Construction: un concours pour mousser les inscriptions au système de référence

Plusieurs chantiers ont été paralysés par des débrayages... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Plusieurs chantiers ont été paralysés par des débrayages en octobre 2011, quand les deux plus gros syndicats se sont opposés à l'élimination du placement syndical.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) En plus d'un blitz publicitaire imminent, la Commission de la construction du Québec (CCQ) mise sur un «concours forfait SÉPAQ» avec des chèques-cadeaux à la clé pour appâter les nombreux travailleurs qui tardent à s'inscrire à son nouveau système de référence. 

À un mois de l'entrée en vigueur de l'essentiel de la loi sur l'élimination du «placement syndical», la CCQ, au centre de la nouvelle façon de faire, reconnaît qu'elle a du pain sur la planche. 

Seulement 12000 travailleurs jusqu'ici ont pris la peine de compléter en ligne leur profil professionnel afin de préciser leurs qualifications et faciliter leur référence vers les bons employeurs. L'industrie compte 163000 salariés. 

Même si seulement 15 % d'entre eux font généralement l'objet de référence, la CCQ souhaite rejoindre chaque travailleur pour en convaincre le plus possible de s'inscrire. «On est en train de faire des appels aux salariés pour leur dire que c'est en ligne et on s'apprête à faire des campagnes de publicité dans toutes les régions du Québec», indique Louis-Pascal Cyr, porte-parole à la CCQ. «[...] C'est vraiment un gros blitz qu'on veut faire.»

L'organisme a ajouté un incitatif pour pousser les salariés à personnaliser leur dossier : un concours pour remporter l'un des 10 chèques-cadeaux de 500 $ échangeables dans un site de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). Ceux qui remplissent leur profil en ligne sont automatiquement inscrits. 

«Les gens de la construction aiment le plein air, note M. Cyr. Ça attire l'attention. Ça fait partie de ce qu'on va faire dans le prochain mois pour encourager les gens à participer.»

Pas obligatoire

Un salarié n'ayant pas rempli son profil pourra quand même être recommandé par la CCQ. L'organisation détient une banque de données sur la formation de tous les travailleurs. Mais un flou autour des compétences précises de l'employé pourrait multiplier les références plus ou moins adéquates.   

La CCQ a aussi encore du travail à faire en matière de formation des employeurs à l'utilisation du système de référence en ligne. Jusqu'ici, 700 entreprises sur les 25000 de l'industrie ont été rencontrées, dont plusieurs gros employeurs.

Au 9 septembre, le «carnet référence construction» du site Internet de la CCQ sera fonctionnel, assure M. Cyr. Le succès du nouveau système sera ensuite tributaire de l'utilisation qu'en fera l'industrie. «Lorsque les façons de faire sont changées, il se peut qu'il y ait des moments de frustration», note le porte-parole de la CCQ. «Tu n'es pas habitué ou ça ne va pas comme tu penses que ça pourrait aller. C'est normal. Mais ce n'est pas la première fois qu'il y a des changements dans cette industrie et elle a montré sa capacité à les faire.»

Plusieurs histoires liées à la problématique du «placement syndical» ont fait la manchette au cours des dernières années. Des cas d'intimidation pour forcer des employeurs à embaucher plus de travailleurs que nécessaire, des salariés bannis de chantiers en raison de leur allégeance syndicale, etc. La loi sur l'élimination du «placement syndical» avait pour objectif d'assainir le climat dans l'industrie. Les deux plus gros syndicats, la FTQ-Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), se sont farouchement opposés à la pièce législative. Des dizaines de chantiers ont été paralysés par un mouvement de débrayage en 2011. 

Jeudi, à la FTQ-Construction, un porte-parole a fait savoir qu'aucune décision n'a été prise quant à sa participation au système de la CCQ.

Deux demandes de permis

Les associations syndicales qui souhaitent pouvoir recommander - et non «placer» - des travailleurs aux employeurs pourront le faire à travers la CCQ, mais à la condition d'avoir obtenu un permis émis par le ministère du Travail. Vérification faite, il n'y en a à l'heure actuelle que deux qui ont obtenu ce permis : la Centrale des syndicats démocratiques (CSD-Construction) et le Syndicat québécois de la construction (SQC).

Toutefois, au cabinet de la ministre Agnès Maltais, on assure que «plusieurs demandes» ont été déposées récemment et qu'il faut s'attendre à des émissions «très prochainement».

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer