (72 %) et la Saskatchewan (88 %). Dans ces quatre provinces où une majorité des patrons de PME conseilleraient à leurs amis de démarrer une entreprise, les répondants ont mis en évidence «la vigueur de l'économie locale, la compétence de leur gouvernement provincial et sa sensibilité aux besoins des PME, ainsi que des taux d'imposition globalement avantageux».

La Saskatchewan, paradis des PME

Dans l'enquête, la Saskatchewan se démarque comme une sorte de paradis pour les PME au pays.

En effet, c'est dans cette province que les dirigeants de PME affichent les plus hauts taux de satisfaction (72 %) à l'égard de la vision entrepreneuriale de leur gouvernement provincial. «Les niveaux de confiance sont à la traîne en Ontario (15 %), au Manitoba (8 %) et au Québec (8 %)», note la FCEI.

C'est aussi le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, qui semble comprendre le mieux les réalités liées à l'exploitation d'une petite entreprise. Il est d'ailleurs le seul premier ministre à bénéficier du soutien de plus de la moitié des entrepreneurs de sa province.

À peine 5 % des patrons des PME québécoises sondés pensent que Pauline Marois comprend le train-train de la gestion quotidienne d'une PME. Et elle n'est pas la pire! «Il est alarmant de constater que seuls 3 % des chefs d'entreprise oeuvrant au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et en Ontario pensent que leur premier ministre comprend ce que représente concrètement l'exploitation d'une PME», signale la FCEI.

Conseils à Mme Marois

À savoir quels conseils les entrepreneurs québécois refileraient à Mme Marois si elle se pointait le nez dans leur entreprise au cours de la prochaine campagne, par exemple, les dirigeants de PME lui parleraient de la «bureaucratie excessive» imposée par le gouvernement et dénonceraient «les retards et les coûts que leur imposent les règlements et les processus mis en place».

S'il y a un point sur lequel il existe une belle unanimité entre les patrons de PME d'un océan à l'autre, c'est sur la question des pénuries de main-d'oeuvre.

«Aucune province n'arrive, même de loin, à remédier à la pénurie de main-d'oeuvre et de compétences qui frappe les PME», résume la FCEI. «Cette réalité traduit les obstacles quasi généralisés que ce problème pose aux petites entreprises de tout le pays. En fait, ce sont les chefs d'entreprises situées dans des provinces à l'économie florissante qui sont les moins satisfaits de l'approche de leur gouvernement en la matière, et ce, en raison de la grave pénurie de main-d'oeuvre et de compétences à laquelle ils font face et de ses répercussions sur la croissance économique.»

Faits saillants

Seulement 23 % des propriétaires de PME au Canada sont convaincus que leur gouvernement provincial a une vision qui leur est favorable.

À l'échelle du pays, 45 % des entrepreneurs affirment qu'ils recommanderaient le démarrage d'une entreprise dans leur province.

Seulement 9 % des propriétaires de PME croient que leur premier ministre provincial comprend la réalité de la gestion d'une petite entreprise.

Pour 59 % des propriétaires de PME, les taxes provinciales les dissuadent de prendre de l'expansion.




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